CYCLISME : La sécurité des coureurs, priorité absolue des organisateurs
L’Association Internationale des Organisateurs de Courses Cyclistes (AIOCC) réaffirme la sécurité comme pilier du cyclisme pro, quitte à modifier les courses face aux aléas.
Le début de la saison cycliste 2026 s’est déroulé sous le signe de la sérénité en matière d’incidents de course, mais a été marqué par des conditions climatiques extrêmes qui ont mis à l’épreuve les organisateurs. Face à des vents violents, des chutes de neige ou des intempéries, l’Association Internationale des Organisateurs de Courses Cyclistes (AIOCC) a réaffirmé sa doctrine : la sécurité des coureurs prime sur tout enjeu sportif ou économique. Une position forte qui se traduit par des décisions concertées et l’adoption de nouvelles technologies.
Des décisions fortes face aux aléas climatiques
Plusieurs épreuves majeures du début d’année ont dû être adaptées. Sur la Volta Comunitat Valenciana, des vents violents ont mené à une décision inédite : le contre-la-montre s’est disputé sur des vélos traditionnels et les temps n’ont pas été comptabilisés pour le classement général. La Vuelta a la Región de Murcia a, quant à elle, été interrompue après la première étape. Enfin, l’avant-dernière étape de Paris-Nice a été réduite en raison de fortes chutes de neige.
Ces décisions, prises collectivement avec les commissaires de l’Union Cycliste Internationale (UCI), les équipes et les coureurs, ne sont pas sans conséquences. Elles impliquent des renoncements sportifs et des impacts financiers significatifs pour les organisateurs vis-à-vis des partenaires et des diffuseurs. « Ces choix ne sont jamais simples. Mais ils traduisent une conviction partagée : aucune performance ne doit primer sur l’intégrité physique des coureurs », souligne Javier Guillen, président de l’AIOCC. Selon lui, « ce début de saison confirme que le cyclisme professionnel continue d’évoluer dans la bonne direction. La sécurité devient un pilier structurant de notre sport ».
La technologie au service de l’anticipation
Pour renforcer cette culture de la sécurité, l’AIOCC mise sur l’anticipation et la technologie. L’association vient d’annoncer la prolongation pour trois ans (2026-2028) de son partenariat avec VeloViewer, un ensemble d’outils numériques facilitant la préparation logistique et sécuritaire des courses. Ce logiciel, utilisé par la quasi-totalité des équipes professionnelles, permet de partager des informations détaillées sur les parcours (profils, traces GPX, points de danger) et de suivre les véhicules en temps réel.
« VeloViewer est devenu un outil clé pour renforcer la sécurité des courses et fluidifier la coordination entre tous les acteurs. Il permet de partager un langage commun, y compris en situation de course, entre organisateurs et équipes », explique Kiko Garcia, directeur de l’AIOCC. Cet outil s’inscrit pleinement dans le programme SafeR de l’UCI, qui vise à harmoniser les pratiques pour une meilleure évaluation des risques.
Le « Safety Manager », un rôle devenu incontournable
Au-delà des outils, la sécurité repose aussi sur des experts sur le terrain. Le rôle du « Safety Manager » (responsable sécurité) est devenu central. Présent en amont sur le parcours, il analyse chaque détail, anticipe les risques potentiels et coordonne les équipes pour garantir des conditions optimales. Une vidéo immersive tournée sur la Volta Ciclista a Catalunya (https://youtu.be/X2TE2vZpasQ) dévoile les coulisses de ce métier essentiel, entre réactivité et sens du détail.
Une gouvernance structurée et une vision plus large
La sécurité a été au cœur des débats lors du premier comité directeur 2026 de l’AIOCC, qui s’est tenu en février à Milan. Ces réunions permettent de synchroniser les actions avec les autres instances dirigeantes du cyclisme, comme l’UCI, l’association des coureurs (CPA) et celle des équipes (AIGCP). Le prochain comité directeur se tiendra le 24 avril 2026 à Liège.
Cette priorité s’inscrit dans une vision plus globale des valeurs du sport, comme l’a rappelé Javier Guillen lors d’une intervention pour l’organisation Peace and Sport. À travers le programme « La Vuelta es más » (La Vuelta, c’est plus), il ambitionne d’utiliser le cyclisme comme une plateforme pour promouvoir la solidarité et la paix. « La solidarité n’est pas une valeur propre à La Vuelta ; c’est une valeur du cyclisme, une valeur sportive et universelle », a-t-il affirmé. L’interview complète est disponible en ligne (https://www.peace-sport.org/watch-en/javier-guillen-we-must-speak-up-for-peace/).
L’AIOCC a d’ores et déjà fixé la date de sa prochaine Assemblée Générale, qui se déroulera le 25 novembre 2026 à Rome.
















