VOILE : L’Aventura remet les voiles et top départ de la deuxième étape
Après une semaine d’escale au Portugal, les 20 équipages de L’Aventura ont repris la mer.
Le départ de la deuxième et dernière étape, initialement prévu dimanche 6 septembre, a été avancé à ce samedi 5 septembre. Prévu à 15h, le départ a finalement été décalé à 16h22, heure française, en raison du manque de vent annoncé en début de parcours.
Direction désormais l’île d’Yeu (Vendée) pour une deuxième étape de 783 milles. Les skippers devront d’abord composer avec des conditions légères jusqu’au Cap Saint Vincent, avant d’attaquer une longue remontée au près vers la France. Plusieurs jours de navigation qui s’annoncent particulièrement stratégiques, avec une arrivée des premiers concurrents prévue dans la nuit jeudi 10 à vendredi 11 septembre.
Une deuxième étape qui promet du jeu
Après une première manche remportée par le duo Paul Loiseau / Victor Le Pape (Région Bretagne CMB Espoir) en 8 jours, 16 minutes et 10 secondes, devant Arno Biston / Thomas André (Article 1.) et Hugo Dhallenne / Chloé Le Bars (Skipper Macif), la flotte repart avec un nouveau défi à relever.
Et le scénario de cette deuxième étape devrait être bien différent.
Les premières heures de course s’annoncent en effet particulièrement légères en vent. Les concurrents devront composer avec un faible flux jusqu’au Cap Saint-Vincent, ce qui explique notamment l’avancement du départ à samedi après-midi.
Puis, progressivement, le vent devrait se renforcer. À l’approche du Cap Finisterre, les skippers devraient retrouver un vent de Nord plus soutenu et entamer une longue remontée au près vers la Vendée.
Le véritable morceau de bravoure pourrait ensuite se jouer dans le Golfe de Gascogne. Les conditions devraient se muscler et mettre les bateaux comme les marins à rude épreuve. Après une première étape déjà particulièrement engagée, il faudra de nouveau trouver le bon équilibre entre vitesse, stratégie et préservation du matériel.
Dans cette remontée vers l’île d’Yeu, chaque choix pourra compter. Le vent, les options de route et la capacité à garder le rythme dans les conditions les plus fortes pourraient faire la différence.
« On va partir de Lagos pour rallier la Vendée, et plus précisément l’île d’Yeu. On va avoir des conditions assez variées. Il va falloir remonter au près, le long du Portugal, jusqu’au cap Finisterre et jusqu’à La Corogne, avec un vent un peu soutenu, autour d’une vingtaine de nœuds. Il va y avoir des petites rotations de vent à jouer, des petits effets de site, donc ça va être intéressant. Ensuite, on va passer une dorsale, qui est une excroissance d’un anticyclone, et là aussi, il va se passer des choses. Il peut y avoir des petites options différentes à prendre.
Avant de faire route dans le golfe de Gascogne, direction la Vendée, on devrait retrouver une dépression qui va nous accompagner. On devrait rester à l’avant d’un front froid pendant une bonne partie de la remontée. Il est possible qu’on se fasse rattraper par le front, auquel cas on va avoir beaucoup de vent. Donc, affaire à suivre !
On part positifs et joueurs. On est là pour s’amuser, mais aussi pour performer. L’objectif de cette dernière étape, ça va être de prendre beaucoup de plaisir, d’attaquer si on en a la possibilité, le tout étant d’arriver le plus vite possible à l’île d’Yeu !
Et puis, pour moi, l’objectif est aussi d’aller chercher le titre de champion de France Élite de course au large. Donc il va falloir ne pas faire trop de bêtises et naviguer proprement » déclare Alexis Thomas, skipper de Wings of the Ocean et 2e au classement général du Championnat de France Elite Course au Large.
Une semaine pour souffler…et se préparer
Depuis leur arrivée à Lagos, les équipages ont pu profiter d’une vraie parenthèse portugaise. Soleil, douceur de vivre et bonne humeur collective étaient au rendez-vous, mais cette escale aura surtout permis de récupérer et de remettre les bateaux en ordre de marche.
Mais l’escale n’a pas été uniquement consacrée au repos et à la préparation technique. Football, beach-volley et autres activités collectives ont permis aux équipages de partager des moments de cohésion en dehors de la compétition.
Pour Estelle Graveleau, organisatrice de L’Aventura, « Cette escale à Lagos était importante pour nous, parce qu’elle permet aussi de faire vivre L’Aventura autrement que sur l’eau. On a vu les équipages se retrouver, partager, créer des liens et profiter pleinement de cette parenthèse portugaise. C’est une dimension à laquelle nous tenons beaucoup dans le projet : créer une vraie aventure collective, qui rassemble les marins, les partenaires, les territoires et les publics des deux côtés de l’Atlantique. Et je crois que cette semaine à Lagos en est une très belle illustration »
La semaine s’est achevée vendredi après-midi par une régate pro-amateurs, réunissant skippers et invités dans un format plus léger avant la remise des prix de la première étape.
Un dernier moment de convivialité à terre avant de replonger dans la course.
« Accueillir la “famille” L’Aventura à Lagos a été un grand plaisir. Le professionnalisme, la convivialité et la proximité des infrastructures, tout étant accessibles à pied en 10 à 15 minutes , ont contribué à rendre cette édition particulièrement simple, agréable et durable. Cette aventure ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives pour Lagos, Port Bourgenay et l’Île d’Yeu, qui ont tout intérêt à continuer à travailler ensemble et à renforcer les liens entre la France et le Portugal. Pour les partenaires locaux, la régate Pro-Am a été un véritable moment fort : près de 40 personnes ont pu découvrir les Beneteau Figaro 3 et leur caractère aussi rapide qu’exigeant. Les sourires au retour au ponton en disaient finalement plus que tous les mots » déclare Rodrigo Rato, organisateur au Portugal.
