ATHLETISME : Merlin HUMMEL : « La compétition au bon moment, le véganisme et un dilemme d’application »
« Cet hiver, j’ai beaucoup modifié mon entraînement ».
Je suis passé d’un système axé sur l’intensité à un système privilégiant le volume et la répétition.
Cela signifie plus de lancers, plus de travail technique et moins d’importance accordée au fait de soulever les charges les plus lourdes possibles.
Au début, c’était difficile. J’étais constamment fatigué, mes lancers étaient moins précis et il y avait des moments où je n’arrivais pas à dépasser les 60 mètres. Mais ça fait partie du processus.
J’ai l’impression d’avoir franchi cette étape : ma technique s’améliore, mon état d’esprit s’éclaircit et je commence à me retrouver. C’est pourquoi je me suis abstenue de participer à des compétitions jusqu’à présent. Je veux être prête, pas seulement présente.
En regardant et en soutenant la Coupe d’Europe de lancer
Même sans participer aux compétitions, j’ai suivi tout de près. J’ai regardé la retransmission de la Coupe d’Europe de lancer et j’ai adoré, surtout en encourageant ma partenaire d’entraînement, Aileen Kuhn. Quand on voit quelqu’un avec qui on travaille tous les jours entrer dans le cercle, on ressent chaque lancer avec lui. C’est une grande fierté.

J’ai aussi été très surpris par le concours de lancer de marteau masculin. La victoire de Volodymyr Myslyvcuk pour la République tchèque était inattendue, mais il a réalisé une performance parfaite.
Il a pris un excellent départ, profitant des bonnes conditions, mais ensuite le temps s’est gâté, rendant sa remontée quasi impossible. C’est le propre de notre sport : parfois, la distance n’est pas le seul facteur déterminant, le timing et la capacité à analyser la concurrence sont tout aussi importants.
Savourer les saveurs de Francfort et la cuisine végétalienne
En dehors de l’entraînement, je me suis bien installé à Francfort et je dois dire que j’apprécie beaucoup ma nouvelle vie. C’est une ville formidable : on peut facilement s’y déplacer à vélo ou en transports en commun, et il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir.
Je m’efforce d’essayer un restaurant différent presque chaque semaine, histoire de découvrir et de m’imprégner de l’atmosphère des lieux. Cet équilibre entre l’entraînement et la vie quotidienne est important, et j’ai l’impression d’avoir trouvé un bon rythme.
Je mange beaucoup – oui, c’est le lot des lanceurs de marteau ! Mais j’ai aussi apporté quelques changements à mon alimentation. Je ne suis ni strictement végétalienne ni végétarienne, mais chez moi, je cuisine désormais presque exclusivement à base de plantes. Cette année, j’ai décidé d’adopter une cuisine 100 % végétalienne. C’est simple, ça me convient et c’est un gain de temps.
La plupart de mes repas sont rapides : riz, légumes à la friteuse à air, protéines végétales… rien de bien compliqué. Avant, je passais des heures à cuisiner chaque jour, mais maintenant c’est beaucoup plus efficace, ce qui me facilite grandement la tâche pour tout le reste.
Dois-je partager mon application Hammer ou non ?
En parallèle de mon entraînement, je travaille sur un projet qui me tient particulièrement à cœur : mon application de lancer de marteau. Elle est quasiment terminée ; je pourrais la publier demain si je le voulais. Mais j’hésite encore. Une partie de moi a envie de la partager, car je sais à quel point elle peut être utile, non seulement pour moi, mais aussi pour d’autres lanceurs.
En même temps, il y a cet instinct de compétition : est-ce que je veux vraiment donner aux autres accès à quelque chose qui pourrait les aider à progresser ? C’est un peu un dilemme, et j’y réfléchis encore.
Je suis impatient de commencer enfin la compétition. Si tout se déroule comme prévu, ma saison débutera aux Jeux olympiques de Halle. Ensuite, je viserai Dresde, Berne et enfin Bergen, où j’alternerai compétitions, entraînements et moments passés avec un ami en Norvège. C’est un programme que j’attends avec impatience : un mélange de performance, de préparation et de temps pour prendre du recul.
Pour l’instant, il s’agit de poursuivre le travail, de faire confiance au processus et de m’assurer que lorsque je rejoindrai le cercle, je serai prêt à lancer comme je sais le faire.
Merlin Hummel est médaillé d’argent aux championnats du monde du lancer du marteau. Cet athlète allemand est chroniqueur régulier pour le magazine European Athletics.
SOURCE : European Athletics.


















