TRAIL : KIPNGENO prolonge sa domination asiatique et GITONGA s’offre un premier succès sur la Grande muraille de Chine
La Jinshanling Great Wall Trail Race, la course de la Grande Muraille de Chine, septième et dernière étape des Golden Trail World Series (GTWS) avant la Grande Finale du Muju Trail (Corée du Sud), a confirmé une fois de plus l’idylle asiatique de Patrick Kipngeno (Run2Gether On Trail).
Le Kényan s’est imposé pour la sixième fois en autant de courses des GTWS disputées en Asie, tandis que sa compatriote Ruth Gitonga (Run2Gether On Trail) a ouvert son palmarès sur le circuit. Tous deux ont fait preuve de patience, avant de passer à l’offensive dans les derniers kilomètres et de faire la différence dans le final.
Chez les hommes, Philemon Kiriago (Run2Gether On Trail) a pris la deuxième place et conforté son avance en tête du classement général, grâce notamment aux précieux points récoltés sur les segments. Joey Hadorn (Salomon) a complété le podium après avoir joué les premiers rôles pendant une grande partie de la course, prenant notamment les commandes lors du passage sur la Grande Muraille.

Chez les femmes, Hanna Groeber (IRCZRH) a pris la deuxième place après avoir mené la course dès les premiers kilomètres. Une chute dans la seconde moitié du parcours a compromis ses chances dans le final et permis à Gitonga de revenir avant de s’emparer de la tête de la course. Caroline Kimutai (Salomon) a complété le podium et se rapproche de la tête du classement général.
KIPNGENO POURSUIT SON SANS-FAUTE ASIATIQUE À JINSHANLING
À Jinshanling, au cœur des monts Yan, à un peu plus de deux heures de Pékin, se trouve l’une des sections les plus spectaculaires et les mieux préservées de la Grande Muraille de Chine. C’est dans ce décor exceptionnel que débute un parcours en boucle mêlant les exigeants escaliers historiques de la Muraille à une seconde moitié de course rythmée par une succession incessante de montées et de descentes sur un terrain sec, sablonneux et technique. Sans ascension majeure pour faire à elle seule la différence, le tracé impose un effort constant sur 24 kilomètres et 1.889 mètres de dénivelé positif, avec très peu de répit.
Le segment de montée (1,1 km à 16,6 %) marquait l’entrée sur la Grande Muraille et le début de l’une des portions les plus spectaculaires du parcours. Philemon Kiriago s’y est montré le plus rapide en 8:08, empochant au passage 10 précieux points supplémentaires pour le classement général. Joey Hadorn a une nouvelle fois fait parler ses qualités techniques dans les descentes, profitant des sections les plus raides de la Muraille pour en ressortir en tête de la course.

Le segment sprint, long de 1,7 kilomètre pour 64 mètres de dénivelé positif et 53 mètres de dénivelé négatif, alternait entre passages sur la Grande Muraille et portions en dehors du monument. Kiriago y a de nouveau signé le meilleur temps en 8:54. À l’avant, Michael Selelo (Run2Gether On Trail) se rapprochait de la tête de course, tandis que Kiriago et Patrick Kipngeno restaient en embuscade, à environ deux minutes des leaders.
Une fois la Grande Muraille derrière eux, la course a commencé à se resserrer. Kiriago et Kipngeno ont progressivement comblé leur retard et, à l’issue du segment de descente (1,3 km à 17,9 % de pente négative moyenne), au kilomètre 15,8, ils n’étaient plus qu’à une trentaine de secondes des hommes de tête. Sur ce segment, Anders Kjaerevic (VJ-shoes/Saysky) a une nouvelle fois confirmé ses qualités de descendeur : déjà le plus rapide une semaine plus tôt au Myoko Trail (Japon), il a récidivé à Jinshanling avec un chrono de 4:24.
La patience de Kiriago et Kipngeno a fini par porter ses fruits dans les derniers kilomètres, lorsque les deux hommes sont revenus sur la tête de course. Mais, comme une semaine plus tôt au Japon, Kipngeno avait davantage de ressources dans le final. Lorsque la pente s’est de nouveau accentuée, le Kényan est passé à l’attaque et a rapidement creusé l’écart, tandis que Kiriago commençait à céder du terrain dans la montée.
Kipngeno a finalement franchi la ligne en 2:12:30, s’imposant une nouvelle fois en Chine tout en améliorant de 30 secondes son chrono de l’année précédente. Après sa victoire au Four Sisters Mountain Trail en 2024, puis sur la Grande Muraille en 2025, le Kényan poursuit ainsi son impressionnante série sur les manches asiatiques des Golden Trail World Series. Kiriago, deuxième à 1:54, et Hadorn, troisième à 3:12, ont complété un podium identique à celui de 2025.
Cette deuxième victoire consécutive de Patrick Kipngeno sur le bloc asiatique lui permet également de remonter à la deuxième place du classement général avec 830 points, à l’approche de la Grande Finale. Philemon Kiriago, avec 870 points, conforte quant à lui son avance en tête du classement et abordera le Muju Trail avec la possibilité de décrocher son premier titre au classement général des Golden Trail World Series. Elhousine Elazzaoui (NNormal), qui occupait la tête avant les deux manches asiatiques, recule à la troisième place avec 824 points.
GITONGA RENVERSE LA COURSE
Comme chez les hommes, l’entrée sur la Grande Muraille réservait aux coureuses plus de 1.000 marches et des pentes dépassant les 35%. Hanna Groeber, victorieuse sept jours plus tôt au Myoko Trail, et Caroline Kimutai, qui avait signé une victoire sur ce même parcours pour ses débuts sur les GTWS en 2025, y sont arrivées en tête.
Le segment de montée est revenu à Groeber, qui a signé un chrono de 10:47, devançant Kimutai de seulement deux dixièmes. Les deux coureuses sont restées au coude-à-coude sur la Grande Muraille, évoluant sur un terrain aussi spectaculaire qu’irrégulier, où des marches à peine assez larges pour poser un pied alternaient avec d’autres beaucoup plus hautes. Quelques portions plus roulantes leur permettaient de retrouver du rythme, sous les encouragements des milliers de touristes massés le long du parcours.

