VOILE : Nico d’ESTAIS et Café Joyeux abordent la dernière ligne droite avant le Rhum
Depuis le Défi Azimut, les semaines se sont enchaînées à un rythme soutenu pour Nico d’Estais et l’équipe de l’IMOCA Café Joyeux : navigations partenaires, entraînement en faux-solo, derniers travaux à bord, puis convoyage vers Saint-Malo.
Désormais au cœur de l’effervescence du village, le skipper et son équipe partagent leur temps entre les retrouvailles avec les équipiers Joyeux, les rencontres avec le public et les rendez-vous médias et partenaires. Avec un enjeu : préserver l’énergie du skipper avant le départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le 1er novembre.
Entre Lorient et Saint-Malo
Depuis le Défi Azimut, le rythme a été intense pour l’équipe de l’IMOCA Café Joyeux. À terre, les techniciens ont poursuivi la mise en place du nouveau jeu de voiles et avancé sur la longue liste des travaux à finaliser avant le départ vers la cite corsaire. Pour leur laisser le bateau disponible en journée, Nico a privilégié les entrainements nocturnes et profité de chaque navigation partenaire pour améliorer le moindre réglage.
Parmi les invités accueillis à bord en octobre, des salariés des magasins Castorama de Saint-Nazaire, Vannes et Quimper ont retrouvé l’IMOCA après avoir participé au chantier solidaire de l’hiver. Cette fois, ils ont pu le découvrir en navigation et prendre la barre.
« Pour moi, ces journées sont une bouffée d’oxygène. À la fin de chaque navigation, les invités repartent avec le sourire jusqu’aux oreilles. Nous avons vraiment partagé quelque chose, et cela contribue à construire des partenariats solides. Leur émerveillement me rappelle aussi que ce que je fais est exceptionnel et je mesure ma chance ».
Malgré cet agenda chargé, Nico s’est aussi accordé une bouffée d’air dans le Jura en participant à l’UTMJ. « L’ultra-trail me permet d’abord de m’oxygéner la tête. C’est aussi un exercice qui fait énormément travailler le mental ». Puis le convoyage vers Saint-Malo a permis d’effectuer les derniers tests en situation tout en partageant un moment familial en invitant son père à bord de l’IMOCA Café Joyeux.
La vague jaune gagne Saint-Malo
Après Le Havre et Les Sables-d’Olonne, la marée jaune de Café Joyeux gagne Saint-Malo. Juste derrière le ponton où l’IMOCA est amarré, le stand des cafés-restaurants vit au rythme de la musique, des échanges avec les visiteurs et de l’enthousiasme des équipes. Les équipiers Joyeux y apportent leur joie de vivre et une énergie communicative. Entre deux visites du bateau, Nico vient les retrouver et puiser dans ces moments partagés un élan précieux avant le départ.
« Je ne peux pas entrer sur le stand sans entendre : “Coucou Nico !” Je retrouve des équipiers que je connais déjà et j’en rencontre d’autres. Ils sont très bienveillants et me donnent énormément de messages de soutien ».
Ces retrouvailles racontent aussi le chemin parcouru depuis 2022. Nico et Café Joyeux s’étaient alors rencontrés deux mois seulement avant le départ, pour un partenariat limité à cette première Route du Rhum. Quatre ans plus tard, l’aventure se poursuit et les liens se sont renforcés. « Je connais désormais la plupart des personnes de Café Joyeux qui viennent sur le stand. Je commence à faire partie des anciens, presque des meubles ! ».
Samedi, cette ferveur accompagnera Nico jusqu’à la sortie des écluses. Présents pour saluer leur skipper avant qu’il ne rejoigne le large, les équipiers Joyeux, réunis dans leurs vestes jaunes, formeront une vague de soutien sur les quais. Une dernière image collective avant la traversée en solitaire.
Une vague jaune dont la présence sur la Route du Rhum repose sur un partenariat de valeur : les partenaires financent le projet sportif et offrent à Café Joyeux la visibilité du bateau, qui porte son nom et ses couleurs. Parmi les principaux soutiens, les trois marques ibis et Nestlé contribuent ainsi à faire connaître l’engagement de Café Joyeux pour l’inclusion par le travail des personnes en situation de handicap mental et cognitif.
Une équipe pour aborder le départ plus sereinement
Remercier les partenaires, échanger avec les équipiers joyeux, faire visiter le bateau : Nico tient à consacrer du temps à ceux qui rendent cette aventure possible. Mais il doit aussi préserver ses forces. Pour trouver cet équilibre, il s’appuie sur une équipe qui a gagné en autonomie et prend en charge une grande partie des préparatifs : contrôle de sécurité, ravitaillement, organisation des visites ou encore réamarrage du bateau lorsque la météo l’impose. Cette confiance change concrètement sa manière d’aborder le départ.
« En 2022, j’étais en première ligne sur tous les sujets. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir trois ou quatre boucliers entre moi et les sollicitations qui arrivent. Je peux complètement me reposer sur l’équipe. Pour beaucoup de personnes présentes à Saint-Malo, le 1er novembre marque la fin de l’événement. Pour moi, c’est le début. Mon rôle est donc d’arriver au départ avec les batteries complètement rechargées, prêt à être performant ».
Du Class40 à l’IMOCA : un deuxième Rhum et de nouvelles ambitions
Pour sa deuxième participation, Nico aborde la Route du Rhum avec des repères plus solides. De sa découverte en Class40 en 2022, il a retenu l’exigence des premiers jours et s’est préparé à la possibilité d’enchaîner plusieurs fronts météorologiques. Reste un nouveau défi : mener seul un IMOCA, un monocoque de 60 pieds, jusqu’en Guadeloupe. Une perspective qui conserve sa part d’appréhension, mais qu’il aborde avec la confiance acquise au fil des milles parcourus à bord de Café Joyeux depuis 2025.
« Cela fait plus d’un an que je navigue dessus et que je le prépare. Nous l’avons entièrement démonté cet hiver : nous le connaissons bien et j’ai confiance dans mon outil de travail. Je pense que c’est une force ».
Face à un plateau d’IMOCA à dérives plus fourni que lors de ses précédentes courses, cette Route du Rhum lui permettra de se mesurer à davantage de concurrents directs.
Nico entend tirer parti de son expérience à bord, affiner ses réglages et exploiter pleinement son bateau :
« L’objectif est d’être le premier bateau à dérives, mais pas seulement : je pense aussi pouvoir essayer de laisser quelques bateaux à foils derrière moi ».
Avant le classement, il se fixe un premier engagement : tout mettre en œuvre pour rejoindre la Guadeloupe. « Je dois aux équipiers joyeux et à nos partenaires de tout faire pour rejoindre l’autre côté de l’Atlantique. Tant que je n’aurai pas épuisé tous les recours pour arriver au bout, je n’abandonnerai pas ».
Dans le cockpit, les prénoms des 230 équipiers joyeux qui travaillent dans les cafés-restaurants sont réunis sur un grand sticker. À quelques jours de retrouver la solitude du large, Nico sait déjà qu’il pourra compter sur leur soutien. « Ce sont eux que j’emmène avec moi sur le bateau. Ils vont m’accompagner jusqu’au bout. Leurs messages me donnent énormément d’énergie ».

















