FOOTBALL : Étienne BOURDAIS (IRMA) : « Nous passons d’une culture de la réponse intensive à une culture stratégique »
Grâce à l’IA, la startup IRMA analyse des milliers de ‘matchs’ pour transformer la compétition des appels d’offres en science de la gagne.
Le sifflet a retenti, mais pour quel match ? Dans l’arène impitoyable de la commande publique, des milliers d’équipes – architectes, ingénieurs, paysagistes – se jettent chaque jour dans la mêlée des appels d’offres. Elles déploient une énergie folle, mobilisent leurs meilleurs talents, mais trop souvent, elles entrent sur le terrain à l’aveugle, sans connaître la composition de l’équipe adverse ni leurs véritables chances de l’emporter. Un combat d’usure où le talent seul ne suffit plus. Le résultat ? Des défaites coûteuses et une énergie gaspillée sur des batailles perdues d’avance.
Mais une révolution silencieuse, inspirée des plus grandes stratégies sportives, est en train de bouleverser les règles du jeu.
L’analyse de l’adversaire, clé du succès
Tout entraîneur vous le dira : une compétition se gagne d’abord dans la salle vidéo. On décortique le jeu de l’adversaire, on analyse ses forces, ses faiblesses, ses schémas préférentiels. Pourtant, dans le monde de la maîtrise d’œuvre, cette préparation stratégique est restée un angle mort. Selon une analyse de la plateforme IRMA, qui a passé au crible 75 000 projets et 21 000 entreprises, la victoire ne dépend pas que des compétences techniques.
Elle est une alchimie complexe qui repose sur les références attendues par l’arbitre, la cohésion du groupement, l’expérience collective des partenaires, l’avantage du terrain et, surtout, le niveau de la concurrence. Une équipe brillante peut se heurter à un mur si elle se présente sur un match où elle n’a aucune chance, tandis qu’une autre, peut-être moins cotée, laisse passer une occasion en or par manque d’information.
Le coût exorbitant du mauvais match
Engager son équipe sur un appel d’offres, c’est comme préparer une finale de coupe. Cela mobilise des ressources rares pendant des jours, voire des semaines. Une mauvaise décision tactique au départ, et ce sont des milliers d’euros qui partent en fumée dans une compétition où les dés étaient pipés dès le coup d’envoi. Le véritable enjeu n’est plus de multiplier les candidatures, mais de choisir ses combats. Faut-il jouer ce match ? Avec quels coéquipiers ? Contre qui ? Et avec quelles chances de soulever le trophée ?
C’est là qu’intervient une nouvelle génération d’outils, transformant le flair en science.
IRMA, le « Moneyball » de l’architecture
Comme dans le sport de haut niveau, la donnée s’impose comme le nouveau MVP (Most Valuable Player). Fondée par Étienne Bourdais, architecte et ancien directeur du développement de Leonard chez VINCI, la startup IRMA (https://www.irmamatch.com) agit comme un véritable staff d’analystes de données. Elle cartographie le paysage concurrentiel, révèle les alliances récurrentes, identifie les forces en présence et offre une visibilité sans précédent. L’ère de la candidature massive et épuisante cède la place à une approche chirurgicale.
« Nous sommes probablement en train d’assister au passage d’une culture de la réponse intensive à une culture de la réponse stratégique », observe Étienne Bourdais, architecte et fondateur d’IRMA.
L’IA, nouvel entraîneur adjoint
Loin de remplacer les joueurs sur le terrain, l’intelligence artificielle endosse ici le rôle de l’entraîneur adjoint, celui qui compile des montagnes de données pour en extraire l’information décisive. Elle rend intelligible une masse de projets, de collaborations et de spécialisations impossible à traiter manuellement. Son but n’est pas de dicter la stratégie, mais d’éclairer les décisions du coach pour qu’il puisse aligner la meilleure équipe, au bon moment et sur le bon terrain.
Déjà présente en France, en Belgique, en Allemagne et en Italie, IRMA, incubée à Station F, nourrit une ambition européenne : bâtir une infrastructure de données pour que chaque équipe puisse jouer chaque match avec toutes les cartes en main. Il ne s’agit plus seulement de bien jouer, mais de jouer intelligemment pour gagner.
À propos d’Étienne Bourdais
Architecte et entrepreneur, Étienne Bourdais est diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles et de l’École des Ponts et Chaussées. Après plus de quinze ans consacrés à l’architecture, à l’aménagement et à l’innovation, il a dirigé le développement de Leonard, la plateforme d’innovation du groupe VINCI.
À travers IRMA, il analyse aujourd’hui les transformations de la commande publique à partir de dizaines de milliers de projets, d’entreprises et de collaborations observés en France et en Europe, apportant une vision stratégique et data-informée à un secteur en pleine mutation.
via PA Sport.

















