VOILE : The Transat CIC – Guirec Soudée (Freelance.com) au bout d’un sacré challenge
Le skipper de Freelance.com a bouclé la ‘mère des transatlantiques’ ce jeudi, en franchissant la ligne à 8 heures 38 minutes (heure française) à l’issue de 10 jours, 19 heures et 8 minutes en mer.
Terminer cette course, disputée dans le Nord de l’Atlantique dans des conditions éprouvantes pour les bateaux comme pour les organismes, lui permet de franchir un nouveau palier en IMOCA. 2e chez les bateaux à dérives droites (17e au classement général), il continue en effet à progresser en vue de son objectif majeur, le Vendée Globe cet automne.
Il en est enfin venu à bout de cette course harassante, épuisante et si exigeante. Guirec Soudée a pu franchir la ligne d’arrivée et le moment a forcément été étrange, la ligne se situant à près de 110 milles des côtes américaines pour préserver les bateaux*. Cela n’a pas empêché Guirec de souffler, de se relâcher enfin, de profiter aussi. Le skipper de Freelance.com vient de réussir un sacré challenge.

Mission accomplie
Avant de s’élancer, Guirec avait donné le ton en parlant de The Transat CIC comme « de la course la plus exigeante » qu’il avait à disputer depuis qu’il a débuté en IMOCA il y a trois ans. En cause : le fait de traverser l’Atlantique par le Nord, d’Est en Ouest et de faire face aux phénomènes météos qui balaient l’océan dans l’autre sens. La flotte a été servie, les voiles d’avant ont été particulièrement sollicitées, les organismes ont étés soumis à rude épreuve. Pour tenir bon, il a fallu faire appel à des qualités de résistance.

Ça tombe bien, Guirec en a à revendre. Mieux, le marin avait hâte de retrouver le solitaire, le large, sa dureté et ses petits bonheurs. Le Breton voulait franchir la ligne et parvenir au maximum à préserver son bateau : la mission est accomplie. Son périple a débuté au portant sous un grand ciel bleu, puis par une nuit à tirer des bords sous la Bretagne avant de monter vers l’Irlande puis mettre le clignotant vers l’Ouest en direction des États-Unis. Il y a eu des passages des fronts, des passages toniques, des zones de transition, du vent instable, des petits pépins techniques à régler et des matchs avec des concurrents.

2e chez les bateaux à dérives droites
Là où Guirec a impressionné, c’est dans sa capacité à faire preuve de prudence, à trouver le bon curseur pour préserver son bateau et se protéger des avaries majeures. Certes, il y a eu des coups de chaud comme dimanche quand son safran s’est relevé violemment et a arraché le système qui permet de le maintenir en position basse. Guirec a dû s’employer pour bricoler et trouver une solution technique. Comme à son habitude, il a tenu bon, même quand les conditions étaient très molles, ralentissant fortement sa progression.

Surtout, il a démontré qu’il fallait compter sur lui dans le « match dans le match » avec les bateaux à dérives droites. Guirec termine en effet 2e chez les « non-foilers » derrière Tanguy Le Turquais (Lazare, 11e). Désormais, il va pouvoir rallier la côte est des États-Unis tout en récupérant et en profitant un peu plus du large. Ensuite, l’équipe technique préparera son bateau avant de faire le trajet inverse, en convoyage cette fois, au côté notamment du skipper Corentin Douguet qui va l’aider à s’aguerrir encore et à trouver en permanence les meilleurs réglages et les choix de voile les plus opportuns. Une nouvelle expérience pour continuer à monter en puissance avant ce rendez-vous que tout le monde (dont Guirec) attend avec impatience : le départ du Vendée Globe, le dimanche 10 novembre prochain.
Sa réaction à chaud
« On savait que ça allait être une course exigeante pour les skippers comme pour les bateaux. Je me suis mis en « mode Vendée Globe ». C’était ma dernière grande course en solitaire avant ce tour du monde. J’avais envie d’anticiper au maximum, de faire bien les manœuvres, de veiller à faire les changements de voile au bon moment, prendre le moins de risques, être bien discipliné en matière de météo. On a eu des conditions musclées, avec des rafales qui ont atteint les 50 nœuds de vent mais aussi de la pétole, calme plat où tu n’avances plus du tout ! J’ai retrouvé le courant du Gulf Stream de ma transat à la rame et il ne m’a pas lâché. Mais traverser l’Atlantique en 10 jours, ça reste super rapide ! »
Sa course en chiffres
Heure d’arrivée : 08 heures 38 minutes 02 secondes (heure française) Temps de course : 10 jours, 19 heures, 8 minutes et 2 secondes Distance parcourue : 3256,18 milles nautiques Ecart avec le premier : 2 jours, 12 heures, 14 minutes et 30 secondes Vitesse moyenne (sur l’orthodromie) : 11,38 nœuds Vitesse moyenne réelle : 12,57 nœuds
*Elle a été fixée pour éviter les collisions avec les mammifères marins et le trafic maritime.

















