VOILE : The Ocean Race Europe, Allagrande Mapei en progression entre Portsmouth et Carthagène
Après plus de 1 500 milles parcourus entre Portsmouth et Carthagène, Ambrogio Beccaria, Thomas Ruyant, Morgan Lagravière, Manon Peyre et Pierre Bouras ont signé une deuxième étape riche en rebondissements et terminé à la quatrième position.
Entre coups tactiques, phases de décrochage et retours dans le match, l’IMOCA Allagrande Mapei a montré de belles choses et renforcé la solidité de son équipage. Retour sur l’étape 2 de The Ocean Race Europe.
Un départ stratégique
À peine la flotte sortie du Solent, le passage des Needles imposait un contrebord défavorable à Allagrande Mapei, relégué aux arrières. Rapidement, l’équipage a su tirer parti du flux d’Est en Manche, affichant des vitesses de plus de 30 nœuds et revenant dans le sillage des leaders. Une première tentative de trajectoire audacieuse, via le Fromveur, a été stoppée net par la dorsale météo, contraignant le bateau à encaisser un nouveau contrebord et à traverser une phase de pétole en mer d’Iroise.
Golfe de Gascogne : l’attaque
Au large, les conditions se sont rétablies permettant d’exploiter toute la puissance du plan Koch – Finot Conq. L’équipage d’Allagrande Mapei a volontairement choisi une trajectoire plus éloignée de la route directe, au portant, pour maximiser la vitesse. Ce choix a payé : le bateau a pris brièvement la tête de la course au deuxième soir. Mais l’approche de la Galice et ses vents faibles a favorisé un regroupement général, reléguant de nouveau l’équipage en queue de flotte.
Fly-by à Matosinhos : un retard à combler
Le passage obligatoire devant Porto, avec une neutralisation de trois heures, n’a pas changé la hiérarchie : Allagrande Mapei est reparti avec 112 milles de retard. Le cap Saint-Vincent a ensuite offert des conditions plus soutenues, permettant au bateau de réduire légèrement l’écart, mais sans revenir totalement sur le trio de tête.
Gibraltar : moment décisif
Le détroit de Gibraltar s’est avéré être un tournant. Dans des vents instables mais portants, l’équipage a réussi à dépasser Malizia, reprenant la quatrième place. Le passage du fameux rocher restera marquant avec un run à plus de 35 nœuds de moyenne pendant près de quatre heures.
Méditerranée : compression et suspense
Comme souvent en Méditerranée l’été, les vents se sont révélés capricieux. Le ralentissement des leaders au large de Malaga a provoqué une compression générale, permettant à Allagrande Mapei de revenir à moins de 50 milles de Biotherm, et à moins de 20 milles d’Arkea Paprec et du podium. Mais l’équipage s’est ensuite retrouvé piégé dans la baie sans vent d’Almeria, collé de longues heures sous la menace constante de Malizia. Ce n’est qu’au cœur de la nuit que Beccaria et ses coéquipiers ont enfin retrouvé un flux d’Est-Nord-Est, pour franchir la ligne à 12h28 locales, après 5 jours, 18 heures, 28 minutes et 25 secondes de course.
« La deuxième partie de l’étape, après le fly-by de Matosinhos, a vraiment été difficile », explique Ambrogio Beccaria fraichement arrivé sur le ponton de Carthagène. « Nous étions à 60 milles derrière Malizia et avec 50 milles d’avance sur les Canadiens. Mais en mer, il ne faut jamais lâcher, ne jamais cesser de pédaler comme le précise le sticker sur notre nouvel outrigger. Aussi À Gibraltar, quand Malizia a accroché un filet de pêche, pour nous, une nouvelle course a commencé et une vraie bataille s’est engagée pour la quatrième place – une bataille que nous avons finalement remportée ».
