EQUITATION : Simon Delestre écrit l’histoire du Saut Hermès
Dimanche, sous la verrière du Grand Palais, le Français Simon Delestre, cavalier partenaire d’Hermès, a remporté pour la troisième fois le Grand Prix Hermès, en selle sur Cayman Jolly Jumper.
Un triplé unique dans l’histoire du concours, apothéose de trois jours de sport de très haut niveau. En ouverture de la journée, dans la première épreuve du jour du CSI 5*, le Luxembourgeois Victor Bettendorf s’est montré le plus rapide dans le Prix de la Ville de Paris avec sa jument Cancun Torel Z, devant l’Italien Emanuele Gaudiano et l’Émirati Omar Abdul Aziz Al Marzooqi. Compétition réservée aux cavaliers de moins de 25 ans, Les Talents Hermès ont été largement dominés par la Belgique grâce aux performances de Mathieu Guéry et Evelyne Putters.
CSI 5* : Grand Prix Hermès / Épreuve n°10 : Et 1, et 2 et 3 pour Simon Delestre [15h30]
« Papa, il a encore gagné. » De l’autre côté de l’écran du téléphone, la petite Louna, 12 ans, affiche un large sourire. Son papa Simon, n°12 mondial, vient de devenir le premier cavalier à remporter le Grand Prix Hermès à trois reprises. Après deux succès acquis avec Hermès Ryan, en 2018 et 2019, lors des deux dernières éditions au Grand Palais avant un déménagement temporaire au Grand Palais Éphémère, il a à nouveau récité une partition parfaite cette fois avec Cayman Jolly Jumper, hongre Selle Français de 13 ans. Une semaine seulement après avoir remporté le Grand Prix de Bois-le-Duc (Pays-Bas), un des concours les plus relevés de la saison, la performance est exceptionnelle. Dans le paddock, les scènes de joie sont à la hauteur de l’exploit. Des cris, des embrassades, et des larmes. Forcément. À l’issue de la première manche, sur un parcours dessiné par le chef de piste espagnol Santiago Varela Ullastres, ils étaient encore neuf à pouvoir espérer succéder à Julien Anquetin, vainqueur l’an dernier avec Blood Diamond du Pont. Le Britannique Robert Whitaker, fils du légendaire John Whitaker fut le premier à s’élancer. Son chrono tint longtemps la corde. Jusqu’au passage de Simon Delestre, cavalier partenaire d’Hermès. Le récital fut total. Seule la Française Alexa Ferrer faillit le priver de ce triplé. Plus rapide de 49 centièmes avec Vitalhorse Fleur d’Oz, elle faisait chuter le dernier obstacle pour finir au 5e rang. Dernier des barragistes à s’élancer, le Belge Grégory Wathelet commettait rapidement une faute, synonyme de succès pour le Français. « C’est un sentiment indescriptible, lâche le Lorrain de 43 ans. J’ai du mal à réaliser. Peut-être que demain, j’y parviendrai. Gagner deux Grands Prix de ce niveau en deux semaines, ça ne m’est jamais arrivé. J’ai toujours pensé que Cayman était un cheval de légende, il l’a encore montré dans ce Grand Prix. Il a eu quelques déboires avant les Jeux olympiques mais aujourd’hui il est à 100%. Il est exceptionnel, vraiment au-dessus du lot. J’ai déjà monté des grands chevaux mais là, c’est encore autre chose ! C’est une chance inouïe pour moi de monter un tel cheval. Si je le compare à Hermès Ryan, il a encore plus de moyens. Il faut juste le canaliser car si on le laisse un peu aller, il file. Au moment d’entrer pour le barrage, j’avais le choix. Assurer… mais j’aurais fini, cinquième. Ou prendre des risques pour gagner. Sur un virage avant un vertical, j’étais dans la panade, mais Cayman a encore trouvé une solution. Quand je suis dans une galère, il m’en sort avec un coup de génie. Le retour dans le Grand Palais est exceptionnel. On sent toute l’histoire de ce lieu. Même si j’y viens depuis la première édition en 2010, c’est toujours un moment magique. L’objectif est de maintenir Cayman au top de sa forme. Il va prendre un peu de repos bien mérité. Nous verrons ensuite pour les Championnats d’Europe. Mais je n’ai aucune pression à lui mettre. »
Deuxième avec Vermento, le Britannique Robert Whitaker se montrait très fair-play. « Simon était trop rapide. J’ai fait une foulée de plus que lui à la fin, mais je n’ai pas de regret. Je referais la même chose si je devais le faire. C’était ma première fois au Saut Hermès, alors je suis très heureux de cette deuxième place. » Même sentiment pour l’Autrichien Max Kühner, n°8 mondial, troisième avec EIC Julius Caesar.
