VOILE : Cap Optimist – Arrivée des 6 rameuses à Moorea
Elles l’ont fait ! Parties le 4 janvier du Pérou, les six sportives de l’expédition Cap Optimist ont achevé ce samedi à Moorea, en Polynésie française, leur traversée du Pacifique en prône paddle board.
Un exceptionnel défi sportif et solidaire de 8000 kilomètres à ramer uniquement à la force des bras, avec pour seul moteur la volonté de se battre pour l’association Hope Team East, engagée en faveur de la lutte contre le cancer.
À RETENIR :
Défi sportif et solidaire inédit : rallier Lima (Pérou), à Moorea, en Polynésie française, à la rame en prône paddle board qui entre aujourd’hui au Guinness World Records.
8000 kilomètres, en 80 jours (Route du Kon-Tiki), 4 heures de rame par personne chaque jour, soit un effort équivalent à environ un marathon quotidien.
6 athlètes de haut niveau – 6 femmes, toutes titrées en sauvetage côtier : Stéphanie Barneix, Alexandra Lux, Emmanuelle Bescheron, Itziar Abascal, Marie Goyeneche et Margot Calvet.
Une extraordinaire expédition sportive, jamais réalisée, au bénéfice de l’association Hope Team East, dont le projet consiste à accompagner à travers le sport, les enfants en traitement ou post-traitement contre le cancer.
Certains instants touchent au plus profond des âmes et des cœurs. Ce samedi 25 mars, sur la plage de sable blanc de Temae, beaucoup de pleurs, de cris, de sourires, de rires et des yeux remplis de jolies larmes venues se mêler aux eaux translucides du lagon polynésien. Accompagné par de nombreuses embarcations avec à bord la famille et les proches bien sûr, mais aussi les enfants des écoles de Teavaro de Moorea, des enfants malades et des femmes en rémission de cancer, l’équipage du bateau Noumène a enfin pu laisser exploser sa joie et libérer toutes ses émotions. Des émotions aussi intenses et extrêmes que leur défi.
Après trois mois de traversée du Pacifique en prône paddle board (planche conçue pour ramer et se déplacer en utilisant les bras, à plat ventre ou à genoux) entre Lima, au Pérou, et Moorea, en Polynésie française, soit 8000 km de rame non-stop, jours et nuits, à la seule force des bras, Stéphanie (Geyer Barneix), Alexandra (Lux), Emmanuelle (Bescheron), Itziar (Abascal), Marie (Goyeneche) et Margot (Calvet), les six rameuses du projet sportif et solidaire Cap Optimist ont conquis l’impossible. Après une première traversée entre Bordeaux et Biarritz en octobre 2021 (120 km en 4 jours) « pour se prouver qu’on est en vie », puis une deuxième entre Monaco et Athènes en juin 2022 (1800 km en 13 jours) « pour se dépasser », l’expédition entre le Pérou et Mooréa était une façon de prouver que « rien n’est impossible ». Objectif rempli et l’aboutissement de trois années de travail et de longs mois de préparation physique et mentale pour réussir ce pari fou. Un Everest gravi au milieu du Pacifique.
Durant cette traversée entamée le mercredi 4 janvier, les waterwomen, toutes titrées en compétitions internationales ont dû affronter des conditions de mer parfois très hostiles. 80 jour à lutter contre les fortes chaleurs, les tempêtes, les nuits écourtées, trois mois à repousser la douleur, trois mois à vivre éloignées des siens, trois mois à devoir partager un espace réduit de 11m2 sur le voilier d’assistance mais aussi trois mois à puiser l’énergie nécessaire à chaque effort dans la force du collectif, trois mois à partager tout le spectre des émotions, sans douter un instant qu’ensemble, tout devient possible.
