TRAIL : Mile & Stone – Blandine L’HIRONDEL : « Je n’ai pas eu l’audace de renégocier mon contrat »
À l’approche de l’UTMB, sur lequel elle figurera parmi les favorites, Blandine L’Hirondel se raconte dans le documentaire simplement intitulé Blandine.
Double championne du monde et lauréate de la Diagonale des Fous l’année dernière, gynécologue devenue pro sur le tard, l’athlète de 35 ans évoque pour Mile & Stone son rapport au doute, la médecine du sport féminin et ses ambitions avant la course autour du Mont-Blanc.
Est-ce un sacrifice financier ?
« Forcément car mon contrat n’a pas évolué depuis que j’ai arrêté de travailler. Je ne vais pas me plaindre, je vis correctement. Mais je ne vais pas cacher que j’ai signé mon contrat il y a six ans. Et quand je l’ai renouvelé au bout de trois ans, je n’ai pas eu l’audace de renégocier. Quand je vois les montants que certains touchent aujourd’hui, je ne suis pas jalouse, mais je me dis que je pourrais vivre très correctement. En quelques années, les contrats ont beaucoup augmenté. C’est tant mieux, si les marques sont prêtes à mettre autant d’argent, c’est qu’elles ont des retours sur investissement et que pendant des années, les athlètes se sont peut-être fait avoir (rires) ».
Tu es avec Decathlon depuis le début dans les teams Evadict puis Kiprun. Comment juges-tu l’évolution de la marque dans le trail ?
« Quand j’ai été championne du monde en 2019 et championne de France, j’ai signé avec Hoka mais à l’époque, je n’avais que des chaussures, ce qui ne me choquait pas. Ensuite, j’ai rejoint Evadict, j’étais très satisfaite des produits, mais ce n’était pas ce que c’est devenu aujourd’hui avec Kiprun. Je les vois travailler au siège à Lille, en deux ans, c’est incroyable ce qu’ils ont réussi à faire. Les prix ont augmenté mais à qualité égale, cela reste bien plus accessible que d’autres marques ».
Après ta victoire à la Transvulcania en mai, tu as été blessée (psoas). Tu as récemment communiqué sur cette période difficile. Pour quelle raison ?
« C’est curieux parce que beaucoup de gens l’ont interprété comme cela. Il y a un souci de santé mentale dans le sport, je suis d’accord. Mais le but de ce texte était de montrer qu’il faut reprendre progressivement avec des micro-footings de deux minutes, alors qu’auparavant, j’avais tendance à reprendre trop fort, trop vite. J’ai été impressionnée par le nombre de témoignages de gens qui vivent mal cette période d’arrêt. C’est fou comme les gens peuvent être mal lorsqu’ils ne peuvent plus faire de sport… On va trop loin dans le toujours plus. Alors que moi, cela m’a permis de faire plein d’autres choses : j’ai soufflé, je me suis concentrée sur mon diplôme de médecin du sport, j’ai fait des balades avec mon conjoint, un voyage en itinérance à vélo et j’ai vu ma famille. Je l’ai très bien vécu ! »
SOURCE : Mile & Stone N°80.
















