VOILE : Transat Paprec – L’élastique, ce n’est pas automatique !
Pour la première fois depuis le début de la course, des écarts commencent à se créer.
Au large des côtes portugaises, une partie de la flotte, menée par DMG MORI Academy (Laure Galley et Kévin Bloch) et Mael Garnier – Catherine Hunt (Selencia – Cerfrance), bénéficie d’un meilleur couloir de vent et s’échappe en tête. Certains, dont Jules Ducelier et Sophie Faguet (Région Normandie), Adrien Simon et Chloé Le Bars (FAUN) ou encore Victor Le Pape et Estelle Greck (Région Bretagne – CMB Espoir) ont été légèrement distancés. En somme, « l’élastique se tend » et la régate redouble d’intensité.
LES INFOS À RETENIR
- L’ensemble des concurrents est passé au Cap Finisterre hier soir en moins de trois heures
- La flotte, qui s’était divisée en deux groupes (Est et Ouest) s’est alors regroupée pour aborder la descente au large des côtes portugaises
- Après avoir traversé une zone de molle, tous ont tenté de récupérer le vent de flux Nord
- Les premiers à en avoir bénéficié ont accéléré, Laure Galley – Kévin Bloch (DMG MORI Academy, 1ers) et Maël Garnier – Catherine Hunt (Selencia – Cerfrance) étant les plus rapides
- Un premier groupe de huit skippers s’est formé en tête, devançant légèrement leurs poursuivants d’une dizaine de milles
- Les premiers de cette course organisée par OC Sport Pen Duick sont attendus vers le 7 mai prochain à Saint-Barthélemy
LE POINT SUR LA COURSE
Il y a de l’enthousiasme dans la flotte. Ce n’est pas le lever de soleil éclatant que certains ont immortalisé qui en est la cause, mais le sacré match qui est en train d’avoir lieu. Martin Le Pape le résume à sa manière avec le débit d’un commentateur sportif : « c’est parti au portant, peut-être jusqu’à Saint Barthélemy. Le spi est à poste, on est dans le bon paquet ! » Adrien Simon (FAUN) aussi, d’un ton plus posé : « c’est parti pour les grandes glissades jusqu’à Saint-Barthélemy ! »
Les skippers commencent progressivement à toucher les alizés portugais après avoir dû patienter dans une zone de molle plutôt instable. Après s’être regroupés dans la soirée d’hier au passage du DST puis du cap Finisterre, une course contre-la-montre était lancée pour récupérer un peu de ce vent. L’enjeu était de taille car les premiers à le toucher pouvaient creuser légèrement l’écart avec leurs rivaux. Et c’est ce à quoi nous assistons depuis le milieu de journée.
« L’élastique se tend, décrypte Yann Château à la direction de course. Un groupe a trouvé un meilleur couloir de vent pour s’éloigner de la dorsale sans être trop proche de la terre ». Une dépression sur l’Espagne génère un flux de Nord un peu plus conséquent, ce qui bénéficie aux premiers.
Pour la première fois, un écart se creuse
Bien placés depuis le départ, Laure Galley et Kévin Bloch (DMG MORI Academy) ont été les premiers à en bénéficier. À 17h00, ils progressaient à 12,3 nœuds, Romain Bouillard et Irina Gravecha (Décrochons la lune) à 12,5 nœuds, Martin Le Pape et Mathilde Géron (DEMAIN) à 12,6 nœuds. Une vitesse qui leur permet progressivement de creuser l’écart avec un deuxième groupe qui progresse légèrement moins vite à une dizaine de nœuds. Il est composé notamment de Jules Ducelier et Sophie Faguet (Région Normandie), Adrien Simon et Chloé Le Bars (FAUN) ou encore Victor Le Pape et Estelle Greck (Région Bretagne – CMB Espoir). En somme, pour la première fois depuis le départ, un écart se creuse.
Cette scission sera-t-elle durable ? Yann Chateau fait preuve de prudence : « avec le renforcement de la dépression thermique, l’écart sera légèrement moins important dans les prochaines heures mais ça va continuer à partir vers l’avant. Dans la nuit, le vent va mollir légèrement mais ceux qui sont plus au Sud auront toujours un peu plus de vent ». Et de conclure : « il y a des chances que l’élastique continue de s’étirer ».
LE REGARD DE… Jacques Caraës
Il est le premier à avoir remporté la Transat Paprec, en 1992 avec Michel Desjoyeaux, il y a 33 ans. Marin de renom, directeur de courses prestigieuses, Jacques évoque la Transat Paprec avec émerveillement et enthousiasme : « Je reste passionné par cette course. Je garde de très bons souvenirs de la première édition et je prends beaucoup de plaisir à suivre à nouveau la Transat Paprec. Je trouve que la mixité colle très bien avec l’ADN de la course. La force de la monotypie, et c’est encore plus vrai en double, est d’offrir cette bagarre constante. Ce qui est intéressant, c’est de voir l’émergence de cette jeune génération. À une époque je les connaissais tous, c’est un peu moins le cas aujourd’hui mais ça fait plaisir à voir ! Je les suis avec beaucoup d’admiration. La clé pour performer, c’est la ténacité et la pugnacité. Cette course, c’est un corps à corps où il ne faut rien lâcher jusqu’au bout. Lorsque nous avions gagné avec Michel Desjoyeaux, on n’avait distancé nos rivaux (Frédéric Leclere et Loïc Blanken) que dans les dernières heures de course. C’est ce qui rend cette course extraordinaire : il faut se battre jusqu’au bout ! »
LES PETITES NOUVELLES DU BORD
Ils l’attendaient tous, ce moment où ils allaient pouvoir déployer à nouveau leurs spis. Alors ils en ont profité et ont tenu à le filmer (Corentin Horeau, Région Bretagne – CMB Océane) ou même à faire voler un drone pour l’immortaliser (Quentin Vlamynck, Les Étoiles Filantes). « Le spi à poste et on est au taquet », souligne Martin Le Pape. Le skipper de DEMAIN a pris en vidéo le lever de soleil, Hugo Cardon (Humains en action) et Adrien Simon (FAUN) aussi alors que Tiphaine Rideau (Banques Alimentaires) a pris en vidéo le lever de lune. Un peu plus tard, Tiphaine et Pier-Paolo ont repris les réparations sur leur foc déchiré la première nuit, dont une partie s’était légèrement décollée. Côté nourriture, Maël Garnier et Catherine Hunt (Selencia – Cerfrance) ont savouré un « petit bout de Comté » en filmant les autres concurrents à portée de vue. Le match reste donc très intense et ça s’entend dans les mots des skippers. Thomas de Dinechin (Almond for Pure Ocean) l’a démontré à sa manière : « j’ai déjà perdu le nombre de jours de course ! »
Pour suivre les marins en course : la cartographie


















