EQUITATION : Octobre Rose – L’équitation, une alliée pour la santé avant, pendant et après la maladie
À l’occasion d’Octobre Rose, la Fédération Française d’Équitation (FFE) poursuit son engagement et rappelle les bienfaits de l’activité physique dans la prévention du cancer du sein et l’accompagnement des personnes touchées par la maladie.
Au contact du cheval, équitation et médiation équine associent mouvement, bien-être, confiance en soi et lien social. De la découverte de la médiation équine à Romorantin-Lanthenay (41) au programme d’accompagnement déployé dans le Grand Est, les initiatives menées avec la Ligue contre le cancer illustrent la mobilisation de la FFE et de son réseau pour confirmer la place du cheval et des activités équestres dans les parcours de santé.
L’activité physique, un atout majeur face au cancer du sein
Lorsque le cancer entre soudainement dans la vie, il ébranle les certitudes, bouleverse le rapport au corps, à soi, aux autres, à sa famille, au travail, et transforme le quotidien des femmes concernées. Sans être forcément le premier réflexe, l’activité physique constitue un véritable atout à chaque étape du parcours de santé.
En prévention primaire, elle contribue à réduire le risque de développer la maladie, notamment lorsqu’elle est pratiquée régulièrement. En prévention secondaire, lorsque la maladie est déclarée, une activité physique adaptée aide à limiter la fatigue, à préserver les capacités physiques, à améliorer la qualité de vie pendant les traitements. L’activité physique, après la maladie, soit en prévention tertiaire, favorise la récupération, peut contribuer à améliorer le pronostic et éviter les rechutes.
Une méta-analyse portant sur six études et plus de 12 000 patientes a notamment mis en évidence un lien entre activité physique après un diagnostic de cancer du sein, et un risque de récidive inférieur de 24%, un risque de décès lié au cancer du sein inférieur de 34% et une mortalité globale inférieure de 41%*. Ces résultats observationnels ne démontrent pas à eux seuls un lien de causalité, mais soulignent l’intérêt de rester actif. Le Pr François Carré, cardiologue et spécialiste de la médecine du sport, confirme également le rôle essentiel de l’activité physique dans la prévention du cancer et le parcours de soins.
* (Source : Ibrahim E. M. et Al-Homaidh A., Physical activity and survival after breast cancer diagnosis: meta-analysis of published studies, Breast Cancer Research and Treatment, 2011)
Au contact du cheval, retrouver le plaisir de bouger et de prendre soin de soi
L’équitation et la médiation équine offrent différentes possibilités de renouer avec une activité physique, selon les capacités, les besoins et les envies de chacun. Monter à cheval sollicite l’équilibre, la coordination et la posture, tandis que les activités autour du cheval permettent de se remettre en mouvement sans nécessairement monter. Les 36 disciplines équestres, dont certaines se pratiquent entièrement à pied, offrent de nombreuses façons d’interagir avec le cheval. Approcher un équidé, le brosser, marcher à ses côtés ou le guider sont autant d’occasions de mobiliser son corps en douceur, à son rythme, sans recherche de performance. Des activités qui peuvent être adaptées à l’état de santé et à la fatigue des personnes accompagnées, en lien avec les recommandations des professionnels de santé. Depuis 2023, l’équitation a d’ailleurs intégré le MÉDICOSPORT-SANTÉ©, ou Vidal du sport, véritable dictionnaire présentant l’ensemble des disciplines sportives offrant une déclinaison « santé ».
Les bienfaits du contact avec le cheval dépassent la dimension physique. Par sa présence, sa sensibilité et les interactions qu’il suscite, le cheval offre un autre espace de relation, sans jugement ni attente de performance. Prendre soin de lui, établir un lien de confiance et partager des moments à ses côtés peuvent aider les femmes à renouer progressivement avec leur sensorialité et à retrouver le plaisir dans la relation et le mouvement.