La partie finale de la Grande Muraille marquait le début du segment sprint le plus exigeant de la saison. Groeber y a une nouvelle fois signé le meilleur temps en 11:13, avec huit secondes d’avance sur Kimutai. À ce stade de la course, Ruth Gitonga, seule à rester encore au contact des deux leaders, accusait environ deux minutes de retard.
Passée la mi-course, le segment de descente a emmené les coureuses sur un terrain sinueux et technique, où les virages serrés obligeaient à ralentir avant de relancer. Barbora Bukovjan (Salomon) s’y est montrée la plus rapide, avec un chrono de 5:31.
À l’avant, le duel entre Groeber et Kimutai se poursuivait, mais une lourde chute de l’Allemande est venue bouleverser le scénario de la course. Touchée au bras, Groeber a malgré tout poursuivi son effort jusqu’à l’arrivée, où une petite fracture au niveau du poignet a été confirmée.
Gitonga a alors saisi sa chance. La coureuse de Run2Gether On Trail s’est lancée à la poursuite de Groeber et Kimutai, comblant progressivement les deux minutes qui la séparaient des deux leaders. Un scénario bien différent de celui de Myoko, où elle avait perdu du terrain au fil des kilomètres. Cette fois, Gitonga avait gardé des forces pour le final et montait en puissance à mesure que la course avançait.
Elle a d’abord repris Kimutai, qui n’a pas pu suivre son rythme dans les montées, avant de revenir sur Groeber, diminuée par sa chute. Gitonga a finalement dépassé l’Allemande avant de creuser l’écart et de filer vers sa première victoire sur les Golden Trail World Series.
Ruth Gitonga a franchi la ligne d’arrivée en 2:39:47, au terme d’une superbe remontée dans la seconde moitié de la course. Malgré sa blessure, Groeber est parvenue à conserver la deuxième place, à 1:26, tandis que Kimutai a complété le podium, à 3:45 de la gagnante.
Après les sept manches de la saison, Madalina Florea (Scott), absente de la tournée asiatique, conserve la tête du classement général avec 872 points. Grâce à sa troisième place sur la Grande Muraille, Caroline Kimutai retrouve la deuxième position et revient à seulement 66 points de Florea. Forte de son premier succès sur le circuit, Ruth Gitonga abordera quant à elle la Grande Finale de Muju en troisième position du classement général, avec 766 points.
Au classement par équipes, Salomon s’est assuré la victoire grâce aux solides résultats de ses athlètes en Chine. Joey Hadorn et Timothy Kibett ont terminé respectivement troisième et cinquième chez les hommes, tandis que Caroline Kimutai et Barbora Bukovjan ont pris les troisième et quatrième places chez les femmes.
LA CORÉE DU SUD ATTEND LE GRAND DÉNOUEMENT DES GTWS
Dans à peine un mois, les Golden Trail World Series feront étape pour la première fois en Corée du Sud à l’occasion de leur Grande Finale. Le Muju Trail viendra clôturer la saison avec un parcours décisif de 25,6 kilomètres et 2.294 mètres de dénivelé positif, l’un des plus exigeants de l’histoire du circuit. Avec jusqu’à 300 points à décrocher, auxquels viendront s’ajouter ceux attribués sur les différents segments, tout restera à jouer jusqu’au dernier kilomètre.
Le parcours de la Grande Finale enchaînera crêtes, pentes abruptes, sentiers à travers les forêts de conifères et sections rocheuses, tout en traversant des temples bouddhistes millénaires et certains des paysages les plus emblématiques de la région. Un cadre spectaculaire qui offrira un autre visage de la Corée du Sud, au cœur d’une région également impliquée dans la candidature du pays aux Jeux olympiques d’été de 2036.
La course féminine se disputera le 24 octobre, avant que la course masculine ne vienne clôturer la saison le 25 octobre. La Grande Finale réunira les 30 meilleurs athlètes des classements masculin et féminin à l’issue des sept manches de la saison , ainsi que les vainqueurs des Golden Trail National Series (GTNS) de Chine et des Golden Trail National Championships d’Australie, de France, d’Italie, de Pologne, d’Espagne, de République tchèque et du Mexique.
Ouverte à tous au-delà des athlètes qualifiés, la Grande Finale offrira une occasion unique de relever le défi de Muju aux côtés de certains des meilleurs traileurs au monde.

