« Chacun à bord puise dans ses motivations, ses qualités, ses ressources pour continuer d’avancer, expliquait Alexandra dans le journal de bord de l’expédition. Constamment, nous avons dû nous adapter, aux conditions de mer et de vent qui changeaient chaque jour, voire à chaque relais. Début mars, nous avons eu plusieurs jours avec une grosse houle de face ainsi que du vent contraire. Les relais ont été difficiles physiquement et moralement. Il a fallu être persévérantes, patientes et déterminées durant tout le temps nécessaire à l’aboutissement du projet. Se remettre en question, être patient, déterminé, avoir le goût de l’effort, du travail collectif, de l’humour, de la persévérance, sans tout cela, nous n’aurions pas pu réussir. »
CAP OPTIMIST entrera sans doute dans la grande Histoire du Pacifique, une histoire remplie d’expéditions hors norme qui vont bien au-delà de la dimension sportive. Parce que cette expédition avait une âme. Celle d’une cause, celle d’un combat, en faveur des programmes et actions menés pour les enfants et adolescents en cours et post-traitement de cancer, par l’association HOPE TEAM EAST, cofondée par Alexandra Amand Le Mouel, et Stéphanie Geyer Barneix, l’une des six rameuses, venue à bout de quatre cancers.
L’occasion aussi de transmettre un message clair pour les « super héros » qui se battent au quotidien contre la maladie, d’accompagner les familles et amis qui traversent ces épreuves douloureuses de la vie : « Croire en ses rêves, retrouver confiance en soi, en son corps et ses capacités, partager avec sa famille, ses amis, réduire les effets des traitements et retrouver une forme physique et mentale, c’est le combat, l’envie que nous souhaitons partager avec ces enfants, leur famille, leurs copains et tous les équipes médicales qui font un travail extraordinaire chaque jour avec eux.
On traverse chacun nos océans, cette traversée du Pacifique elle est pour vous, chers enfants, accrochez- vous, rêvez grand et dès notre retour, on vient relever avec vous, le défi de votre vie. » Dans la présentation de l’expédition, la petite Zoé délivre aussi son message : « Rêver permet d’exister, de vivre et d’avancer. Rêver donne des ailes et amène à se dépasser. Les rêves ça se partage. Les waterwomen rêvent pour nous, pour vous, pour elles. Nous avons tous des océans à traverser. Et c’est plus fort de le faire ensemble. » Stéphanie, Alexandra, Emmanuelle, Itziar, Marie, Margot et toute l’équipe de l’expédition Cap Optimist engagée autour des six rameuses viennent d’en apporter la plus belle des illustrations.
Stéphanie Barneix : « C’est l’aboutissement d’un fantastique projet de plusieurs années. Il y a eu des hauts et des bas mais nous avons réussi à créer un groupe qui a cru en nous. Le départ à Lima et l’arrivée à Moorea ont été des moments émouvants et impressionnants. Il y a eu des passes difficiles mais nous avons toujours trouvé des solutions pour avancer, grâce à la solidarité sur le bâteau. Nous sommes si contentes pour tous ceux qui ont œuvré au projet. C’est un mélange d’émotion, de satisfaction, et la fin de quelque chose. On va reprendre une vie normale, ce n’est pas évident mais on va se réadapter. »
Emmanuelle Bescheron : « Traverser un océan était un rêve et c’est extraordinaire que d’avoir pu participer à ce projet, qui nous trottait dans la tête depuis quelques années. Je suis devenue maman avant l’expédition, donc partir était aussi un challenge. Je suis heureuse de savoir que nous avons aussi été actrices du projet dans le programme d’accompagnement des Optimistes, la sensibilisation au sport-santé, le travail dans les hôpitaux… Ça a été très enrichissant pour nous. Le défi sportif était énorme car on a battu un record mondial. Je suis très fière d’avoir participé à cela, nous avons aidé à lever des fonds et l’association va maintenant continuer à œuvrer ! »
Alexandra Lux : « Nous avons été très bien préparées physiquement et mentalement pour tenir 90 jours, mais nous avons eu des conditions favorables et avons pu avancer rapidement. L’arrivée à Moorea était exceptionnelle, chargée en émotion. Ma famille m’a beaucoup manqué mais elle m’a donné de la force pour la traversée. Nous avons beaucoup pensé aux enfants et espérons leur avoir donné de l’espoir, l’envie de s’accrocher jusqu’au bout. »
