VOILE : Trophée Jules Verne – Pierre LEBOUCHER bat le record du tour du monde à la voile avec Sodebo Voile
« Dimanche 25 janvier, après 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes en mer, nous avons franchi avec Sodebo Ultim 3 la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne à Ouessant ».
« Avec un nouveau record du tour du monde à la voile à la clé. Une aventure exceptionnelle. Un rève qui se réalise.
Quand je me suis lancé dans la course au large en 2017, après plusieurs années de voile olympique, j’avais une envie claire : vivre des aventures qui dépassent le cadre du quotidien, repousser mes limites et écrire de nouvelles histoires.
Le Trophée Jules Verne m’anime depuis trois hivers. Il y a eu la première tentative avec Spindrift puis une seconde l’hiver dernier, déjà avec Sodebo Voile, où nous avions perdu le safran central entre les Kerguelen et le Cap Leeuwin.
Dans une de mes précédentes newsletters à mon retour, j’avais écrit ceci : « Ces bateaux sont véritablement impressionnants de vitesse moyenne… Je suis convaincu qu’il est possible de battre le record du Trophée Jules Verne, même si le chrono de référence reste un défi de taille. » J’avais raison d’y croire ».
UN ENGAGEMENT À 100 %
« À mon retour on m’a demandé si j’avais trouvé le temps long. J’ai répondu « non ». Nous étions tellement concentrés, en veille constante, et en recherche permanente des bons réglages pour faire avancer le bateau que je n’ai pas vu le temps passé. Sur l’aspect physique, ce fut aussi un sacré défi. Je n’avais jamais passé autant de temps en mer. Vivre dans un petit espace à sept, dormir par tranche de deux heures, secoué et avec du bruit (minimum 80 décibels)… dans ces moments-là, on prend vraiment conscience des plaisirs simples de la vie.
Les 48 dernières heures étaient tellement intenses. Avec la tempête Ingrid et une avance relativement faible, nous n’avons jamais pu se dire que le record était acquis avant la ligne d’arrivée. L’état de la mer était monstrueux avec 10 mètres de vague et des déferlantes que nous prenions de côté. Il fallait trouver le juste milieu entre ralentir pour ne pas se retrouver dans des conditions trop dangereuses mais pas trop pour battre le record. L’ambiance à bord était tendue. Stressante. Je n’ai pas eu peur mais je n’étais vraiment pas bien à l’idée que le record nous échappe si près du but ».
UNE AVENTURE HUMAINE ET UN RECORD MYTHIQUE
« L’ambiance à bord tout au long de ces 40 jours était vraiment chouette. Nous étions tous focus sur le même objectif. Dans la même direction. Il n’y a jamais eu de problème. Aujourd’hui j’ai simplement envie de dire merci Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel. Mais aussi merci à tous ceux qui n’étaient pas avec nous. Les partenaires, l’équipe communication et la formidable équipe technique qui travaillait 24 heures sur 24 à nos côtés pour nous guider de loin. Avec les 250 capteurs dans le bateau, il y avait de quoi s’occuper… Ce bateau était très performant. Ce record c’est aussi le leur ».
DES MOMENTS INOUBLIABLES
« Cette aventure restera gravée dans mes souvenirs à vie. Le Jules Verne, c’est un rêve qui se réalise. Si je devais choisir un seul moment ce serait peut-être le passage du Cap Horn. Mon premier. Pour un marin ça veut dire beaucoup. C’est mythique. Par chance, la trace nous a amené tout proche des terres. L’ambiance y était exceptionnelle. Et puis c’est un moment de bascule. Là où on retrouve des eaux un peu plus connues. Et où on entame la dernière ligne droite. Je peux aussi parler de l’arrivée à Brest… elle résonne encore dans ma tête. Ce monde pour nous accueillir, c’était fou ! Et puis les retrouvailles avec ma famille et mes amis, dont certains sont venus de loin, étaient tellement fortes. Pendant cette aventure j’ai aussi découvert la navigation dans l’Indien au plus proche des glaces, celle dans le Pacifique… Thomas m’a dit qu’il n’avait jamais eu des conditions aussi difficiles là-bas… Bref, une aventure que je ne suis pas près d’oublier ».
Pierre Leboucher sillonne les plans d’eau et les mers en compétition depuis l’âge de 11 ans avec une quête constance de l’excellence.
Ce touche-à-tout navigue sur une multitude de supports, aussi bien en monocoques qu’en multicoques.
Cette exigence lui a d’abord permis de réaliser son premier rêve : participer aux Jeux Olympiques à Londres en 2012 avec l’Équipe de France de Voile dont il a été membre de 2007 à 2014. Son ambition est de devenir le premier athlète olympique à participer au Vendée Globe. Ce deuxième rêve passera par la Route du Rhum 2026 qu’il espère disputer en trouvant un partenaire.
Au-delà de la voile, Pierre est passionné par les sports outdoor, du trail à l’alpinisme, en passant par le VTT et la Wing Foil.
Diplômé d’une école d’ingénieur en composites et matériaux, Pierre est capable de travailler au quotidien à l’optimisation de ses bateaux : un véritable atout pour un projet Vendée Globe.


