« L’incident, on l’a complètement mis de côté, on n’y a même plus pensé. Moi, j’apprends énormément à chaque étape. On grandit, on prend de l’expérience. Là, je commence vraiment à comprendre ce que ça veut dire, courir en IMOCA. » précise Ambrogio avant de glisser, amusé, « Et puis… (sourire) dans la première partie, on a tenté un risotto. Franchement, c’était une catastrophe ! J’ai cru que ça portait malheur, et effectivement, la suite n’a pas été terrible. Mais bon, c’était du riz anglais… (rires). Heureusement, à l’entrée en Méditerranée, on a fait des pâtes thon-tomates parfaites, et là tout s’est mis à aller beaucoup mieux ! ».
Si Ambrogio Beccaria insiste sur l’apprentissage et les petites anecdotes qui rythment la course, Morgan Lagravière, lui, revient sur les stratégies et l’effort collectif qui ont permis à son équipage de se remobiliser jusqu’à la ligne d’arrivée. « C’était une course un peu spéciale pour nous. On s’est fait décrocher assez vite, et derrière il a fallu trouver des ressources pour rester dedans, continuer à se battre malgré un scénario pas forcément en notre faveur, lié à une petite erreur stratégique au départ. Mais on n’a rien lâché, on a réussi à se remobiliser et à bien gérer notre course. Au final, on gagne une place sur Malizia dans les derniers jours, ce qu’on n’imaginait pas forcément en repartant du Portugal. C’est une belle surprise, on termine sur une note positive, avec un super run à la fin du parcours. Le passage de Gibraltar, à plus de 34 nœuds, restera un moment fort, l’un de ceux qu’on garde forcément en mémoire ».
Des sports différents, mais une même passion
À chaque départ d’étape de The Ocean Race Europe, l’équipage d’Allagrande Mapei a le plaisir d’accueillir à bord une personnalité en tant que jumper pour vivre l’intensité du départ d’une course au large. Chaque Leg Jumper est choisi pour une raison particulière : son lien avec la voile, son parcours ou une histoire à partager. Une occasion d’apporter à bord des regards différents, de favoriser les rencontres et l’échange.
Notre deuxième “jumper” aime elle aussi aller vite. Mais à la différence d’Ambrogio, Rachele Somaschini – également athlète soutenue par Mapei depuis plusieurs années – ne manie pas la barre d’un IMOCA : elle pilote une voiture de rallye. Née en 1994, la jeune Italienne est aujourd’hui engagée en WRC2 (Championnat du Monde des Rallyes). Quadruple championne d’Italie, elle a remporté en 2024 le Tour European Rally Series. Somaschini embarquera sur Allagrande Mapei aux côtés de l’équipage lors du départ de Carthagène, avant de se jeter à l’eau et d’être récupérée par un semi-rigide d’assistance. Atteinte de mucoviscidose depuis la naissance, elle a uni sa passion pour le sport automobile à un engagement solidaire en fondant le projet #CorrerePerUnRespiro, en soutien à la recherche scientifique.
« C’est un grand honneur pour moi de participer à cette aventure humaine et sportive, confie-t-elle. J’adore la mer, et vivre une telle expérience dans un contexte aussi particulier me remplit d’enthousiasme. J’espère que ce sera de bon augure pour Allagrande Mapei. Ambrogio force mon admiration : je me reconnais dans les projets nés de la passion, du courage et de la détermination de ceux qui, avant tout, se défient eux-mêmes pour accomplir un grand rêve, des valeurs qui nous rapprochent de notre sponsor Mapei. Beccaria a choisi un chemin exigeant, en démontrant un immense talent et une formidable capacité à transformer les difficultés en force ».
Et d’ajouter :
« Même si la voile océanique et le rallye appartiennent à des univers différents, ils partagent bien des points communs : l’esprit d’équipe, l’adaptation à l’imprévu, la stratégie, et ce face-à-face permanent avec les éléments. Mais surtout, ces disciplines se vivent dans des décors naturels d’une beauté exceptionnelle, qui nous rappellent combien notre environnement mérite respect et protection ».
Après 3 jours d’escale à Carthagène, l’équipage d’Allagrande Mapei repartira mardi 26 août à 14h55 HF pour la 3e étape de The Ocean Race Europe et à destination de Nice.
Retrouvez plus d’informations sur le projet Allagrande Mapei Racing d’Ambrogio Beccaria | À propos de MAPEI















