TRAIL : FLOREA et ELAZZAOUI, maîtres des Alpes, leaders des Gtws
Madalina Florea (Scott) et Elhousine Elazzaoui (NNormal) ont conforté leur position en tête du classement général des Golden Trail World Series (GTWS) grâce à leurs victoires sur Salomon Pitz Alpine Glacier Trail, l’une des épreuves les plus alpines et les plus exigeantes du calendrier.
Le parcours proposait 24,5 kilomètres et 1.618 mètres de dénivelé positif au cœur du Tyrol autrichien.
Pour Florea, ce succès constitue sa deuxième victoire de la saison après son triomphe sur Québec Mega Trail. De son côté, Elazzaoui poursuit son impressionnante campagne en signant une troisième victoire en quatre courses cette année, après ses succès à Zegama-Aizkorri (Espagne) et Ledro Sky Trentino (Italie).
Sur la course femmes, Ruth Gitonga (Run2Gether On Trail) a pris la deuxième place, tandis que Naomi Lang (Salomon), lauréate en 2025, a complété le podium. Chez les hommes, les Kényans Michael Saoli et Patrick Kipngeno (Run2Gether On Trail) ont accompagné Elazzaoui sur le podium grâce à de solides performances qui ont confirmé l’excellente forme du collectif kényan.
FLOREA FRAPPE FORT SUR LES PENTES DU TYROL
Comme au Québec il y a quelques semaines, Madalina Florea a frappé fort dès les premiers kilomètres en remportant le segment sprint, une section de 1,5 kilomètre en légère descente menant au premier passage sur la ligne. Avec un chrono de 3:22, la Roumaine a empoché 10 précieux points supplémentaires au classement général. Rapidement, elle a pris les commandes de la course aux côtés des Kényanes Ruth Gitonga et Miriam Chepkirui (Run2Gether On Trail), les trois femmes imposant un rythme soutenu dans les premières pentes menant au glacier.
Mais au niveau des eaux cristallines du lac Rifflsee, point de passage emblématique situé à mi-ascension, Chepkirui a progressivement décroché, réduisant la lutte pour la victoire à un face-à-face entre Florea et Gitonga.
Le redoutable segment de montée, long de 1,8 kilomètre avec une pente moyenne de 26,9 %, a ensuite marqué un tournant décisif. Sur des rampes dépassant par endroits les 30 %, la puissance de Florea a fini par faire céder sa rivale kényane. La championne en titre des GTWS a atteint en tête le refuge de Sunna Alm, perché à 2.847 mètres d’altitude, tout en signant le meilleur temps du segment en 25:16. À ce moment-là, elle comptait déjà plus d’une minute d’avance avant d’entamer la descente.
Les principales menaces semblaient alors venir des spécialistes de la descente Naomi Lang et Malen Osa (Salomon), respectivement première et deuxième de l’édition 2025. Mais l’écart construit par Florea dans la montée s’est révélé déterminant. Malgré une glissade sur une portion rapide du parcours, un moment délicat compte tenu de la blessure au poignet gauche qu’elle traînait depuis une chute lors d’un entraînement sur le parcours de Sierre-Zinal la semaine précédente, la championne en titre s’est relevée et a parfaitement négocié les sections les plus techniques de la descente. Lorsqu’elle a retrouvé l’asphalte pour la boucle finale, son avance sur Gitonga était pratiquement intacte, proche de la minute.
Derrière, Naomi Lang s’est montrée impériale sur le segment de descente (1,9 km à -21,3 %), qu’elle a bouclé en 10:43, meilleur temps de la journée. Sa remontée lui a permis de réduire l’écart sur Gitonga de trois à deux minutes, sans toutefois remettre en cause l’ordre du podium.
Solide jusqu’au bout, Florea a franchi la ligne d’arrivée en 2:32:16, portant finalement son avance sur Gitonga à 4:20. Lang, elle, a conclu une remarquable remontée pour s’emparer de la troisième place, à seulement 11 secondes de la deuxième.
À l’arrivée, Florea a expliqué que cette victoire confirmait ses excellentes sensations à l’approche de l’un de ses grands objectifs estivaux. « Je me prépare pour ce qui m’attend la semaine prochaine », a-t-elle confié en référence à la prestigieuse Sierre-Zinal.
La Roumaine a également tenu à remercier son entourage :
« Ils m’ont apporté énormément d’énergie et m’ont permis de profiter pleinement de la course. Je sais que je suis sur la bonne voie, car mon objectif cette année est de trouver le bonheur, et pour l’instant, cela semble fonctionner ».
Grâce à ce deuxième succès de la saison, la championne en titre conforte sa place de leader du classement général des GTWS avec 666 points, soit 166 points d’avance sur sa plus proche poursuivante, Barbora Bukovjan (Salomon).
