OMNISPORTS : La gamification dans les clubs, solution pour développer la pratique
Au sein du club de Saint-Maur, il existe un entraineur/formateur qui opère une méthode peu commune.
Malgré un petit club qui n’a pas de terrain mouillé, Vincent Le Croller sait comment motiver les jeunes et surtout, bonifier leur progrès avec une méthode très intéressante, la « gamification ».
Bonjour Vincent, peux-tu te présenter ?
Vincent Le Croller : « Je m’appelle Vincent Le Croller, après des années passées au sein de la DTN de la FFH, je suis depuis 2 ans chargé de formation à l’INSEP et je donne un peu de mon temps au club de St Maur. »
Peux-tu définir ce qu’est la gamification ?
V.L.C. : « C’est le fait de rendre ludique une situation. »
Quels sont les avantages (et inconvénients ?) de la gamification ?
V.L.C. : « Les avantages sont nombreux, en présentant les choses sous forme de jeu, on peut susciter la motivation autrement, c’est plus facile de définir des étapes intermédiaires. Dans la plupart des jeux, il y a des niveaux à valider, des items à trouver, des territoires à explorer, des énigmes à résoudre… les options sont multiples. Ça renvoie aussi à des choses que les gens connaissent, même si c’est contextualisé différemment, du coup il y a une part de maîtrise qui est déjà sous-jacente, c’est souvent plus facile de s’engager quand on ne va pas complètement dans l’inconnu.
Aujourd’hui, je ne vois pas vraiment d’inconvénients à ce principe, je crois que quand on est joueur, on peut trouver de la motivation dans toute situation. Peut-être qu’avec le temps, je trouverai des inconvénients. »
Comment as-tu connu cette façon de faire ?
V.L.C. : « En fait je connais le terme depuis peu mais la façon de faire… ça fait plus de vingt ans ! j’ai suivi une formation de prof d’EPS en parallèle de mes Brevets d’Etat, j’ai également travaillé dans l’animation donc j’ai pu développer et expérimenter de nombreuses approches ludiques pour favoriser l’apprentissage. Par la suite, j’ai été impliqué dans la formation de cadres de tous niveaux, des diplômes fédéraux aux entraîneurs nationaux, en passant par les éducateurs territoriaux et les profs des écoles, cela m’a permis de partager encore plus d’expériences. En tant qu’entraîneur de hockey, j’ai à cœur de ne pas tomber dans des routines lassantes, si la répétition est incontournable pour l’apprentissage et la progression, je trouve que « faire toujours la même chose, jamais de la même façon » est une idée forte que je rends à Gaël Foulard et Philippe Gourdin avec qui j’ai eu la chance de travailler souvent. Que ce soit au CREPS de Châtenay ou à l’INSEP, il y avait toujours une part de jeu dans nos séances, surtout si elles étaient éprouvantes, sous forme de challenge, ça passe mieux.
Il y a quelques années, François Béraud m’a présenté son travail de sensibilisation des clubs franciliens à la problématique de fidélisation, il m’a associé à ses réflexions dans le but de chercher des solutions à la perte de licenciés. Le hockey est un sport très technique que la plupart des clubs abordent par l’aspect compétitif, ce qui ne convient pas forcément à tous les enfants et beaucoup abandonnent au bout d’un an, plus de 70% ne font pas plus de 3 ans.
Avec le premier confinement de 2020 puis les conditions sanitaires de retour à la pratique, j’ai essentiellement proposé aux joueuses et joueurs de St Maur des situations de travail technique individuel, ce qui n’était pas forcément très ludique d’emblée alors j’ai lancé des défis aux enfants. Vitesse, précision, habileté, équilibre… ils se filmaient et échangeaient leurs prestations sur les groupes WhatsApp, ils pouvaient voter pour décider qui avait le mieux relevé le challenge, ça a entretenu une bonne dynamique. François m’a demandé comment on pouvait imaginer une « gamification » de l’apprentissage du hockey, c’est à ce moment que j’ai découvert le mot ! »


















