CYCLISME : La Londe-les-Maures – Le Comité Départemental se renouvelle et affronte les défis de la modernisation
Réunis le 30 janvier à La Londe-les-Maures pour leur assemblée générale, les représentants des clubs de cyclotourisme du Var ont élu une nouvelle équipe dirigeante et débattu sans tabou des enjeux d’avenir : numérisation, sécurité sur les routes et féminisation des instances.
C’est une assemblée générale placée sous le signe du renouveau et de la franchise qui s’est tenue à La Londe-les-Maures. Accueillis par le club local et la Municipalité, les responsables du Comité Départemental (Codep) ont d’abord poussé un ouf de soulagement. Après une année 2025 qualifiée de « très compliquée », où la structure a dû fonctionner avec des postes vacants, l’équipe s’étoffe enfin.
Une équipe de nouveau au complet
Le Codep a validé l’élection de deux postes clés, mettant fin à une période de tension administrative où Pierre, figure du comité, a dû « tenir le Codem à bout de bras », comme l’a souligné le président de séance.
Kevin Verwest a été élu trésorier à l’unanimité (134 voix). Une arrivée saluée avec humour par le président, rappelant que Kevin est bien connu des clubs : « On t’aime bien parce que quand on a besoin… ça nous rapporte 150 euros ! ».
Au secrétariat, c’est Christophe Cavaillet, surnommé « Tito », président du CCRG (Club de La Garde), qui reprend le flambeau. « Je vais essayer d’amener de l’énergie pour les jeunes », a déclaré Christophe Cavaillet, déterminé à dynamiser la pratique.
Le chantier du numérique : entre critique et adaptation
L’un des temps forts de la matinée a concerné la modernisation de la Fédération française de cyclotourisme (FFvélo). Si la stratégie fédérale 2025-2028 ambitionne de développer les outils numériques, le constat de terrain est sans appel : le site fédéral peine à convaincre.
« Le site était imbuvable, complexe », a admis le président du comité départemental, rejoignant l’avis de plusieurs présidents de clubs.
Dans la salle, la concurrence des applications privées est dans tous les esprits. « Tout le monde utilise Komoot, tout le monde utilise Strava, mais on n’utilise jamais le site de la fédé », a déploré un participant, regrettant le manque de visibilité des manifestations fédérales face aux géants du secteur.
La réponse du comité est pragmatique : les outils fédéraux comme *Vélo en France* garantissent le respect de la légalité et des autorisations de passage, contrairement aux traces sauvages qui traversent des propriétés privées, menaçant la pratique du VTT et du Gravel.
Sécurité : l’urgence de dialoguer avec les autorités
La sécurité et les autorisations administratives cristallisent les inquiétudes. Organiser une randonnée devient un parcours du combattant face à des préfectures et des mairies de plus en plus réticentes, notamment sur le littoral.
« On a beau leur téléphoner, ça ne change rien », s’est agacé un organisateur, citant des difficultés récurrentes au Lavandou ou à Bormes-les-Mimosas.
Pour le comité, la solution passe par le lobbying. « C’est à nous de nous regrouper et de faire ce travail-là. Si nous ne le faisons pas, nous n’avons pas leur écoute », a insisté le président, appelant à réactiver la commission sécurité pour rencontrer les décideurs et expliquer que le cyclotourisme n’est pas une course de vitesse.
La féminisation : l’exemple à suivre
Enfin, la question de la mixité a été abordée avec force. Alors que le vélo reste un sport majoritairement masculin, des voix s’élèvent pour changer la donne. Hubert, du club de La Londe-les-Maures, a livré un témoignage édifiant sur la méthode pour impliquer les femmes dans la gouvernance.
« Quand je suis arrivé président, il y avait un comité directeur de 15 personnes avec deux femmes qu’on n’entendait pas. Elles m’ont dit : « Ça ne sert à rien, quand on monte quelque chose, on nous répond non ». Aujourd’hui, au comité directeur de La Londe, il y a sept hommes et sept femmes. C’est elles qui décident quasiment des séjours, qui les organisent et participent à la définition des parcours. Si on laisse les femmes faire ce qu’elles ont envie de faire, on fait un grand pas », a témoigné Hubert.
Entre modernisation nécessaire et préservation de la convivialité, le cyclotourisme varois entame 2026 avec une équipe remaniée, prête à pédaler face au vent pour défendre sa vision du vélo : « partir ensemble, arriver ensemble ».
Via Presse Agence.

