ELAZZAOUI SE RAPPROCHE D’UN TROISIÈME TITRE CONSÉCUTIF
Les hommes se sont élancés sur la première boucle autour de Mandarfen à un rythme effréné. Un groupe de tête encore compact emmenait la course, avec l’Autrichien Manuel Innerhofer (Lowa) et l’Américain Christian Allen (Nike ACG) se relayant en tête pour imposer le tempo. L’intensité est montée d’un cran dans le segment sprint, où les leaders ont disputé les derniers mètres comme une arrivée au sprint. Pourtant, aucun d’entre eux n’a pu rivaliser avec le chrono signé par Bogdan Damian (Kailas Fuga), auteur d’un impressionnant 3:01.
La longue ascension vers le Grubenkopf, à travers la vallée d’Hirschtal, a maintenu cette intensité dès les premiers mètres. C’est là que Michael Saoli est passé à l’offensive, accélérant le rythme pour franchir en tête le point de contrôle situé au bord du lac. Son attaque lui a permis de creuser un écart de 12 secondes sur Elhousine Elazzaoui et Patrick Kipngeno, mais les deux hommes ont rapidement réagi.
Réputé pour ses qualités en descente, Elazzaoui a choisi de surprendre tout le monde en attaquant bien avant les portions où il est habituellement le plus redoutable. Le Marocain a porté son effort dans la seconde moitié de la montée, s’échappant seul en tête et franchissant le sommet avec le meilleur temps du segment de montée en 19 min 54 s. Les vingt secondes qu’il possédait alors sur Saoli n’ont cessé de grandir dès les premières pentes de la descente, jusqu’à ce que le Kényan perde définitivement le contact visuel avec le leader.
Si la course s’est jouée dans la descente, le segment de descente a, lui, encore souri à Bogdan Damian. Comme lors des trois précédentes manches de la saison, le Roumain y a signé le meilleur chrono, en 9 min 21 s, soit 14 secondes de mieux qu’Elazzaoui.
De retour à Mandarfen pour la boucle finale, la hiérarchie en tête est restée intacte, mais les écarts ont continué à se creuser. Elazzaoui a même pu savourer les derniers mètres, en ralentissant pour célébrer avec les spectateurs avant de franchir la ligne d’arrivée en 2:08:44. Derrière lui, Michael Saoli a décroché une superbe deuxième place à 2min14 s du vainqueur, tandis que Patrick Kipngeno complétait le podium à 4min25s.
« Je suis très heureux », a confié Elazzaoui après sa victoire. « J’ai modifié beaucoup de choses dans ma préparation après le Canada et je suis vraiment satisfait de ma performance aujourd’hui ». Comme Madalina Florea, le Marocain découvrait l’épreuve autrichienne pour la première fois. « J’aime découvrir de nouvelles courses. Aujourd’hui, la stratégie était différente. Je me suis senti fort aussi bien dans la montée que dans la descente. C’était une très belle journée pour moi ».
Avec ce succès, Elazzaoui poursuit sa marche vers un troisième titre consécutif sur les Golden Trail World Series. Il conserve la tête du classement général avec 824 points, soit plus de 300 points d’avance sur son premier poursuivant, Bogdan Damian.
La journée a également souri à Run2Gether On Trail, qui a largement dominé le classement par équipes lors d’une course particulièrement symbolique pour cette structure basée en Autriche. Grâce aux deuxième et troisième place de Michael Saoli et Patrick Kipngeno chez les hommes, ainsi qu’aux performances de Ruth Gitonga (2ème) et Miriam Chepkirui (5ème) chez les femmes, l’équipe a signé une démonstration collective de tout premier ordre.
PLACE À SIERRE-ZINAL, LA CATHÉDRALE DU TRAIL
Avec à peine le temps de souffler, les Golden Trail World Series prennent déjà la direction de l’un des rendez-vous les plus emblématiques du trail mondial. Le 8 août, le circuit fera escale à Sierre-Zinal, cinquième manche de la saison 2026, où un plateau digne d’un championnat du monde est attendu sur celle que beaucoup considèrent comme la « Cathédrale du trail ».
Long de 31 kilomètres pour 2.400 mètres de dénivelé positif, ce parcours de légende relie les communes suisses de Sierre et Zinal à travers les paysages grandioses du Valais, sous la surveillance de cinq sommets culminant à plus de 4.000 mètres. Ces géants alpins ont valu à l’épreuve son surnom mythique de « Course des Cinq 4.000 » : le Weisshorn (4.506 m), le Zinalrothorn (4.221 m), l’Obergabelhorn (4.063 m), le Matterhorn (4.478 m) et la Dent Blanche (4.357 m).
L’épreuve débute par une ascension exigeante et presque ininterrompue qui mène les coureurs de Sierre, à 560 mètres d’altitude, jusqu’à Nava, perché à 2.424 mètres. En chemin, ils traversent des lieux emblématiques tels que Ponchette, Chandolin ou encore l’historique Hôtel Weisshorn. Vient ensuite une descente rapide et technique vers Zinal (1.675 m), théâtre de certains des dénouements les plus marquants de l’histoire récente du trail running. Parmi eux, la spectaculaire dixième victoire de Kilian Jornet en 2024, arrachée au terme d’un duel haletant face au Kényan Philemon Kiriago.
















