RALLYE-RAID : DAKAR 2021, Hubert AURIOL, l’Africain nous a quittés
Les informations concernant l’état de santé d’Hubert Auriol laissaient craindre la tragique nouvelle qui est parvenue aux organisateurs du Dakar durant la 7e étape.

L’ancien pilote a succombé à une maladie qui l’avait considérablement affaibli mais qui ne l’avait pas empêché de rendre une dernière visite à la communauté qu’il a nettement contribué à créer et à animer, l’année dernière à Ha’il pour la première édition en Arabie Saoudite. Bien avant cette nouvelle ère, c’est sur le continent africain qu’il était devenu l’un des personnages les plus emblématiques du rallye à l’époque des pionniers, remportant l’épreuve à moto en 1981 puis en 1983. Le natif d’Addis-Abeba avait rapidement hérité du surnom de « l’Africain », mais ce sont aussi ses duels épiques avec Cyril Neveu, en particulier celui de 1987 qu’il a perdu en se brisant les deux chevilles sur l’avant-dernière étape, qui ont bâti sa légende et celle du Dakar. Passé sur quatre roues, Auriol est ensuite devenu en 1992 le premier pilote à s’imposer dans deux catégories, associé au navigateur Philippe Monnet. Après sa dernière participation en 1994 (2e), le pilote a été appelé à prendre les commandes de la machine du Dakar tout entière, restant le patron du rallye jusqu’en 2003. Émue et attristée, l’organisation du Dakar présente ses condoléances à toute la famille et aux proches de celui qui fut un guide tout au long de l’histoire de l’épreuve, avec une pensée particulière pour ses filles Julie, Jenna et Leslie.
L’essentiel
Il ne voulait pas vraiment de cette victoire d’étape. Ricky Brabec a bien observé ce qui arrivait à ceux qui héritent de la responsabilité d’ouvrir la piste depuis le début du rallye, qu’il s’agisse de son coéquipier Joan Barreda ou de Toby Price. Pour autant, l’Américain a signé le meilleur temps du jour, mais la meilleure opération revient tout de même à Ignacio Cornejo, qui a pris les commandes du classement général avec une avance infime sur Toby Price et qui pourrait même mieux s’en sortir que Brabec dans la position d’éclaireur grâce à un sens aiguisé de la navigation. En quads, c’est sur un casse mécanique que Nicolas Cavigliasso a été contraint à l’abandon, laissant le fauteuil de leader à Manuel Andujar, qui compte désormais plus de 20 minutes d’avance sur Alexandre Giroud et Giovanni Enrico. De son côté, Yazeed Al Rajhi s’est parfaitement acquitté de son objectif de rallier Sakaka avec le meilleur temps, tandis que les deux leaders du classement général, Stéphane Peterhansel et Nasser Al Attiyah, se sont aussi souciés de préserver leurs véhicules en vue de la deuxième partie de l’étape marathon, pour laquelle le Qatarien aura le bénéfice de partir dans le rôle du chasseur avec 6 minutes de retard… il adore ! Chez les véhicules légers, la troisième victoire d’étape de « Chaleco » Lopez ne lui permet pas encore d’inquiéter le Polonais Aron Domzala, toujours en tête, mais simplement d’entamer une remontée au 4e rang, à 25 minutes. En camions, Dmitry Sotnikov a repris sa moisson d’étapes : la 4e de la quinzaine lui vaut maintenant une avance de plus de trois quarts d’heure sur son coéquipier Anton Shibalov au général.
La perf’ du jour
Six ans, c’est le temps que Yazeed Al Rajhi a dû attendre avant d’accéder à nouveau à la victoire d’étape… et quoi de mieux que de le faire à la maison ? Avant cette victoire au terme de la septième spéciale, le dernier succès du pilote Toyota remontait à 2015 au Chili à Iquique. En deuxième position derrière Stéphane Peterhansel peu avant la mi-parcours, le Saoudien a pris son mal en patience, attentif au moindre faux pas du Français, ce qui se produisit à moins de 100 km de l’arrivée. Totalement concentré sur la chasse aux spéciales depuis qu’il perdu ses espoirs de victoire en même temps que sa boite de vitesse sur une étape de la première semaine, il y a gros à parier que Yazeed n’attendra pas 2027 pour remporter sa prochaine spéciale.
Le coup dur du jour
Nicolas Cavigliasso avait clairement affiché ses intentions pour ce Dakar : « je cours pour gagner, je vais récupérer ma couronne ». Après avoir fait preuve de prudence au prologue, l’Argentin est monté en puissance pour renouer avec la victoire au terme de la troisième étape. Depuis, le vainqueur de l’édition 2019 n’avait jamais quitté le podium… jusqu’à aujourd’hui. Tombé en panne d’embrayage à moins de 100 km de l’arrivée de cette étape marathon alors qu’il occupait la cinquième position, Cavigliasso n’a pas tout de suite rendu les armes, attendant l’aide d’un concurrent derrière lui… en vain. Il s’est finalement résolu à l’abandon et a laissé sa place en tête du classement à un autre représentant argentin en la personne de Manuel Andujar.
La stat’ du jour : 1’’
Après exactement 2 741,69 km parcourus depuis le départ du prologue de Jeddah, Ignacio Cornejo a pris la tête du classement général avec une seconde d’avance sur Toby Price. Au-delà des deux leaders de la course, le Top 5 de la discipline est extrêmement serré, puisque Kevin Benavides pointe à 7’49’’, ce qui lui laisse encore la possibilité de jouer la gagne. À titre de comparaison, le 5e chez les autos, « Nani » Roma, est chronométré à 1h59’’ de Stéphane Peterhansel.
Sur un air de Classic
À l’occasion de la journée de repos, les 23 véhicules engagés dans la catégorie, tous encore en course, ont été rassemblés pour une photo de famille.
La réaction du jour
Stéphane Peterhansel : « On n’a pas saisi l’opportunité »
Toujours leader du classement général, « Peter » accroît même légèrement son avantage sur Nasser Al Attiyah, mais aurait pu réaliser une plus belle opération. « À 40 km de l’arrivée, j’ai tapé une pierre et ça a cassé la jante. On a mis longtemps pour changer la roue, c’était un peu la galère. C’est dommage parce qu’on était pas trop mal sur les intermédiaires et il y avait un peu de temps à reprendre aujourd’hui mais on n’a pas saisi l’opportunité ».

















