JEUX OLYMPIQUES : « Paris 2024 », au-delà des coûts budgétaires, quels bénéfices pour aujourd’hui et demain ?
Quels ont été, pour la France, les effets économiques, sociaux et environnementaux des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de Paris 2024 ?
Dans une nouvelle note de synthèse, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan dévoile les résultats d’une analyse coûts-bénéfices inédite, réalisée par le CRÉDOC et suivie par un conseil scientifique. Au-delà du coût budgétaire de l’événement, l’étude évalue son coût climatique ainsi que de nombreux bénéfices, pour les spectateurs et les téléspectateurs, ou en matière de tourisme et d’emploi. Elle intègre également les premiers effets de l’héritage des Jeux, en matière d’infrastructures et de pratique sportive notamment. Elle montre ainsi un coût net de l’événement sensiblement réduit, divisé par deux par rapport au coût budgétaire mesuré, alors même que de nombreux effets positifs n’ont pu être quantifiés ou se manifesteront dans la durée.
« Un an après la ferveur des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, une évaluation de leurs impacts peut être esquissée. Une évaluation globale et rigoureuse, ni « en l’air », ni strictement budgétaire. C’est le sens de cette évaluation socio-économique, qui montre les bénéfices des Jeux à côté de leurs coûts, et les font apparaître comme un investissement de long terme », souligne Clément BEAUNE, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan.
Un coût socioéconomique net estimé à 3 milliards d’euros au maximum
La Cour des comptes a estimé les dépenses budgétaires publiques liées aux JOP à 6,6 milliards d’euros, dont 3 milliards pour l’organisation et 3,6 milliards pour les infrastructures. En intégrant plusieurs bénéfices, la dimension climatique et la valeur de l’héritage, encore mesurée de manière partielle, le coût total des Jeux se réduit considérablement : il serait plus que divisé par deux, inférieur à 3 milliards d’euros ; et pourrait même être divisé par quatre, autour de 1,5 milliards d’euros, sous des hypothèses moins prudentes.
Des effets contrastés sur le tourisme et l’emploi
Pour l’hôtellerie, le bilan serait légèrement négatif pour l’année 2024 (- 10 millions d’euros), tandis que les propriétaires franciliens de locations touristiques auraient profité des Jeux (+ 60 millions d’euros). Les données des premiers mois de 2025 ne permettent pas de conclure à un effet d’héritage actuellement.
L’organisation des JOP a créé des emplois, notamment pour des personnes éloignées du marché du travail, dont la valeur pour la collectivité peut être estimée à 200 millions d’euros. Les salariés mobilisés pour l’événement ont perçu des primes, qui leur auraient procuré un bénéfice net de l’ordre de 500 millions d’euros.
Des impacts quantifiés en termes de bien-être, de pratique sportive ou encore d’image de la France
Le bien-être tiré par les spectateurs français de l’événement, suivi par cinq milliards de personnes dans le monde, peut être valorisé à 300 millions d’euros. Celui des téléspectateurs français serait du même ordre, sous des hypothèses prudentes. Enfin, la hausse de la pratique sportive et les bénéfices sanitaires associés à l’avenir peuvent être estimés à 250 millions d’euros, mais cet effet d’héritage devra être précisé par des études futures.
L’estimation du coût net total des JOP est entourée d’incertitudes. Elle ignore certains bénéfices intrinsèquement difficiles à monétariser et/ou de plus long terme, tels que la satisfaction des volontaires, la promotion du parasport, l’amélioration des transports franciliens, ou l’image de la France.
Gaz à effet de serre, les JOP plus sobres que les précédents
Les JOP ont entraîné des émissions de gaz à effet de serre de 2,1 millions de tonnes de CO2, dont 800 000 tonnes en France. Le coût socioéconomique associé, de 200 millions d’euros, peut être considéré comme une borne haute dans la mesure où d’autres activités auraient pu engendrer des émissions en l’absence de JOP en France. Par ailleurs, les Jeux de Paris ont été plus sobres en carbone que les précédents, engendrant, par rapport à ces derniers, un bénéfice pour le reste du monde non pris en compte dans l’étude.
Ce travail d’évaluation socioéconomique, plus riche et éclairant qu’une approche budgétaire, doit être affiné et poursuivi. Pour les grands événements à venir, notamment les Jeux d’hiver « Alpes 2030 », il apparaît nécessaire de travailler en amont sur des méthodes d’évaluation socioéconomique spécifiques et robustes.















