VOILE : Route du Rhum – Gwen CHAPALAIN dans le cycle du large
Après une entame de course pour le moins active lors de laquelle il a fallu multiplier les manœuvres jusqu’au passage de la pointe Bretagne hier en milieu de journée, Gwen Chapalain prend doucement mais sûrement le rythme de la course.
« On rentre dans le cycle du large. J’ai réussi à faire plusieurs siestes de vingt minutes la nuit dernière », a commenté le skipper du catamaran ORC50 Guyader – Savéol, parfaitement bien dans le match chez les Rhum Multi dans cette 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Pointé en 6e position ce matin, le navigateur a fait le choix, comme l’ensemble de ses concurrents, de rester en bordure du golfe de Gascogne pour bénéficier de conditions de vent et de mer raisonnables afin de préserver sa monture. Une option judicieuse et en adéquation avec ses objectifs. Reste qu’à bord, au près serré dans une quinzaine de nœuds de vent, la vie n’a rien d’un long fleuve tranquille.
Bien au contraire. « Avec la houle de face, c’est plutôt inconfortable. Les tiroirs de la cuisine dansent. Ces dernières heures, durant un temps, j’ai fait le choix de ralentir un peu pour préserver la machine. Lodigroup en a profité pour grappiller quelques milles. Actuellement, on longe la trajectoire des cargos. Il faut être vigilant et ne pas s’endormir profondément », a ajouté Gwen qui joue des coudes avec Loïc Escoffier et Gilles Buekenhout tandis qu’une soixantaine de milles plus au nord, Brieuc Maisonneuve garde, pour l’heure, l’avantage au classement grâce à son positionnement plus proche de la route directe (le pointage est établi par rapport à la distance au but).
« Je navigue à 100% de la polaire, sous trinquette de route et grand-voile haute, en bâbord amure. La météo reste complexe. C’est incroyable le terrain de jeu sur l’Atlantique pour la course mais il semble que l’on va avoir du mal à trouver l’autoroute du soleil cette fois. On risque de mettre un peu de temps pour rejoindre la Guadeloupe ! », a commenté le marin. De fait, les alizés ont décidé de se faire attendre et dès demain, un nouveau front va se présenter sur la route de Pointe-à-Pitre. « Il va falloir être prudent. En attendant, je savoure chaque instant. Le lever du soleil, ce matin, était magique et les nuits, c’est tout simpement fabuleux d’avoir la lune comme projecteur ! », a terminé Gwen Chapalain.
Des enchaînements costauds
Après avoir traversé un premier front, Gwen Chapalain et les autres marins toujours en lice dans la 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe en ce quatrième jour de course en ont essuyé un deuxième, hier, en fin de journée. A la clé : des rafales supérieures à 40 nœuds sur terrain de jeu cassant et désordonné, mais aussi et surtout des avaries majeures au sein de la flotte, avec notamment trois démâtages et un chavirage chez les IMOCA, Class40 et Ocean Fifty.
« La mer était hachée au couteau. Il fallait réussir à trouver le bon rythme de vitesse, tout en préservant le bateau. En prime, après le passage de cette perturbation, il a fallu manœuvrer sous la pluie. Je suis content d’être sorti sans encombre de cette phase délicate, mais je suis fatigué, trempé et frigorifié, même après une petite sieste, ce matin », a commenté le skipper du catamaran OCR50 Guyader-Savéol qui caracole, ce dimanche 13 novembre, en 6e position chez les Rhum Multi et évolue au près débridé dans un flux de secteur ouest nord-ouest soufflant à une quinzaine de nœuds, environ 270 milles au large des côtes portugaises. « Ça fait du bien de profiter d’un peu de répit après le passage animé de ces dernières heures, avec des grains violents et lors duquel j’ai passé en revue toute la garde-robe du bateau », a ajouté le Douarneniste qui n’a donc pas ménagé ses efforts et multiplié intensément les manœuvres depuis hier. « Je suis bien rincé et j’essaie de récupérer.
Le bateau est humide. Pas facile de se sécher ! Je n’ai pas quitté mes bottes et le ciré depuis le départ ! Vivement le portant ! »a terminé Gwen Chapalain. Pour cela, il va toutefois devoir être un peu patient parce que les dépressions continuent de se bousculer sur la route directe des Antilles et les alizés ne sont, pour l’heure, pas très bien établis.

















