TRAIL : Mile & Stone – Un risque de surenchère ?
Après François D’Haene en juillet, Aurélien Dunand-Pallaz a battu fin septembre le record du GR20.
Un projet construit de longue date avec ses partenaires, qui illustre bien comment de plus en plus d’athlètes font des FKT (Fastest Known Times) des objectifs à part entière, et non plus secondaires au cœur de saisons rythmées par les courses. Mile & Stone décrypte cette tendance.
Autant de projets centrés sur des FKTs (Fastest Known Times) – du nom du site américain qui fixe les règles, procède à l’homologation et catalogue les records selon le degré d’assistance – de plus en plus prisées par certains athlètes. « Ce que j’aime sur un record, c’est que ça me permet de construire mon histoire avec un itinéraire et un territoire qui me tiennent à cœur« , explique la Franco-Américaine Hillary Gerardi, qui a échoué début septembre à battre le record du GR20 d’Anne-Lise Rousset-Séguret.
Détentrice de plusieurs records, l’athlète de la vallée de Chamonix plaide cependant pour une clarification. « Les FKTs ne devraient avoir lieu que sur des itinéraires possibles à répéter et qui possèdent un véritable intérêt. C’est chouette de se challenger sur sa colline mais est-ce que ça mérite un éclairage médiatique ? Aurélien (Dunand-Pallaz), lui, mérite le buzz. Il a réalisé un exploit énorme sur un parcours emblématique. En plus du sportif, il a su activer la machine médiatique ».
« Avec Lucille (sa compagne), on a vécu une aventure intense, la plus forte de ma vie », confie quant à lui Aurélien Sanchez, à propos de son record du Pacific Crest Trail, battu un mois plus tard par l’Américain Nick Fowler (qui plus est sans assistance). Imprégné de la culture des FKTs depuis ses débuts, l’unique finisher français de la Barkley, qui avait construit un gros projet en sollicitant des sponsors (dont son équipementier Cimalp) pour un budget autour de 20 000 euros, s’interroge aussi, appelant à un retour vers plus de simplicité :
« Les FKTs, c’est trop bien, mais j’ai peur qu’on s’y perde et que chacun organise sa propre course. Moi-même, j’ai des choses à remettre en question. J’ai parfois joué la facilité lorsque Lucille a porté mon sac. Si c’était à refaire, je ne me l’autoriserais pas ».
Et l’ultra-traileur de 35 ans d’ajouter :
« Le risque, c’est de tomber dans une surenchère en matière d’assistance. A la base, les FKTs sont des aventures. J’ai envie de contribuer à faire machine arrière. J’ai d’ailleurs envoyé un mail à FKT pour leur demander de réglementer l’assistance. Ils m’ont répondu que c’était compliqué. Lors de mon prochain FKT, je mettrai moi-même des règles en place« .
Quant à Aurélien Dunand-Pallaz, il va revenir en 2027 à un programme plus classique :
« J’aime les FKT mais le GR20 était mon projet personnel ultime dans le domaine. Aucun autre sentier ne me fera autant vibrer ».
SOURCE : Mile & Stone N°84.

















