ALPINISME : Une première mondiale a plus de 4 000 m dans le massif du Mont-Blanc
Un exploit historique en haute montagne.
Le mercredi 11 juin, le collectif des « Passagers du Vide » et leurs amis ont marqué l’histoire de l’alpinisme avec une première mondiale. Ils ont installé une highline à plus de 4 000 m d’altitude dans le massif du Mont-Blanc, reliant la Dent du Géant (4 013 m) au Mont Mallet (3 989 m). Ce projet ambitieux a nécessité une préparation minutieuse et une exécution rigoureuse, le tout dans le plus grand respect de l’environnement et de l’éthique montagnarde.
Une aventure humaine et technique
Pour réaliser cet exploit, le collectif a acheminé plus de 400 kg de matériel à dos d’homme, effectuant 29 allers-retours jusqu’au pied de la Dent du Géant et 25 ascensions de ce colosse mythique. 8 mois de préparation et 5 jours sur place ont été nécessaires pour aboutir à ces quelques heures d’apothéose au sommet du vide.
Un défi en trois étapes
L’acheminement
La première étape a consisté à acheminer le matériel au pied de la Dent du Géant, à 3 850 m d’altitude. Les membres du collectif ont effectué 29 allers-retours en 3 semaines, s’acclimatant à l’altitude où l’oxygène se fait plus rare. Ils ont installé leur bivouac sur un replat glaciaire entre les glaciers du Géant et des Périades.
L’installation de la ligne
La deuxième étape a été l’installation de la highline. La sangle de 20 mm de large devait s’étirer entre la Dent du Géant et le Mont Mallet sur 788 m. Attendre le beau temps et le moins de vent possible a été crucial. Le collectif a acheminé le filin à dos d’homme, empruntant l’arête de Rochefort et effectuant de nouveau l’ascension du Mont Mallet pour fixer la sangle.
La traversée
Enfin, une fois la ligne installée, les membres du collectif se sont élancés. Ils ont parcouru les 788 m de long à plus de 4 000 md’altitude, pieds nus ou avec des chaussures minimalistes. Ce projet allie performance sportive extrême, logistique alpine complexe, quête d’esthétisme et harmonie humaine.
Un message fort pour la préservation des glaciers
Cet exploit a également un message fort en cette « Année Internationale de la préservation des Glaciers ». Il souligne l’urgence climatique et la fragilité de notre écosystème. Survoler les glaciers sur une highline est un symbole puissant pour sensibiliser à la préservation de ces merveilles naturelles.
Un collectif uni par la passion
À l’origine de ce projet, l’équipe du collectif des « Passagers du Vide » et leurs amis, composée de 15 personnes : Antoine Crétinon, Danny Mensik, Antoine Mesnage, Antoine Moineville, Camille Le Guellaut, Grégoire Payen-Girard, Aurelia Lanoe, Sébastien Juan, Julien Cardon, Coline Ballet-Baz, Bertrand Delapierre, Damian Torres, Florent Berthet, Baptiste Ribes et Lucie Ginet.
Chiffres clés du projet :
– 4 013 m d’altitude de départ : Dent du Géant – 3 989 m d’altitude d’arrivée : Mont Mallet – 788 m de long entre les deux points – 700 m au-dessus du vide (glacier des Périades) – Sangle en Dyneema – 34 g/m – 108 kg de sangle déployée – 800 m de long, 20 mm de large – 4 spits d’ancrage + quelques points déjà existants – Tension : 400 kg à vide / 500 kg lorsque qu’un highlineur la traverse – 15 personnes impliquées – 5 jours de bivouac à 3 850 m – 25 ascensions de la Dent du Géant – 29 allers-retours pour acheminer le matériel au pied de la Dent… et autant pour le redescendre.
Un documentaire à venir retracera cette épopée vécue en autonomie dans le massif du Mont-Blanc.
Glossaire :
– Highline : discipline issue du slackline, qui consiste à marcher en équilibre sur une sangle plate et souple (la « line ») tendue entre deux points. Ce qui caractérise la highline, c’est l’altitude à laquelle celle-ci est tendue. – Points d’ancrage : fixations nécessaires pour attacher en sécurité la highline de part et d’autre de la paroi ; leur pose nécessite une expertise pour évaluer les forces en tension. – Pieds nus : plusieurs écoles de highlineurs : pieds nus, chaussettes ou en chaussures minimalistes de type Five Fingers. Malgré le froid, le corps et les pieds ont besoin de glisser sur la sangle pour en appréhender tous les mouvements.
















