VOILE : Groupe APICIL – Qui veut voyager loin, ménage sa monture
Le 29 octobre prochain, Damien Seguin – premier skipper handisport à avoir bouclé le dernier Vendée Globe (7e) – s’élancera aux côtés de Laurent Bourguès sur la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre à bord de son IMOCA Groupe APICIL désormais équipé de grands foils.
Ensemble, sur cette traversée de l’atlantique en double, ils continueront de porter haut et fort le message d’inclusion que défend le Groupe APICIL depuis de nombreuses années tout en essayant de le faire rimer avec performance.
Le co-skipper, le choix cornélien
Qui dit Transat Jacques Vabre dit, depuis 1995, course en double. Et qui dit double implique pour l‘ensemble des marins qui souhaitent prendre le départ, de choisir un co-skipper. Un choix pas toujours évident car passer près de 15 jours en mer, dans un espace de vie spartiate et exigu, à la merci des aléas de la météo et de la pression qu’engendre une telle compétition, ne ressemble en rien à une croisière entre bons copains. C’est d’autant plus vrai pour les skippers dont le projet vise à performer et ce n’est pas Damien Seguin qui dira le contraire. Avec quatre participations (deux en Class40 et deux en IMOCA) à la course, le marin handisport sait combien choisir le bon co-skipper est important et personnel. C’est une décision difficile qui doit être réfléchie en corrélation avec ses propres ambitions sportives.
Alors concrètement, comment se passe le choix de l’autre moitié du duo ? Quels critères doit-on établir en piorité ? A ton l’embarras du choix quand on est skipper d’un IMOCA ? les candidatures abondent-elles en fonction du palmarès du skipper, du bateau sur lequel le duo va naviguer ? En résumé, sur une année de double, est-on un skipper chassé ou bien un skipper « chasseur de têtes » à la recherche du binôme parfait ? « C’est une bonne question. Je pense que quand on est sur une catégorie reine comme l’est l’IMOCA, nous avons potentiellement du choix car la série est attractive. Là, en l’occurrence, je ne me suis pas trop attardé car j’avais en tête un profil bien particulier pour cette saison et pour la Transat Jacques Vabre. Toutefois en y réfléchissant bien, je me rends compte, que cette décision de prendre Laurent comme skipper est un mix des deux. Il y a, d’un côté, moi qui cherchais un profil précis et de l’autre, Laurent qui m’a appelé pour me proposer ses services » raconte le skipper de Groupe APICIL qui confie ne connaître, à l’époque, Laurent que de nom.
Qui veut voyager loin, ménage sa monture
On l’aura compris ce sont donc bien des compétences et une expertise qui ont amené Damien à préférer Laurent Bourgues. Rien de très surprenant nalement si on prend le temps de s’attarder sur le CV de ce dernier. En effet, même si le marin a navigué sur plusieurs supports, à la barre de son propre projet (Mini 6.50, Figaro …), c’est surtout une gure très connue sur les pontons qui possède une solide expérience technique, notamment sur ces monocoques 60’ de même génération que Groupe APICIL. En effet, il a œuvré pendant douze ans en tant que Boat Captain puis Directeur Technique de navigateurs tels qu’Yves Le Blévec ou encore Thomas Ruyant, avec lequel il a collaboré pendant sept ans. De fait, on peut s’interroger… L’aspect technique aurait-il pris le dessus sur les ambitions sportives sur cette Transat Jacques Vabre ? Pour Damien, il s’agit avant tout de ne pas confondre vitesse et précipitation. « Il y a des manières très différentes d’envisager un co-skipper. Il y a le côté performance évidemment mais il y aussi tout ce qu’il va apporter au projet dans son ensemble. Et au milieu de tout ça, il y a encore plein d’autres façons de voir les choses. Moi, il fallait que je sois cohérent et honnête par rapport à l’objectif de refit du bateau, de la saison et fatalement aussi du Vendée Globe l’année prochaine. Je pense que c’est assez facile de se tromper car on peut se dire : « j’ai un bateau qui va être performant, je veux donc être performant et avoir du résultat très vite » mais en raisonnant ainsi on prend le risque de s’intéresser à des profils qui, vont – au final – ne pas correspondre à ce qu’il est possible de faire avec ce bateau, qui aura passé de longs mois en chantier. Il ne faut pas se précipiter. »

