En parallèle du cadre médical, ces séances constituent également une parenthèse dans un quotidien souvent rythmé par les traitements et les rendez-vous de soins. Elles permettent de se recentrer sur soi et, lorsqu’elles sont proposées en groupe, de créer du lien avec d’autres participantes. Des moments qui permettent de laisser la maladie de côté et de vivre pleinement l’instant présent avec le partenaire cheval.
La FFE mobilise son réseau pour développer des projets de sport-santé
En s’appuyant sur son réseau territorial, sur des partenariats et collaborations avec les ligues contre le cancer notamment la Ligue de Haute-Garonne (31) et celle de Loir-et-Cher (41), la FFE favorise le développement de projets associant activité physique, médiation équine et accompagnement des personnes malades et leurs aidants. Aux côtés des professionnels de santé et des associations de patients, les Comités régionaux et départementaux d’équitation ainsi que les établissements équestres contribuent à proposer des activités adaptées aux capacités et aux besoins des participantes, pendant ou après les traitements.
Cette mobilisation vise à faciliter l’accès aux activités équestres pour des femmes qui n’auraient pas spontanément envisagé de franchir les portes d’un centre équestre. Elle consiste notamment à sensibiliser les professionnels équestres aux besoins spécifiques des personnes accueillies et à développer des partenariats pour leur proposer des activités adaptées, dans un cadre bienveillant et sans objectif de performance.
À travers l’appel à projets FFE Territoires, la Fédération soutient également des initiatives locales qui associent découverte du cheval, accompagnement des patientes et reprise d’une activité physique. L’objectif est de favoriser l’émergence de dispositifs durables, susceptibles d’être reproduits dans d’autres régions, et de permettre aux participantes de poursuivre une pratique régulière au sein des clubs, au-delà des premières séances de découverte.
De Romorantin-Lanthenay en Centre-Val de Loire au Grand Est, des initiatives concrètes pour accompagner les personnes touchées par le cancer
Au poney-club de Romorantin-Lanthenay, en Loir-et-Cher, la FFE a organisé une matinée de médiation équine en collaboration avec la Ligue contre le cancer 41. Cette rencontre a permis aux participants de découvrir les bienfaits du contact avec les poneys et les chevaux dans un cadre différent de celui des soins. À travers les interactions avec l’animal, la séance a offert un moment de détente et de partage, favorisant le lien social et ouvrant le champ des possibles. Une expérience qui illustre comment les établissements équestres peuvent contribuer à l’accompagnement des personnes touchées par le cancer, en leur proposant une parenthèse dans le quotidien de la maladie.
Dans le Grand Est, le programme « Se reconstruire après un cancer du sein » propose un accompagnement dans la durée. Déployé dans le cadre de l’appel à projets FFE Territoires, il est porté par le Comité régional d’équitation (CRE) Grand Est et plusieurs Comités départementaux d’équitation (CDE), en partenariat avec la Ligue contre le cancer et la FFE. Destiné aux femmes et aux hommes touchés par le cancer du sein, ainsi qu’à leurs proches et aidants, il associe découverte du cheval, activité physique adaptée et moments de partage. Lancé le 10 octobre 2026 dans le cadre d’Octobre Rose, le dispositif mobilise 19 clubs équestres et se poursuivra jusqu’en 2027.
Le programme débute par des demi-journées de découverte et d’initiation au contact du cheval, ouvertes aux personnes malades et à leurs proches aidants. Les CDE des Ardennes, de l’Aube, de la Marne, de la Haute-Marne, de la Meurthe-et-Moselle, de Moselle, du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et des Vosges organisent notamment des après-midis mères-enfants, pour favoriser les moments de complicité familiale.
À l’issue de cette première découverte, les clubs partenaires proposent jusqu’à neuf séances d’équitation adaptées, dont six prises en charge par le CRE et trois par les CDE. L’objectif est de permettre aux participants de reprendre progressivement une activité physique, et, s’ils le souhaitent, de poursuivre ensuite une pratique régulière au sein des clubs, tout en favorisant leur bien-être et le maintien du lien social.

