Ils ont dit
Lola Billy – Région Bretagne CMB Océane
« On a appris pendant la remise des prix qu’on avait gagné deux places, parce que des bateaux devant nous ont cassé des voiles. Du coup, ça nous classe 9e. Un top 10 ! C’est toujours sympa d’apprendre que tu gagnes des places au moment de la remise des prix. Pour la suite, on a les crocs et on est prêts à repartir ! Cette deuxième étape va être sympa, je pense. Elle ressemble davantage à une grosse étape de la Solitaire, mais en double. La météo n’est pas si évidente que ça, donc il devrait y avoir pas mal de coups à jouer dès le début. Il va falloir avoir les yeux bien ouverts, avec des conditions un peu moins soutenues, mais beaucoup d’opportunités tactiques. Et puis voilà, j’ai hâte de repartir en mer, de rebosser avec Jules, de retrouver notre rythme à bord, de travailler la météo, la vitesse du bateau… et surtout de se régaler avec cette flotte le long des côtes portugaises, puis dans le golfe de Gascogne avant d’arriver à l’île d’Yeu ».
Arno Biston – Article 1.
“C’est le jour du départ de cette deuxième étape et on est super motivés pour briller sur cette étape retour. Ça va vraiment être une course très différente de la première : elle va beaucoup plus se jouer sur la stratégie que sur la vitesse, comme cela a pu être le cas lors de la première étape. Il va falloir composer au près avec les alizés portugais, qui vont avoir des variations assez importantes. Tout ça pour aller se placer par rapport à une dorsale et à un front au niveau du cap Finisterre, qui vont être assez déterminants pour la dernière phase de la course, la descente du golfe de Gascogne vers l’île d’Yeu.
Cette deuxième partie est encore assez lointaine et incertaine pour l’instant, donc on va surtout se concentrer sur le début. Il y a plein de petits pièges dans lesquels il va falloir jouer et rester super concentrés. On peut compter sur notre Thomas pour ne rien lâcher à la barre et avoir les crocs pour aller arracher la victoire à CMB.
Plaisir, vitesse, vitesse, vitesse devant la flotte ! On va tout donner pour cette dernière manche, capitale pour le résultat du championnat de France Élite de course au large !”
Benjamin Dutreux – Team Saint Barth
“Je suis super content de prendre le départ de Lagos avec Marvin pour cette deuxième étape de L’Aventura. On va avoir des conditions assez variées, et ça va certainement nous laisser quelques opportunités par rapport aux ténors du circuit. L’Aventurinha, cette course dans la course, c’est une belle formation pour les jeunes et, pour moi, une belle reprise. Surtout, je suis ravi d’arriver à l’île d’Yeu, c’est la maison ! Ça va être magnifique de remonter de Lagos jusqu’à l’île d’Yeu”.
Paul Loiseau – Région Bretagne CMB Espoir
“Forcément, cette victoire sur la première étape nous a aidés à passer un séjour beaucoup plus détendu ! C’est vrai qu’on est restés un peu sur notre petit nuage.
C’est super de commencer comme ça. C’était l’objectif avant le départ. On m’avait demandé si je pensais qu’on avait les moyens de gagner, et j’avais répondu que, comme beaucoup d’équipages, je pensais qu’on en était capables. C’est chose faite ! Donc voilà, on a bien profité des premiers jours ici à Lagos pour se détendre, bien se reposer et penser à autre chose. Et maintenant, on est pleinement focus sur l’étape qui arrive. On a envie de faire aussi bien. Faire mieux, ça va être compliqué ! Mais faire aussi bien, c’est sûr. Et puis cette étape va être totalement différente de la première : probablement plus stratégique, peut-être un peu moins bourrine. En tout cas, on a très hâte de repartir”.
Chloé Le Bars – Skipper Macif
“Faire 3e c’est carrément bien ! Notre ligne de conduite était claire : faire attention au matériel, préserver le bateau et surtout garder toutes nos voiles jusqu’au bout. Le passage de Madère était vraiment beau. C’est assez incroyable d’arriver là, de voir cette île au milieu de l’océan, de sentir les odeurs de la terre… J’aime ce côté aventure dans une course. On est arrivés forcément fatigués, mais je suis bien reposée et contente de repartir ! Les conditions de départ sont assez maniables, mais avec peu de vent et surtout des phases de transition qui peuvent complètement rebattre le classement. La question sera de savoir qui réussira à sortir le premier de cette dorsale. Il faudra être bien concentrés. On a un podium à défendre ! »
Victor Le Pape – Région Bretagne CMB Espoir
“C’est vrai qu’on a passé du bon temps à Lagos, même si les escales sont toujours assez courtes et qu’on n’a jamais vraiment le temps de faire tout ce qu’on avait prévu. Mais c’était vraiment très sympa. Et maintenant, on a hâte d’y retourner. On a préparé la météo, qui s’annonce assez complexe. Je pense qu’il va y avoir pas mal de retournements de situation. Ça va être intéressant dès le début : il va falloir être dans le match tout de suite, et rien ne sera joué jusqu’à l’arrivée à l’île d’Yeu. On a envie de bien faire, de prendre autant de plaisir que sur la première étape et de repartir avec la même rigueur. Ce sont des conditions qu’on affectionne : un peu moins bourrines, c’est vrai, donc peut-être qu’on aura aussi le temps de vivre un peu plus à bord et de trouver notre rythme. Mais ça va quand même aller vite : ce n’est que cinq jours et on arrive dans la nuit de jeudi à vendredi. Ça va ressembler un peu à une étape de Solitaire du Figaro, donc ça nous convient bien à tous les deux”.

















