TRAIL : Mile & Stone – Lionel MARSANNE : « Une belle aventure »
17 ans après avoir succédé à son père à la tête de Cimalp, Lionel Marsanne a fait de la marque une success-story, récemment doublement récompensée lors du Trophée Meilleure Marque 2026, et forte d’un chiffre d’affaire aujourd’hui de 20 millions d’euros pour une soixantaine de salariés.
Tout n’a pour autant pas été facile pour l’entrepreneur, qui évoque pour Mile & Stone l’histoire et l’ambition de l’entreprise drômoise.
Pouvez-vous d’abord nous raconter un peu la genèse et l’histoire de Cimalp ?
« C’est une aventure familiale qui a commencé en 1964, une marque créée par un passionné d’alpinisme qui s’est dit qu’il n’existait alors pas assez de vêtements techniques pour pratiquer les sports de montagne et a eu l’idée de concevoir des produits avec du coton/velours et a travaillé avec Du Pont de Nemours pour faire les premiers knickers en stretch. Depuis, Cimalp, qui a toujours gardé cet ADN d’innovation, a connu des passages fastes, d’autres moins, la marque a été cédée en 1991 à mon père qui avait créé quelques années plus tôt une entreprise de textile spécialisée dans les vêtements de ski, la Manufacture Drômoise de Confection. Il a continué le travail de valorisation de la marque, principalement connue pour l’excellence du pantalon – dans les années 80-90, toutes les boutiques spécialisées dans les produits de montagne vendaient des pantalons Cimalp – sachant que les deux univers phares de la marque ont toujours été la randonnée et l’alpinisme ».
Comment avez-vous décidé de reprendre l’entreprise en 2009 ?
« Ça a vraiment été un hasard, car mon père m’a toujours déconseillé de le faire ! Je suis ingénieur en télécommunications, donc j’ai commencé à travailler dans cet univers, j’ai ensuite créé avec deux amis d’école une entreprise de contrôle qualité en Asie, qui a très bien fonctionné puisqu’on est passé assez rapidement à près de 500 employés et qu’elle a été revendue à un groupe du CAC 40 (Eurofins). J’avais auparavant déjà cédé mes parts à mes associés pour reprendre l’entreprise familiale. Il faut comprendre que je suis fils unique, ma mère travaillait avec mon père, j’ai donc quelque part été salarié de l’entreprise dès mes 4-5 ans, elle a vraiment été un bout de mon existence. En 2009, mon père voulait arrêter, mais à l’époque, une entreprise dans le textile, qui plus est en difficulté, était invendable, ça me faisait trop mal de la voir s’arrêter avec lui. Comme j’ai toujours été passionné par les technologies, je me suis alors dit qu’internet allait tout bouleverser dans le commerce et qu’il y avait moyen de faire évoluer le modèle, qui était à l’époque de vendre les produits aux distributeurs, en se concentrant sur les ventes en ligne. L’objectif était de transformer la marque en DNVB (digital native vertical brand), terme qui n’existait pas encore à l’époque, c’est-à-dire une marque verticale qui fabrique et vend directement à ses consommateurs ».
SOURCE : Mile & Stone N°70.


















