VOILE : Transat Paprec – Charlotte YVEN – Hugo DHALLENNE (Skipper Macif) : « Maintenant, ça se joue aussi dans la tête » !
Il a décroché en milieu de matinée et on devinait, au son de sa voix, son bonheur d’être en mer.
Hugo Dhallenne fait ce qu’il aime le plus – naviguer en compétition –, il est aux avant-postes de la Transat Paprec et savoure le fait de disputer cette aventure avec Charlotte Yven. « J’ai beaucoup de chance d’être avec elle », confie-t-il en évoquant « l’entraide à bord ». Une alchimie sur le bateau qui se voit sur la « carto » : Skipper Macif fait en effet partie du trio de tête avec Wings of the Ocean (Alexis Thomas et Pauline Courtois) et Cap St Barth (Cindy Brin et Thomas André). Et ils comptent bien ne rien lâcher !
LE POINT SUR LA COURSE
- À 15h00, les trois premiers – Wings of the Ocean (Alexis Thomas et Pauline Courtois, 1er), Cap St Barth (Cindy Brin et Thomas André, 2es) et Skipper Macif (Charlotte Yven et Hugo Dhalenne, 3es) se tiennent en moins de 5 milles nautiques (9 km)
- Ils comptent désormais près de 40 milles d’avance sur leurs rivaux dont Région Bretagne – CMB Espoir (Victor Le Pape et Estelle Greck) et DEMAIN (Martin Le Pape et Mathilde Géron)
- L’écart latéral au sein de la flotte s’est réduit à nouveau. Au fil de la matinée, il est passé de 160 milles nautiques (296 km) à 130 milles nautiques (240 km)
- Les conditions restent bonnes, 12 à 15 nœuds de vent cet après-midi et devraient continuer à alimenter la bagarre entre les concurrents
Le rythme a l’air très intense depuis longtemps…
« Oui, ça a commencé bien avant La Palma. Il y a eu le passage du Cap Finisterre, Madère, La Palma puis un front. Là, on fait partie des trois bateaux de tête (avec Wings of the Ocean et Cap St Barth) et c’est un sacré « match race » ! De l’intérieur, ça pique, on ne va pas le cacher. C’est super intense. Il y a les quarts, la préparation de la météo, les phases de repos, l’entraide… On joue notre chance à fond !
Avec Wings of the Ocean et Cap St Barth, vous vous êtes légèrement détachés du reste de la flotte. Vous avez l’impression d’avoir pris un avantage ?
» Si on regarde le classement, c’est sûr qu’on a pris un petit cran d’avance qui peut nous permettre de finir sur le podium. Mais on ne peut pas être catégorique. Il y a cette bulle de vent faible devant les Antilles. On va tous y arriver et on doit tous trouver une façon de la passer. C’est ce qui va définir celui qui gagnera. Ceux qui iront au Sud auront le vent dans le dos et du vent faible, dans le Nord le vent dans le nez, par l’Ouest du vent de travers… Il va falloir choisir comment la traverser.
« On a une idée du choix que l’on veut faire »
Ces derniers jours, on a la sensation que tous essaient de repousser au maximum cette décision…
» Ce qui est très dur, c’est qu’elle peut tout changer. Si la zone de molle monte, cela complique l’option Nord ; si elle ne bouge pas, ça ne facilite pas celle du Sud… On sent que chacun attend de voir comment ça va évoluer. On a une idée du choix que l’on veut faire, mais à chaque fois que l’on reçoit un fichier météo (toutes les six heures), on rejoue le scénario pour voir s’il fonctionne.
Est-ce que vous avez la sensation que le trio de tête a pris un ascendant psychologique ?
» C’est sûr qu’avoir 30 milles nautiques d’avance (55 km) en Figaro, c’est conséquent. Mais un décalage au Nord ou au Sud peut tout effacer en quelques heures. Alors on sait qu’il faut garder les pieds sur terre et que rien n’est joué. On essaie de rester dans notre stratégie et on a la chance d’avoir un bateau à 100%. Depuis le départ, nous n’avons déchiré aucune voile et jamais sorti la caisse à outils. Là, on est au coude-à-coude avec les deux autres, la poignée dans l’angle. Maintenant, ça se joue aussi dans la tête !
« Mieux l’autre est, meilleure la course sera ! »
Est-ce que vous prenez du plaisir malgré la décharge d’effort ?
» Oui parce qu’on adore ça ! On s’est préparé, on s’est battu pour être là et on est super content de le vivre avec Charlotte. Je sais que quand je vais me reposer, le bateau est à fond et quand je me réveille, il est toujours à fond. Elle donne tout et en plus elle est souriante, toujours enjouée. J’ai beaucoup de chance de faire la course avec elle.
Vous êtes toujours souriants dans vos vidéos. Comment faites-vous pour garder cet état d’esprit très positif ?
» Quand nous sommes deux sur un bateau, on fait de son mieux pour prendre soin de l’autre et s’entraider. On laisse l’autre dormir un peu plus si c’est nécessaire, on prépare du café, à manger… L’entraide est très importante pour se tirer vers le haut. Mieux l’autre est, meilleure la course sera !
Charlotte t’avait préparé une playlist que tu as découvert en mer. Alors, qu’est-ce qu’il y a dedans ?
» Il y a beaucoup de choses ! (il éclate de rire). Il y a beaucoup de morceaux de Johnny parce qu’on va à Saint-Barth. Et après, il y a tellement de titres différents que c’est impossible de le résumer ! »
L’IMAGE DU JOUR. Des options en pagaille
« On essaie de savoir s’il faut passer au Nord, au Sud, au milieu », confiait Romain Bouillard (Décrochons la lune), il y a deux jours. Afin de se décider, tous étudient avec minutie les fichiers météo. La situation s’annonce complexe dans les prochains jours, en raison d’un vent qui devrait être bien plus faible et erratique d’ici l’arrivée. Résultat : les options — que l’on soit audacieux ou conservateur, que l’on préfère le risque ou la sécurité — sont très nombreuses.
Cette carte démontre « l’étendue du terrain de jeu, explique Yann Chateau, de la direction de course. Beaucoup de trajectoires peuvent être envisagées en fonction du scénario météo. Ça va offrir du choix et permettre une fin de course passionnante ! »
Pour suivre les marins en course : la cartographie


















