EQUITATION : Jumping International de Bordeaux – Triplés pour Julien Épaillard et Bram Chardon
Non, ce n’est pas une revanche sur sa très relative contre-performance d’hier en Coupe du monde avec Dubaï de Cèdre (8 points) comme il nous l’expliquera, mais la victoire de Julien Épaillard et son fidèle Donatello d’Auge dans le Grand Prix AUDI en est une sacrée sur la défaite du XV de France vendredi face à l’Irlande.
Le n°1 français a battu deux Irlandais à lui tout seul dimanche après-midi : ça fait du bien.
Le scénario fut identique à celui d’hier : le premier (à partir au barrage) est resté le premier (sur la feuille de résultat) ! La plus belle des réponses à son parcours à huit points hier soir : « Non, ce n’est pas vraiment une revanche, tient à souligner Julien Épaillard. Je suis absolument satisfait de ma jument dans la Coupe du monde, elle a très bien sauté même si, après une mois et demi de pause, elle n’est pas encore à 100% du meilleur de sa condition. Il lui est arrivé de faire des sans-faute en sautant moins bien qu’hier. Donc, non pas une revanche, les chevaux vont bien. J’ai peut-être fait les mauvais engagements : à Amsterdam, je gagne le Grand Prix de la ville avec Dubaï et ici, je gagne le même Grand Prix avec Donatello, j’aurais peut-être dû faire l’inverse : mettre Dubaï en Coupe du monde la semaine dernière et engager Donatello hier soir (rires). C’est facile de dire cela après. Ce qu’il faut retenir, c’est que les deux chevaux commencent bien l’année, chacun a gagné son Grand Prix 5*, c’est de bon augure pour la suite de cette année 2024 ».
De toute façon, avec ou sans performance hier, le Normand était déjà qualifié pour la finale de Riyad avec ce dilemme cornélien : lequel de ses deux cracks choisir pour tenter de décrocher cette Coupe du monde ? « Je ne sais pas encore. Ce sera l’un des deux, mais pas les deux. Peut-être que cette année, Dubaï fera les deux gros championnats. Je vais encore y réfléchir… mais ce n’est peut-être pas une mauvaise idée qu’elle fasse une grosse finale comme celle de la Coupe du monde avant les Jeux. Nous allons réfléchir à tout cela avec Henk (Nooren, l’entraineur national), nous allons prendre encore un peu de temps avant de trancher ».
C’est la troisième fois que Julien Épaillard remporte une épreuve majeure à Bordeaux après 2017 et 2020, ce qui commence presque à devenir une tradition ! « (rires) Une tradition, je ne sais pas, mais oui, j‘aimerais bien que cela perdure. Je suis toujours content de gagner ici, c’est un concours Coupe du monde, c’est un concours mythique et on a toujours envie de bien figurer ici ».
Ce qu’ont également fait les Irlandais Denis Lynch (2ème à 1″45 avec Brooklyn Heights), et la moins aguerrie Jessika Burke (3ème à 5″24 avec Nikey HH, premier podium en Grand Prix 5*-1,60m) … mais aujourd’hui, une victoire de la France sur l’Irlande, on savoure !
Quelle finale ! Quel final ! Un dénouement de folie où les trois barragistes sont entrés en piste avec un minimum de temps les séparant. Notamment une avance de 33 petits centièmes entre le leader provisoire et tenant du titre, l’Australien Boyd Exell et son dauphin institutionnel, le Néerlandais Bram Chardon. Mais aujourd’hui, ce dernier s’est révolté en livrant un barrage de folie mettant la pression sur le Wallaby. Un temps canon qui allait obliger Exell à prendre tous les risques, avec le stress en plus. Et cela a vite fonctionné puisqu’en début de parcours, sa voiture renversait une balle : « mais je ne m’en suis pas rendu compte et j’ai continué à avancer, avouait l’Australien.
Mes grooms, qui avaient vu, ne m’ont rien dit, il se sont contentés de m’encourager, de me pousser … ‘go on, go on’ me criaient-ils… » et il y est presque arrivé, échouant à 83 centièmes, ce qui veut dire que sur le parcours, il aura été 3″17 plus rapide que le Néerlandais qui remportait là sa troisième Coupe du monde après 2019 et 2022 : « Oui, j’ai tout donné dans ce barrage car je suis venu ici avec un seul objectif : gagner. Hier j’ai commis une faute et Boyd et moi n’avons pas arrêté de nous mettre mutuellement la pression ! C’est le cas depuis quelques saisons et chaque année, on élève le niveau. C’est incroyable de terminer cette finale après trois épreuves avec une différence de temps si minime et une seule faute chacun et ce soir, je suis vraiment heureux de me retrouver en haut de ce podium avec mon père sur la troisième marche à mes côtés ». Et c’est au père, Ijsbrand, qu’on laissera le mot de la fin car, au-delà de son bonheur familial, il a tenu, comme Boyd Exell d’ailleurs, à « remercier l’organisation de Bordeaux. Chaque année nous avons du grand sport, un public magnifique et nous sommes reçu dans les meilleures conditions qui soient : de belles écuries pour nos chevaux, des beaux hôtels etc. Tout pour nous rendre la vie facile. On adore tous Bordeaux ». Une belle gratitude et merci à ces artistes pour ce grand show !
Ainsi s’achevait l’édition 2024 du Jumping International de Bordeaux. Une programmation sportive à guichets fermés ! Un succès sportif pour les cavaliers français avec deux victoires et cinq autres podiums dont la seconde place de Jeanne Sadran en Coupe du monde, un Salon du cheval toujours plus riche avec près de 230 exposants, quarante heures d’animations et des compétitions régionales qui ne cessent de faire briller cet évènement équestre incontournable du Sud-Ouest. Une page se tourne, mais la prochaine se prépare déjà : rendez-vous du 6 au 9 février 2025.
INFORMATIONS PRATIQUES
Réservations : www.jumping-bordeaux.com















