RALLYE : DAKAR 2020, la pression monte d’un cran
Le compte à rebours jusqu’à la grande bataille des pistes se poursuit et les acteurs majeurs attendus durant les deux semaines de course ont dans un premier temps fait leur apparition devant les caméras et les objectifs.
Dans la foulée des formalités auxquelles se sont prêtés les pilotes et équipages dans les installations du stade du Roi Abdallah, c’est dans le centre-ville de Jeddah que les favoris de l’épreuve ont été réunis pour une conférence de presse.
En fin de journée, la famille du Dakar au complet a été rassemblée pour le traditionnel briefing de départ, où sont adressées les dernières consignes aux concurrents.
QUAND LES CHAMPIONS S’ÉCHAUFFENT…
La double estrade dressée dans l’un des grands salons de l’hôtel Hilton de Jeddah valait son pesant de champions ! Les quatre tenants du titre, Toby Price en moto, Nasser Al Attiyah en auto, Eduard Nikolaev en camion et Francisco « Chaleco » Lopez en SSV, accompagnés entre autres de Stéphane Peterhansel, Nani Roma, Carlos Sainz, représentant au total 27 trophées, ont pu exprimer leur sentiment sur le qui les attend en Arabie Saoudite, avec une excitation unanime quant à la découverte d’un nouveau désert.
Venu en voisin, le pilote qatarien se réjouit de voir le Dakar s’installer au Moyen-Orient : « lorsque j’ai commencé à venir sur le rallye il y a une quinzaine d’années, je n’aurais même pas pu rêver que je me retrouverais ici, en tant que tenant du titre et même de favori ».
Ce statut, le pilote saoudien Yazeed Al Rajhi, 6e l’an dernier, a fait savoir qu’il entendait bien le contester à son coéquipier chez Toyota : « on vient pour gagner ou rien », a-t-il déclaré sur le ton de l’amusante provocation. Les échanges d’amabilités ont aussi animé le clan espagnol.
Carlos Sainz ayant affirmé qui se sentait « toujours aussi passionné et toujours aussi compétitif », le double champion du monde de F1 Fernando Alonso, le rookie le plus attendu du rallye, a gentiment rappelé à son compatriote « qu’après avoir couru contre Carlos Sainz Jr, je vais maintenant me retrouver face à Carlos Sainz Sr ! ». A partir de dimanche, ce sera bien sur la piste que se poursuivront les débats.
RICKY BRABEC : « MAINTENANT, L’OBJECTIF C’EST DE FINIR »
L’écurie Honda se présente une nouvelle fois comme une rivale susceptible de mettre fin à la domination de KTM sur le Dakar. L’année dernière, Ricky Brabec avait surgi comme un prétendant crédible, occupant plusieurs jours et se projetant même vers un destin de premier vainqueur américain du rallye… avant son abandon dans la 8e étape.
Remis de sa frustration, le pilote a adopté un coupe de cheveux conquérante avant d’enfiler son casque, mais reste maintenant mesuré quant à ses ambitions : « ça m’a pris un peu de temps de me remettre mentalement de cet échec, mais je suis de retour et si possible pour batailler jusqu’à la fin pour une belle place. J’étais en position de devenir le premier vainqueur américain, et ce sera mon but tant que je ne l’aurai pas fait… mais maintenant l’objectif c’est de finir. Piloter une moto, c’est toujours du plaisir, alors je ne peux pas dire que ce soit dur. Pourtant cette fois les étapes seront longues, on ne connait pas le pays. Il faudra s’adapter, et pourquoi pas terminer au sommet ».
DAVID CASTERA : « VOUS DEVREZ VOUS POSER LES BONNES QUESTIONS »
Il n’y a qu’une seule occasion de réunir tous les pilotes et copilotes du Dakar, sachant que la première étape connaît aussi systématiquement les premiers abandons. Il s’agit du briefing général au cours duquel le directeur du Dakar donne ses dernières consignes aux concurrents. David Castera s’est donc tenu à l’exercice, après avoir donné la parole au plus jeune compétiteur, le Néerlandais Mitchell Van den Brink (17 ans, copilote en camion), entouré cette fois-ci du plus ancien, Jean-Pierre Strugo et de Carlos Sainz, pour la lecture de la charte de bonne conduite qui engage toute la caravane. Soucieux de préserver les valeurs du rallye raid, Castera a apporté des modifications réglementaires réaffirmant que les critères d’excellence sur le Dakar restent « la vitesse, l’endurance, la navigation ».
Les reconnaissances effectuées et les choix de parcours pris pour la 42e édition promettent une course particulièrement exigeante dans ce dernier domaine : « nous n’avons pas cherché à vous piéger mais il y a en Arabie Saoudite des milliers de pistes et donc de croisements. Vous devrez vous poser les bonnes questions ». Chacun est maintenant prévenu.
PLAZA, PÈRE ET FILLE : LE DAKAR DÈS LE BIBERON !
Le Dakar, c’est une histoire de famille chez les Plaza. Manuel a disputé son premier Dakar en 1996 alors qu’il était le tout jeune papa de Monica, née quelques mois avant. Quelques années plus loin, le pilote de Cuenca qui avait déjà contracté le virus du Dakar se trouvait en Mauritanie lorsque la petite sœur, Marta, est venue au monde. Ce n’est probablement pas un hasard si les deux enfants devenues maintenant des jeunes femmes sont toutes les deux investies entre autres activités dans le pilotage/copilotage de véhicules tout terrain.
Lorsque le père a décidé de faire son retour après 12 ans d’absence en apprenant la nouvelle destination du Dakar, c’est logiquement vers Monica qu’il s’est tourné pour lui demander de l’accompagner : « c’est très émouvant pour moi de revenir ici après avoir mis cette parenthèse, spécialement en étant accompagné de ma fille. Je suis dans le même état que si c’était la première fois ».
Tout aussi enthousiaste, la plus jeune concurrente de la catégorie autos se rappelle avoir baigné dans l’ambiance de la compétition automobile depuis ses plus jeunes années : « je regardais toujours le Dakar à la télé pour essayer de voir mon père. Bien plus tard, il y a 5 ans, j’ai fait ma première course en tant que copilote et j’étais terrorisée parce que je ne connaissais absolument rien aux road-books et à la navigation. Maintenant, j’ai davantage d’expérience mais je reste anxieuse parce que c’est le Dakar ».

