Marie Goyeneche : « C’était une arrivée inespérée ! Nous savions que nous allions être bien accueillies par nos proches, mais c’était vraiment fabuleux et ça fait chaud au cœur. Il y avait avec nous le ‘mana’, cette énergie, ce pouvoir que la Polynésie peut apporter. J’ai participé à ce projet car cela me tenait à cœur, et quand on voit l’engouement des gens, ces personnes qui nous remercient… On se dit qu’on a apporté quelque chose à quelqu’un et c’est le plus beau. »
Itziar Abascal : « 80 jours sur l’océan, 8 000 kilomètres… Difficile de trouver les mots à chaud ! Il a fallu avoir le mental bien accroché car il y a eu des moments difficiles, le travail en équipe a été vital. Nous n’avons jamais baissé les bras, nous avons lutté tous les jours car les enfants se battent eux aussi tous les jours contre la maladie. L’aspect humain est le plus beau de ce projet et je suis fière de ce que nous avons fait. C’est une belle manière de mettre un terme à ma carrière de sportive de haut-niveau. » Margot Calvet : « Le travail de préparation de l’expédition a payé. Il a fallu aller au bout de nous-mêmes, parfois affronter nos peurs, et j’ai réussi à prendre du plaisir. Le silence, les ciels étoilés, les moments de confidence avec l’équipage… Je ressors du projet grandie. J’ai beaucoup appris aux côtés des filles, mais la plus belle récompense est d’avoir pu inspirer d’autres personnes. J’espère que les personnes qui se battent contre la maladie sont fières de nous, les Optimistes méritent cette traversée. »
Les prochains rendez-vous
Lundi 27 mars
École de Moorea – Rencontre et échanges avec des classes de l’école de Teavaro de Moorea et réalisation d’un défi sportif avec les enfants Puis échange avec Amazon Pacific (association de femmes en cours de traitement de cancer) Mardi 28 mars
Matin : École de Punaa’ia – Rencontre et échanges avec les enfants de l’école participant au programme « un défi dans mon école ». Échanges sur l’expédition et leur défi. 14h00 : Visite de l’institut du Cancer de Polynésie française (ICPF)
Créé en novembre 2021, l’ICPF est le 1er centre spécialisé en cancérologie de la Polynésie et un établissement membre affilié du GCS Unicancer qui rassemble tous les centres de lutte contre le cancer. Sa vocation est de faire progresser la lutte contre le cancer et de mettre à disposition des patients polynésiens les pratiques les plus récentes et les plus efficaces contre cette pathologie. 15h00 : inauguration du totem HOPE TEAM EAST, co-financé par le ministère de la santé et l’ICPF, au cœur du service pédiatrique du Centre Hospitalier de Polynésie française (CHPF), rencontre des équipes, point presse, échange avec des enfants et des patients. L’association HOPE TEAM EAST a pour objectif d’équiper 9 centres de soins et établissements de santé en totem sportif permettant de maintenir une activité physique adaptée à l’hôpital. Celui installé en présence de l’équipe de l’expédition Cap Optimist au service pédiatrique du Centre Hospitalier de Tahiti vient s’ajouter à ceux déjà mis en place au Centre Hospitalier de Pellegrin (à Bordeaux), au Centre Hospitalier de Bayonne avec l’association Hau Eri, et dans l’association Entre Parenthèses, à Mont-de-Marsan. D’autres sont en cours d’installation notamment au service pédiatrique du Centre hospitalier de Mont-de-Marsan ou en réflexion notamment à Marseille (association Sourire à la Vie), Toulouse (centre hospitalier) ou encore à l’hôpital Necker de Paris.
L’association accompagne également entre 10 et 15 enfants et adolescents, les « Super Optimist » pour les aider à réaliser leur défi comme par exemple un défi vélo, remonter à cheval, effectuer un raid en famille, etc.
CAP OPTIMIST est une expédition sportive mondiale et solidaire au profit de l’association HOPE TEAM EAST et plus particulièrement de son nouveau programme d’accompagnement au profit des enfants malades du cancer.
« Nous avons tous des océans à traverser, nous sommes plus fort ensemble » : les rencontres de l’association nourrissent les valeurs du collectif et la fierté d’être tous et toutes au coeur de la famille des OPTIMIST, malgré et avec la maladie.















