INSTITUTIONNEL : Amélie Oudéa-Castéra, Ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques
Plan de sobriété énergétique du Sport présenté par Amélie OUDEA-CASTERA.
Face à l’accélération du changement climatique, que l’été 2022 a rendue tout particulièrement perceptible, et aux tensions internationales liées à la guerre en Ukraine, la montée en puissance de la transition énergétique de notre pays est un impératif. C’est la raison pour laquelle, le 14 juillet dernier, le Président de la République a annoncé la préparation d’un Plan de sobriété énergétique pour la France, en fixant un objectif aussi clair qu’ambitieux : réduire de 10 % la consommation d’énergie d’ici 2024 (par rapport à 2019) et de 40 % à horizon 2050. C’est pour atteindre cet objectif que la Première ministre, Elisabeth Borne, en lien avec la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a lancé 9 groupes de travail thématiques pour préparer des feuilles de route de sobriété énergétique dans chacun des secteurs identifiés.
Le sport compte parmi eux, ce qui traduit son importance dans cet engagement sociétal, ce dont nous pouvons être fiers. Si, à l’échelle du pays, le secteur sport représente moins de 1 % de la consommation énergétique totale, le poids économique et, peut-être plus encore, la visibilité médiatique et symbolique du secteur, lui confèrent une responsabilité toute particulière. Rappelons qu’en France, le secteur représente 78 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec 112 000 entreprises et 200 000 associations, qui regroupent près de 450 000 emplois. Conformément à la méthode énoncée par la Première ministre, j’ai souhaité que le ministère des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques initie une co-construction de ce plan de sobriété énergétique dans le sport, en mobilisant l’ensemble des parties prenantes, qui, comme nous, ont conscience de la nécessité des efforts à faire.
Les principaux acteurs et représentants du monde sportif dont les Fédérations, l’agence nationale du sport, les grands événements sportifs internationaux dont Paris 2024, le Comité paralympique sportif français, le Comité National Olympique et Sportif Français, les Ligues et clubs professionnels, les élus des collectivités, les DRAJES et un certain nombre d’acteurs économiques, ont ainsi été réunis au sein de cinq groupes de travail plus spécifiques, autour du sport professionnel (1), du sport amateur et du sport de haut-niveau (2), des diffuseurs TV (3), des piscines (4) et des grands évènements sportifs internationaux – sponsoring sportif – événementiel (5). Le 6 septembre dernier, j’avais inauguré un cycle d’ateliers intitulé « Impulsion politique et coordination stratégique » dont l’objectif est de se donner les moyens d’obtenir des avancées importantes sur la vision, la gouvernance et les enjeux de fond du sport français.
Le deuxième atelier, qui s’est tenu le 13 octobre 2022, a été consacré à la présentation de notre plan de sobriété énergétique pour le sport, afin que nous puissions partager l’avancement de nos projets et décider de leur opérationnalisation dans un calendrier précis. De nos échanges et des nombreuses contributions reçues de plus de 50 acteurs, représentant près de 300 000 structures, 290 propositions visant à réduire de 10 % la consommation d’énergie du secteur, conformément à l’objectif fixé par le Président de la République, ont été formulées. Afin, dans un premier temps, d’éviter des mesures subies cet hiver pour toutes et tous, et, plus largement, d’engager le monde du sport dans une vraie culture de la sobriété, 40 mesures ont été, à ce stade, priorisées dans notre plan de sobriété énergétique pour le sport. En tout état de cause, le réservoir d’idées partagé permettra d’alimenter dans le temps ce plan d’action.
Après cette phase de réflexion, nous allons donc pouvoir, collectivement, prendre nos responsabilités en plein alignement avec les collectivités qui, rappelons-le, sont propriétaires de 85 % des équipements sportifs en France, afin de remporter l’adhésion des pratiquants et des spectateurs, qui sauront accepter, j’en suis persuadée, des niveaux de conforts moindres, si nous attachons une attention particulière à communiquer avec eux sur la portée et l’équité de ces efforts.
Cet important travail de sensibilisation à l’égard de nos concitoyens sera aussi réalisé ainsi grâce au soutien du mouvement sportif et des loisirs sportifs marchands qui ont proposé de mettre à disposition leurs supports de communication pour la campagne gouvernementale sur les écogestes. Parmi les mesures très concrètes et opérationnelles qui vont être déployées, je pense notamment à la réduction de la température de chauffage d’au moins 2°C dans les gymnases et dans les salles privées de sport, ou encore à la réduction et l’optimisation de l’éclairage dans les équipements sportifs.
Le chauffage et l’éclairage constituent en effet les deux principaux postes de consommation énergétique dans le sport, pesant respectivement 43 % et 18 %. Ce plan s’adresse donc à tous ceux, acteurs du sport en France, qui souhaitent prendre activement leur part à cette démarche structurante pour l’avenir de la pratique sportive. En complément de celui-ci, le ministère des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques va porter des initiatives pour, très rapidement, aller « plus vite, plus haut, plus fort ensemble », sur les enjeux écologiques, notamment à travers la poursuite de nos engagements écoresponsables, qui font l’objet de la Charte que nous avons vocation à renforcer tout en accélérant son déploiement dans les semaines à venir. Avec le ministre de la Transition écologique et des Collectivités territoriales, Christophe Béchu, nous allons également engager un plan d’adaptation de la pratique sportive au réchauffement climatique, qui bénéficiera du concours d’experts scientifiques et viendra compléter notre plan de sobriété énergétique.
J’ai été heureuse lors de ce deuxième atelier d’« Impulsion politique et coordination stratégique » du 13 octobre 2022, de partager, avec près de 70 représentants du monde du sport, le lancement de ces deux nouvelles contributions actives à la transition écologique qui vont nous permettre de relever le défi climatique et s’inscrire parfaitement dans la planification écologique du Gouvernement. La dynamique de transition écologique du sport est par ailleurs déjà impulsée via les Jeux de Paris 2024, qui seront les plus écologiques de l’histoire et ce, à travers plusieurs facteurs, une division par deux des émissions de carbone par rapport aux précédentes éditions, l’action de la SOLIDEO sur le contenu CO² des sources d’énergie utilisées sur les 64 ouvrages olympiques et paralympiques pérennes qui seront livrés, ainsi que les investissements réalisés par Paris 2024 en faveur de projets à impact positif, en France comme à l’étranger.
Le monde du sport apporte chaque jour la preuve qu’il est capable de se transformer à partir d’un socle de valeurs très fort. Lorsqu’il s’est développé, au tournant du 19e siècle, le sport a été pleinement partie prenante de l’entrée de notre monde dans la modernité, comme un symbole d’éducation, d’émancipation et de progrès. Il montre aujourd’hui qu’il est capable de prendre toute sa part dans la réponse aux défis de ce siècle.

















