ATHLETISME : Des kilomètres parcourus en hiver vers les objectifs de l’été
Après un long hiver, on a enfin l’impression que l’été approche à grands pas.
Cette année, plus que jamais, j’ai eu l’impression d’être dans une épreuve. Janvier et février semblaient interminables : des journées froides, humides et venteuses où sortir de chez soi était déjà un exploit. Mais bizarrement, je crois que ce sont ces journées-là qui nous forgent le plus.

Quand la pluie vous fouette le visage et que le vent vous souffle dessus, on apprend beaucoup sur soi-même. Ce n’est pas glamour, mais ça forge le caractère – et c’est essentiel pour tout athlète.
Regarder le monde depuis chez soi
Ma saison en salle a été volontairement discrète. J’ai participé à deux ou trois courses — un 1500 m à Ostrava et un 3000 m à Karlsruhe — mais nous avons décidé d’y mettre un terme prématurément. Il ne s’agissait pas de courir après les résultats, mais de profiter de quelques courses, de faire une pause dans l’entraînement hivernal et de se détendre. Avec un été chargé à venir, il semblait judicieux de prendre du recul et de se recentrer. Bien sûr, cela ne signifiait pas pour autant que je me désintéressais complètement de l’athlétisme. Comme beaucoup de gens, j’étais rivé aux Championnats du monde d’athlétisme en salle. Voir l’équipe britannique remporter autant de succès était vraiment inspirant. Voir des athlètes comme Molly Caudery — avec qui j’ai d’ailleurs partagé une chambre lors d’une Diamond League — triompher sur la scène internationale était un moment exceptionnel.

Elle vient de la même région que moi, dans le Westcountry anglais, ce qui rend le tout un peu plus concret, surtout quand il s’agit de personnes que l’on connaît et avec qui l’on a passé du temps. On réalise alors que ces grands moments ne sont pas aussi lointains qu’ils n’y paraissent parfois. C’est quelque chose qui me motive énormément lors des entraînements difficiles. Quand on s’entraîne sous la pluie un mardi soir, il est parfois difficile de se rappeler pourquoi on fait tout ça. Mais voir ce qui est possible – voir des athlètes britanniques remporter des médailles – donne la motivation supplémentaire de continuer.
Régularité, cyclisme, modelage d’argile et crochet
Depuis la fin des entraînements en salle, je me suis remis au travail. Il n’y a rien de particulièrement excitant là-dedans – c’est juste un entraînement régulier, jour après jour – mais j’y prends vraiment du plaisir. C’est le plus important pour moi. Si je prends du plaisir à ce que je fais, tout le reste suit naturellement.

En même temps, je me suis efforcée de garder un certain équilibre. Sans courses tous les week-ends, j’ai eu l’occasion de faire des choses différentes, ce qui a été vraiment revigorant. J’ai pas mal fait de vélo ces derniers temps – rien de bien sérieux, juste pour prendre l’air et me faire plaisir. J’ai aussi fait de l’escalade d’arbres, ce qui n’est sans doute pas l’activité habituelle d’un coureur de fond, mais c’est très amusant et un bon moyen de décompresser.

Je me suis même mise à des activités plus créatives comme le modelage et le crochet. C’est complètement différent de la course à pied, et je pense que ce contraste est vraiment important. Ça m’aide à me détendre et à éviter que les choses ne deviennent trop monotones.
Vivement l’été
Pour la saison estivale, j’ai vraiment hâte. Je commencerai probablement par un 1500 m lors d’une réunion du British Milers Club, une course plus tranquille pour reprendre la compétition en douceur. L’objectif est de progresser et, si possible, de participer à des compétitions plus importantes. J’adorerais courir en Diamond League, notamment à Oslo et à Stockholm. Ce sont des meetings dont on rêve.

Cela dit, j’essaie de ne pas trop me focaliser sur l’ensemble. Regarder trop loin peut vite devenir décourageant, alors je préfère me concentrer sur ce que j’ai à faire aujourd’hui, puis demain. Tant que j’avance dans mes tâches et que j’y prends plaisir, le reste suivra.
En dehors des pistes, je garde aussi un œil sur les courses sur route. Le marathon de Londres est toujours un événement incontournable à cette période de l’année, et il est difficile de ne pas rêver d’y participer un jour. Pour l’instant, un marathon me paraît encore très loin, mais mon entraîneur, Gavin Pavey, me voit tout à fait y participer à l’avenir. Pour l’instant, je me concentre sur l’apprentissage, la progression et l’acquisition d’expérience sur la piste. Je suis encore au début de mon parcours et j’ai tellement d’objectifs à atteindre. Mais si cet hiver m’a appris quelque chose, c’est que les progrès viennent de la persévérance, surtout les jours les plus difficiles. Et avec l’été qui approche à grands pas, c’est un endroit plutôt excitant où se trouver.
Innes FitzGerald est une multiple championne d’Europe junior (moins de 20 ans) sur piste et en cross-country, et l’une des plus grandes espoirs britanniques de la course de fond. Elle est chroniqueuse régulière pour European Athletics.
SOURCE : European Athletics.


