CSI 5* : Prix de la Ville de Paris / Épreuve n°8 : Victor Bettendorf met le Luxembourg à l’honneur [9h30]
En début de journée, l’hymne luxembourgeois a retenti dans le Grand Palais. En selle sur Cancun Torel Z, jument de 14 ans, Victor Bettendorf s’est imposé dans le Prix de la Ville de Paris (1,50 m, deux phases). Vainqueur du Grand Prix Hermès en 2022 avec Mr Tac, alors au Grand Palais Éphémère, le cavalier de 35 ans, a démontré une fois de plus tout son talent dans les épreuves de vitesse. « C’est une jument hyper compétitive, explique-t-il. Samedi soir, j’ai fait une faute dans le Prix du 24 Faubourg mais j’avais déjà été le plus rapide. C’est un peu ma revanche aujourd’hui. Avec elle, je dois surtout me contrôler et ne pas trop exagérer parce que souvent je prends des risques inutiles. Je dois vraiment gérer car elle peut toujours aller plus vite. Ce matin, j’ai su trouver le bon rythme pour aller chercher la victoire. » Victorieux samedi du Prix GL Events, l’Italien Emanuele Gaudiano a cette fois dû se contenter de la deuxième place avec son étalon Vasco 118, battu de 1’’66. Belle performance également du jeune représentant des Émirats Arabes Unis, Omar Abdul Aziz Al Marzooqi (21 ans), troisième avec Chacco Bay.
CSI 5* : Talents Hermès / Épreuve n°9 : Les jeunes talents Belges au sommet [12h00]
Deuxième l’an dernier, la Belgique a cette fois remporté l’épreuve par équipes des Talents Hermès (compétition réservée aux moins de 25 ans) disputée sur le modèle des Coupe des Nations (deux manches avec cumul des scores des deux coéquipiers). En tête dès la fin de la première manche avec deux sans-fautes, Mathieu Guéry sur Time-Breaker S Z, et Evelyne Putters sur Eye of the Tiger, tous les deux membres de l’équipe médaillée de bronze aux Championnats d’Europe Jeunes Cavaliers de l’été dernier, ont confirmé leur domination dans le second acte, malgré quatre points de Putters. Déjà présent l’an dernier dans l’équipe belge, deuxième samedi, battu de seulement deux centièmes, Mathieu Guéry, auteur d’un dernier sans-faute, tenait enfin sa victoire. « J’étais dans une situation favorable avant mon tour puisque j’avais le droit à une faute, analyse-t-il. J’ai donc pris mon temps. Mon cheval a été incroyable tout le week-end. C’est une chance de pouvoir monter un tel crack. La Belgique est très compétitive alors être sélectionné dans un tel rendez-vous signifie qu’on tient la route. Gagner ici, au Grand Palais, c’est juste dingue ! » Même joie pour sa coéquipière, championne d’Europe juniors par équipes à deux reprises : « C’est la première fois que je viens ici et même à Paris ! C’était un week-end parfait. » Chef d’équipe, Jérôme Guéry insistait sur la qualité des jeunes Belges. « Nous avions une très bonne équipe, confie le numéro 43e mondial. On a vraiment des grands talents en Belgique et les deux présents à Paris sont loin d’être les seuls. C’est chouette, je vais bientôt pouvoir prendre ma retraite. » La Grande-Bretagne, grâce à Allana Clutterbuck et Claudia Moore prend la deuxième place devant l’Ukraine de Mykola Pylypeiko et Anastasia Bondarieva. Tenants du titre, les Français ont cette fois eu moins de réussite, avec la 6e place de Ilona Mezzadri et Baptiste Eichner.


















