VOILE : 1000 Race, le grand saut en solitaire
À domicile, là où son projet a pris racine, Elodie Bonafous s’apprête à franchir un cap important.
Ce dimanche 3 mai, depuis Port-la-Forêt, la skipper de l’IMOCA Association Petits Princes – Quéguiner prendra le départ de la 1000 Race, un parcours d’environ 1 000 milles via le Fastnet et le cap Finisterre, avec une arrivée à Concarneau. Une course particulière, presque logique dans son cheminement : la première en solitaire à bord de son bateau, après une saison 2025 déjà marquante. Un passage structurant, qui ouvre une nouvelle phase dans un projet construit avec méthode, entre montée en puissance et ambitions assumées.
Un premier test grandeur nature
Après une année 2025 marquée par une victoire sur la Rolex Fastnet Race et une 2e place sur la Course des Caps, Élodie Bonafous change d’échelle. Exit le double et l’équipage : place au face-à-face avec la machine. « Je vois cette course comme un entraînement grandeur nature. L’objectif, c’est de faire les choses proprement, de bien gérer le bateau et de me sentir bien à bord », explique-t-elle. Plus qu’un classement, c’est une validation personnelle qui est en jeu. « Je veux prendre mon temps, être appliquée dans les manœuvres, éviter les erreurs. Si je valide ma capacité à naviguer seule, ce sera déjà une étape importante. » Une approche lucide, qui traduit sa manière de construire. Car jusqu’ici, même lors des navigations d’entraînement, la Finistérienne n’avait jamais été totalement seule à bord : « Ce sera la première fois que je le serai du début à la fin. C’est un peu l’inconnu, mais c’est aussi quelque chose que j’ai vraiment envie de vivre ».
Construire son fonctionnement en solitaire
Ce passage au solitaire implique un changement profond. Organisation à bord, gestion de la fatigue, enchaînement des manœuvres : tout doit être repensé. « L’objectif de la saison, c’est de réussir à reproduire en solo ce que j’ai appris en double : performer avec le bateau, mais en trouvant mon propre fonctionnement », détaille-t-elle. « Il faut que je comprenne comment tenir dans la durée, comment gérer le sommeil, comment enchaîner sans me mettre dans le rouge. » Dans ce contexte, la 1000 Race arrive au bon moment. Le format resserré et les conditions annoncées maniables offrent un cadre idéal pour débuter. « C’est une course de début de saison, avec peu de bateaux, donc moins de pression. On est plusieurs à découvrir nos bateaux en solo, ça rend l’approche plus saine pour apprendre. » Le parcours, lui aussi, devrait favoriser cette prise de repères. « Les bords assez longs seront propices à se poser et à construire son organisation. » Un terrain idéal pour tester, ajuster, comprendre.
Un projet sportif et engagé
Cette approche, tournée vers la construction et la progression, se retrouve aussi dans la manière dont la Bretonne porte son projet. Au-delà du défi sportif, celui-ci s’inscrit dans une dimension humaine forte à travers son engagement avec l’Association Petits Princes. « Porter leurs couleurs donne du sens à ce que je fais. L’énergie des enfants me touche particulièrement », confie-t-elle. L’association, qui réalise les rêves des enfants gravement malades, est dans le coeur de la navigatrice dans cette aventure qui dépasse la seule performance. « C’est une vraie source de motivation. On partage quelque chose de fort, et ça compte dans la manière dont je vis le projet. » Dans cette dynamique, chaque course devient une étape à part entière. « Cette 1000 Race, c’est le lancement de la saison : une course pour me jauger, comprendre ce qu’il me reste à travailler et prendre confiance ».
Une première pierre vers la suite Ce premier rendez-vous en solitaire marque le début d’une séquence clé. Derrière, l’objectif est clair : poursuivre le travail engagé, affiner les automatismes et gagner en maîtrise. « L’idée, c’est de valider ce premier cap, puis de continuer à progresser course après course. » Sans précipitation, mais avec ambition. Car derrière cette approche mesurée, une trajectoire déjà dessinée : la Route du Rhum – Destination Guadeloupe comme jalon, le Vendée Globe comme horizon. Et tout commence ici, à Port-la-Forêt. Une première en solitaire. Un premier vrai test. Une étape fondatrice.


















