VOILE : Pierre LEBOUCHER, 7ème de la Solitaire du Figaro
Attendue par certains, redoutée par d’autres, la quatrième et dernière étape de la Solitaire du Figaro a finalement été annulée, hier soir, en raison de l’absence totale de vent sur le plan d’eau de Saint-Nazaire.
Une petite déception pour Pierre Leboucher qui espérait profiter de ce dernier round pour tenter de se hisser dans le Top 5, voire sur le podium. Reste que le skipper de GUYOT environnement, déjà 9e de l’épreuve l’an passé, signe une nouvelle place dans le Top 10 cette année en terminant 7e. Une performance satisfaisante qui vient confirmer que le Nantais, présent sur le circuit pour la quatrième année, ne cesse d’élever son niveau de jeu et fait, à présent, incontestablement partie des gros bras du circuit.
« Je sais que tout va être possible. Ça va brasser mais le Top 5 comme le podium sont jouables ! », annonçait Pierre Leboucher hier après-midi, quelques heures avant le départ supposé de la quatrième et ultime manche de cette 51e édition de la Solitaire du Figaro. S’il attendait beaucoup de ce dernier acte, le skipper de GUYOT environnement n’aura finalement pas eu l’occasion d’en découdre et, par ricochet, d’espérer grappiller quelques places au classement général. « J’aurais aimé que ça parte. C’est évidemment un peu frustrant de finir de cette manière. Ça fait même un peu bizarre mais c’est comme ça. C’est rare en course au large, mais c’est plus courant en voile olympique où on ne régate que dans des conditions disons praticables. J’espérais faire mieux que 7e même si les conditions aléatoires annoncées sur les 83 milles du parcours pouvaient aussi me faire perdre des places. C’est juste que c’est un peu rageant de ne pas avoir pu au moins tenter », détaille le double vice-champion du Monde de 470, malgré tout satisfait de son résultat sur une Solitaire particulièrement riche en suspense et exigeante cette année.
Une édition qui restera dans les annales
« On a fait trois belles étapes. Trois manches pleines de rebondissements, avec une météo très variée, des vrais choix stratégiques à faire, une multitude de changements de leaders mais aussi quelques phases de loterie. J’ai régulièrement navigué aux avant-postes, je sais que j’avais les moyens de faire mieux que cette 7e place mais je sais aussi que vu le scénario de cette 51e édition, tout pouvait se passer. On l’a d’ailleurs bien vu avec des gens comme Sam Goodchild ou Xavier Macaire qui ont dominé la course mais qui se sont finalement plantés sur un coup de malchance », rappelle le Nantais qui signe donc une deuxième place consécutive dans le Top 10 après sa 9e place l’an dernier, juste devant un certain Armel Le Cléac’h, grand vainqueur cette année.
Un regret : ce fameux coup au sud de Belle-Ile
« Armel s’est montré solide. Il a navigué proprement, fait de jolis coups et même quand il était en difficulté, il est parvenu à revenir. C’est un grand marin, y’à rien à dire là dessus. Pour ma part, je suis globalement content parce que contrairement à l’année dernière où j’avais encore des trous de vitesse, là, j’étais polyvalent, ce qui m’a permis de jouer tout le temps devant. En réalité, c’est plutôt sur des coups stratégiques que je me suis planté mais j’ai toujours réussi à remonter des places. Je termine avec un seul regret : celui de ne pas avoir fait ce gros coup au sud de Belle-Ile dans la troisième étape. J’ai hésité, je me suis positionné pour mais j’ai eu les chocottes. Il a pourtant été gagnant comme on l’a vu avec Fred Duthil. Ma Solitaire s’est un peu jouée à ce moment-là, mais c’est comme ça qu’on apprend et qu’on avance », détaille Pierre, par ailleurs très touché du soutien indéfectible de l’ensemble de ses partenaires, à commencer par GUYOT environnement. « C’est génial de se sentir aussi soutenu ! Je me souviendrai toujours de leur visite au large de Ouessant sur la troisième étape. Nous avons tissé une belle relation de confiance, ça fait vraiment plaisir », note le navigateur.
Un plaisir partagé
Un avis partagé par Erwan Guyot, co-directeur de GUYOT environnement : « Nous avons beaucoup de plaisir à accompagner Pierre et c’est pour cette raison que nous avons annoncé avant même le début de cette Solitaire du Figaro, notre engagement à ses côtés pour une année de plus, en 2021. Nous sommes très contents de ce qu’il a produit sur la course ces trois dernières semaines. Il a toujours été dans le coup, notamment sur les deux premières étapes. La troisième s’est davantage jouée à la loterie mais lors de cette dernière, nous sommes allés à sa rencontre au large d’Ouessant où nous l’avons trouvé tout seul dans le brouillard. Ça a été un joli moment partagé et nous savions qu’il avait une carte à jouer. Au final, Armel s’impose mais de grands marins, comme Yann Eliès, terminent derrière lui. Nous avons envie qu’il continue de progresser et nous voyons qu’il travaille énormément, c’est ce qui nous plait »















