VOILE : Retour à La Base – Clarisse Crémer franchit la ligne d’arrivée en 12ème position
Après une traversée de l’océan Atlantique longue de 11 jours aux côtés de 31 autres IMOCA, Clarisse Crémer a franchi la ligne d’arrivée du « Retour à La Base » à 21h33 ce jour.
La skipper conclu ainsi cette étape majeure de qualification en beauté, mettant toutes les chances de son côté pour signer son billet pour le Vendée Globe 2024. À terre, ses premiers mots, empreints d’émotion et de soulagement, reflètent parfaitement l’intensité de cette course : « Enfin, je suis arrivée ! C’était ma première course en solitaire sur ce bateau et ça fait du bien d’être de retour. Ça a été intense dès le départ, en quittant la Martinique nous étions aux prés, sous la chaleur, puis l’état de la mer s’est dégradé alors que nous remontions tous à vive allure vers le nord de l’Atlantique, ça devenait de plus en plus inconfortable à bord – mais c’est à prévoir sur ces bateaux. La bonne nouvelle, c’est que cette course en solitaire m’a permis d’en apprendre davantage sur mon bateau. Bien sûr, j’ai eu quelques soucis à bord, certains plus embêtants que d’autres – mon J2 par exemple ou les portes du cockpit laissent entrer de l’eau, donc c’était difficile de rester au sec… – mais rien qui m’ait empêché de continuer. Je suis heureuse d’avoir validé cette course qualificative pour le Vendée Globe 2024 et d’avoir engrangé des milles. »
Une détermination à toute épreuve Pendant une période de 12 jours, les conditions météorologiques n’ont offert aucun répit aux IMOCA. Dès le départ de Fort-de-France, la flotte s’est dirigée vers le nord de l’Atlantique. Très vite, elle a été confrontée à un front, engendrant des rafales puissantes et une mer agitée. La seconde étape a été encore plus difficile, marquée par le retour d’une météo hivernale avec des vagues de 4 à 6 mètres, des variations de vent et des zones sans vent. « J’ai eu du mal à dormir les premiers jours, et à nouveau vers la fin de la course, lorsque la météo s’est détériorée, et c’était plus difficile pour moi de me reposer » raconte Clarisse. À bord, les conditions étaient particulièrement humides, avec des vagues de 6 mètres ces derniers jours s’abattant sur le bateau et l’eau imprégnant souvent le cockpit. Une étape cruciale pour se qualifier pour le Vendée Globe Pour se qualifier pour le Vendée Globe 2024, les candidats officiels doivent participer à au moins deux courses qualificatives entre 2022 et 2024 sur le bateau dans lequel ils prévoient de concourir, et ils doivent avoir terminé au moins l’une d’entre elles dans un délai équivalent à une fois et demie le temps du vainqueur. En 2023, le Retour à la Base était la seule course possible de qualification en solitaire et Clarisse à bord de L’Occitane en Provence a désormais validé cette étape et accumulé des milles.
Mettre le curseur au bon endroit « C’est 12e place, certes, mais le principal pour moi était de terminer cette course, avec un bateau en bon état. D’une part, pour me qualifier pour le Vendée Globe et d’autre part pour avoir un bateau dans le meilleur état possible pour le disputer l’an prochain. Donc à bord je devais être rationnelle, et ne pas laisser prendre mon esprit compétitif l’emporter sur l’objectif de ma course. Je devais finir la course, mais pas à tout prix, et même si c’est frustrant de devoir ralentir par moments pour ne pas prendre de risques » explique Clarisse, les pieds sur la terre ferme, avant d’ajouter « et puis 12 jours en mer en solitaire, dans ces conditions, c’était aussi un excellent entrainement à la fois pour le Vendée Globe l’an prochain, et pour me familiariser avec ce bateau. J’ai beaucoup appris sur la Transat Jacques Vabre déjà avec mon co-skipper Alan Roberts, mais le fait d’être en solitaire, dans des conditions difficiles, on apprend encore plus vite. Je suis vraiment contente de ce bateau, c’est une belle bête ! » Après un débriefing avec son équipe technique, Clarisse prendra un repos bien mérité avec sa famille. 2024 n’est pas loin et le programme qui l’attend est déjà très chargée, avec une grande période de chantier, deux transatlantiques et – espérons-le – un Vendée Globe à la clef !















