CYCLISME : Celine de WILMA : Ton corps n’est pas un obstacle à ta puissance »
Ces dernières semaines, j’ai senti que quelque chose se décalait en moi.
Pas une grosse alerte, pas un choc, juste une fatigue sourde, un signal discret. Le genre de message que le corps envoie quand il veut qu’on s’arrête un instant.
Et comme souvent, ma première réaction a été de tenir. De me dire que ce n’était pas le moment, qu’il fallait avancer, gérer, assumer. On nous a tellement appris ça : tenir, être fortes, traverser. Comme si notre valeur se mesurait à notre capacité à encaisser.
Mais depuis quelque temps, mon corps, lui, ne voulait plus “tenir”. Il voulait que je l’écoute. Et il avait raison.
Parce qu’au fond, notre corps sait. Avant les pensées, avant les mots, avant les décisions. Il sait quand on s’éloigne de soi. Il sait quand on force trop. Il sait quand on a besoin de repos, de mouvement, ou juste de silence.
J’ai mis du temps à comprendre que ce que je ressentais n’était pas une faiblesse, mais une sagesse. Nous, les femmes, avons été déconnectées de cette intelligence naturelle.
On nous a appris à suivre des rythmes extérieurs — celui du travail, de la performance, du monde. À prendre des pilules pour éteindre nos pics hormonaux.
Or notre corps est cyclique. Il n’est pas linéaire comme on voudrait nous le faire croire. Il vibre, fluctue, se transforme.
Nos hormones façonnent nos élans, notre énergie, notre endurance, notre créativité. Il y a des phases où tout s’ouvre : on se sent forte, claire, rayonnante. Et d’autres où on a besoin de lenteur, d’introspection, de douceur.
Et c’est dans ces variations que réside notre puissance. Pas dans la constance, mais dans la connaissance. Dans la manière dont on apprend à lire nos signaux, à danser avec nos cycles, à suivre ce tempo qui nous appartient.
Depuis que j’essaie de m’écouter vraiment, je découvre une autre forme de performance. Moins dans le “faire plus”, plus dans le “faire juste”.
Et c’est peut-être ça, l’équilibre : bouger, créer, aimer, mais en respectant mon propre rythme.
Je crois profondément que le sport au féminin devrait partir de là : non pas chercher à gommer nos différences, mais à les comprendre. À inventer un mouvement qui s’accorde à nos corps, à nos cycles, à nos réalités.
C’est tout ce qui m’anime à travers Wilma. Qu’on puisse toutes bouger librement, sans contrainte, sans gêne, sans compromis.
Nos corps de femmes n’ont pas besoin d’être comparés à la performance masculine — ils ont besoin d’être compris, d’être la base de tout.
Je n’ai pas la réponse sur le comment tout concilier, trouver ce fameux équilibre (est-ce qu’on y arrive vraiment de manière constante ?).
Mais pour moi, je sens que tout commence dans l’écoute de mon corps, avant mon mental. Dans ce lien intime avec mon corps, ma respiration, mon rythme.
Et je rêve qu’un jour toutes les femmes se réapproprient leur corps, et apprennent à lui faire confiance
Message à emporter / mantra du mois
Ton corps n’est pas un obstacle à ta puissance. Il en est l’origine.
No matter the distance,
Céline ✷

















