ALPINISME : Première dans la mythique face nord de l’Epena par Symon WELFRINGER et Xavier CAILHOL
Plus qu’une descente à ski de pente raide exceptionnelle, avec une raideur rarement skiée de manière autant soutenue, Symon Welfringer prouve ici sa maîtrise complète des différents ingrédients requis pour réussir cette première.
Engagement, audace et ténacité étaient bien sûr nécessaires, mais c’est aussi toute la palette de son savoir-faire d’alpiniste qui a permis à ce Piolet d’Or d’arriver au sommet après 1 000 m de montée dans une face nord en condition délicate.
Vendredi 22 mars, 2h30, le réveil sonne pour les deux alpinistes à Champagny-le-Haut. C’est le début d’une journée qui marquera les annales de l’alpinisme hivernale sur ces dernières années. La cordée réalise rapidement une ascension rarement parcourue de la face nord de l’austère Epéna, une paroi de 1000 m à remonter avec les piolets, remplie de doutes et d’appréhensions. Après plusieurs passages aléatoires, des plaquages de glace peu rassurants, la cordée arrive au sommet de l’Epéna (3421 m) à 12h.
Avec audace et sans faillir, Symon et Xavier débutent alors l’une des descentes les plus raides de l’histoire du ski. Face à cette page vierge, chaque virage est une prise de décision, l’exploration d’un inconnu. 3 rappels sont nécessaires pour franchir certains passages techniques, et c’est l’arrivée en bas.
Mais l’aventure n’est pas encore terminée, reste encore à Symon et Xavier le retour à vélo jusqu’à Albertville, plus de 55 km que les deux alpinistes avaient fait le choix de relier en deux roues en aller-retour. Une éthique au goût du jour dans cet hiver particulièrement révélateur des enjeux climatiques actuels, mais qui sera paradoxalement l’un des plus beaux hivers de la dernière décennie pour le ski de pente raide en haute altitude.
Cotation proposée pour l’ouverture de Pas de rose sans épine : 5.6 E4 (4e ligne dans le monde à ce niveau de difficulté)
La cotation de ski inclue la pente, la difficulté de la voie à la montée, et son ambiance générale.
Cette réalisation magistrale s’inscrit comme l’aboutissement d’un hiver rempli de défis et d’explorations à skis en Vanoise pour Symon, qui s’était déjà illustré en février par une répétition impressionnante dans la face Ouest de l’Arcelin, mais aussi une ouverture en janvier à la Vuzelle, La vuvuzela.
Symon confirme ici sa palette impressionnante de talents, toujours dans le plus haut-niveau, en étant capable de briller en escalade jusqu’au très recherché 9e degré, autant que dans les contrées himalayennes, dont l’une de ses ascensions lui avait valu le Piolet d’Or en 2021.
Cette performance s’inscrit surtout dans l’éthique et les motivations de cet audacieux électron libre, qui avait déjà réalisé plusieurs combinaisons d’enchaînement de sommets atteints en mobilité douce : dès 2022 dans les Dolomites et en Autriche, mais aussi dans les Ecrins pour un combiné de 38h d’efforts d’affilée de vélo, escalade extrême et parapente. Symon s’est de nouveau illustré plusieurs fois en 2023 dans cette recherche esthétique et originale, qui lui vaut le Trophée du Jury aux Trophées de la Montagne 2023, la reconnaissance par ses pairs de ses projets polyvalents et créatifs, dont le mont-Blanc atteint d’une traite en vélo depuis Grenoble.
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