ESCRIME : Coupe du Monde d’Epée Hommes – Le Challenge Monal pour redonner des couleurs aux Bleus
Rendez-vous le plus prestigieux du circuit mondial d’épée, le Challenge Monal se dispute du 23 au 25 mai, au centre sportif Pierre Brossolette, à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).
Face aux meilleurs mondiaux, les Tricolores voudront confirmer le redressement observé ces dernières semaines.
C’est un rendez-vous que tous les meilleurs épéistes au monde rêvent de remporter un jour. Créé en 1938, le Challenge Monal a couronné pratiquement toutes les légendes de la discipline. Des champions olympiques, des champions du monde, d’Europe…. Parmi eux, Gauthier Grumier, vainqueur en 2009 et 2016 et, le dernier en date, Nelson Lopez-Pourtier qui avait surpris tout le monde en 2022.
Du 23 au 25 mai, les meilleurs de la discipline seront à nouveau présents pour ce rendez-vous de prestige disputé depuis deux éditions à Saint-Maur. Avec pour tous, l’espoir de succéder au Hongrois Gergely Siklosi, actuel numéro 1 mondial et champion olympique par équipes l’été dernier au Grand Palais. Quatrième des derniers Jeux olympiques après un incroyable scénario dans la rencontre pour le bronze (défaite 43-41 face à la République tchèque), la France, qui ne s’est plus imposée par équipes au Monal depuis 2015, se présentera avec humilité.
Arrivé à la tête de l’équipe de France masculine d’épée fin 2024 après avoir officié avec l’équipe féminine depuis 2021, Hervé Faget s’est d’abord attelé à remettre de l’ordre après plusieurs mois très agités. « Quand je suis arrivé, il n’y avait pas eu de résultats depuis septembre, souligne l’entraîneur. Il y avait des traumatismes dans tous les sens. En janvier et février, nous avons réalisé 28 entretiens avec les tireurs de l’INSEP mais aussi les jeunes et des anciens. C’était important de prendre ce temps pour entendre tout le monde et comprendre. C’est un groupe qui avait perdu toute sa confiance. Il a fallu travailler sur le collectif et entamer tout un travail de reconstruction. »
Mi-mars, les mauvais résultats subis à Budapest (seulement deux Français dans le tableau de 32 et tous les deux éliminés à ce stade) ont eu l’effet d’un électrochoc. « On s’est posé beaucoup de questions, il y a eu beaucoup d’échanges, poursuit l’entraîneur. On a quand même des super tireurs ! Il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas. La réaction des athlètes a été très bonne. » Deux semaines plus tard, à Marrakech, les Bleus ont en effet repris des couleurs avec le bronze par équipe obtenu par Luidgi Midelton, Alexandre Bardenet, Paul Allègre et Aymerick Gally et la présence en individuel de quatre Tricolores dans le tableau de 16 (7. Allègre ; 10. Middleton ; 11. Nguefack ; 14. Jean Joseph). Le Grand Prix de Bogota (Colombie, 10-11 mai), puis bien évidemment le Challenge Monal, seront de belles opportunités de confirmer ce redressement.

La dernière étape sélective pour les Championnats d’Europe et du monde
Au-delà du prestige de l’événement, le Monal se présente également comme une importante échéance sportive. Le tournoi parisien constituera en effet la dernière épreuve sélective pour les Championnats d’Europe à Gênes (Italie, 14-19 juin) puis les Championnats du monde à Tbilissi (Géorgie, 20-30 juillet). Le premier athlète du classement sélectif et trois athlètes choisis par le comité de sélection seront retenus.
Avant cette dernière étape, Alexandre Bardenet pointe en tête grâce notamment à deux présences dans le tableau de 16, à Doha et Vancouver. Mais un gros résultat à Saint-Maur d’un de ses coéquipiers pourrait modifier la hiérarchie. Vingt Français seront engagés sur le Challenge Monal selon des critères définis depuis longtemps. « Il y a encore des situations à éclaircir mais nous suivrons ces critères, insiste l’entraîneur. Il faut être clair avec le collectif et que les règles soient les mêmes pour tout le monde. » La sélection sera annoncée après l’étape du circuit national de Dijon (4-5 mai).
Paul Allègre : « C’est par l’énergie du groupe que nous reviendrons parmi les meilleurs »
Membre de l’équipe olympique cet été, Paul Allègre peut déjà se projeter vers Saint-Maur. « C’est une compétition forcément spéciale pour nous, confie-t-il. Quand j’étais minime, je venais en spectateur. J’étais inspiré par Gauthier Grumier parce que nous étions du même club et que son père m’avait entraîné, mais aussi par l’Estonien Novosjolov et par d’autres Français comme Ulrich Robeiri et même déjà Yannick Borel. Au Monal, il y a nos amis, nos familles. On a envie de bien faire. Quand on voit les grands portraits des anciens vainqueurs qui sont affichés, on rêve d’y être un jour. » Au-delà de l’approche émotionnelle du rendez-vous, le tireur de Levallois a pleine conscience de sa dimension sportive. D’autant plus après la dernière période. « Le début de saison a été un peu lourd car chacun avait ses revendications. L’arrivée des nouveaux entraîneurs a arrangé les choses. Il y a eu une volonté commune de la fédération, des entraîneurs et des tireurs de repartir sur une base sereine. C’est par l’énergie du groupe que nous reviendrons parmi les meilleurs. »


















