AUTOMOBILE : Créer le son d’une nouvelle ère, le V16 de la Bugatti Tourbillon
Depuis plus de vingt ans, le son inimitable de la W16 de Bugatti fait partie intégrante de l’identité de la marque.
Du premier Veyron et au-delà jusqu’à la Bolide, la Mistral et les créations uniques, le moteur 16 cylindres a créé une bande-son aussi distinctive que les voitures elles-mêmes. Ainsi, lorsque Bugatti a entamé une nouvelle ère avec la Tourbillon, créer le son de son tout nouveau V16 atmosphérique consistait à définir une nouvelle voix pour Bugatti. Dans le dernier épisode de la docu-série « A New Era », les ingénieurs de Bugatti révèlent comment ce son a été développé, affiné et finalement confirmé, marquant l’achèvement de l’un des éléments déterminants du Tourbillon.
Le point de départ du son du Tourbillon n’était donc pas une feuille blanche, mais l’héritage de Bugatti. Les ingénieurs se sont inspirés du passé de la marque, tout en adoptant le caractère fondamentalement différent d’un V16 atmosphérique associé à un groupe motopropulseur électrique.
« Bugatti, d’un point de vue sonore, n’a jamais eu un moteur très propre. Il a toujours été un peu sale et brut, alors nous avons décidé de garder cela comme un des points clés du son » Romain Volatier, Responsable de NVH & acoustique chez Bugatti.

Adapter cette philosophie à une toute nouvelle motorisation a nécessité un travail de développement énorme. L’équipe a travaillé intensivement pour affiner le caractère acoustique du Tourbillon, réalisant des milliers de simulations sur les systèmes d’échappement et d’admission d’air pour trouver le juste équilibre entre performance, raffinement et la crudité distinctive qui caractérise un moteur Bugatti.
Mais le son devait accomplir quelque chose de plus. Il fallait créer un véritable lien entre le conducteur et la machine, tout en restant adapté à une voiture pouvant être utilisée au quotidien.
« En tant que pilote d’essai, il est très important que je puisse entendre le moteur et sentir la vitesse du moteur augmenter en lien avec l’accélérateur. Il est très important pour moi de relier le son du moteur à ce que je lui demande via l’accélérateur » Paolo Magrone, Pilote de développement de véhicules Bugatti.
Cet équilibre entre émotion et raffinement fut l’un des principaux défis du développement acoustique du Tourbillon. Les ingénieurs devaient s’assurer que l’habitacle reste confortable au quotidien, avec les fenêtres fermées et la voiture fonctionnant en mode électrique, tout en laissant transparaître pleinement le caractère du V16 lorsque le conducteur le souhaitait. Baisser les vitres offrait une autre dimension, permettant aux bruits bruts de l’admission et de l’échappement d’entrer dans l’habitacle et de créer une expérience bien plus immersive.

De manière cruciale, tout ce que les occupants entendent devait être généré mécaniquement. Pour cela, le package acoustique a été soigneusement développé afin de permettre au son authentique de la chaîne motopropulsrice de pénétrer l’habitacle, sans dépendre du son artificiel du moteur via les haut-parleurs.
Après des années de développement, l’équipe a atteint un moment décisif : le son du Tourbillon devait faire ses preuves non seulement émotionnellement, mais aussi légalement. Les essais d’homologation confirmeraient que le caractère acoustique soigneusement développé pouvait répondre à des exigences strictes d’émission de bruit sans compromettre les qualités qui rendent le V16 si distinctif.
« La voiture doit être légale, mais le vrai défi est de la rendre légale tout en sonnant bien. Je pense que nous avons réussi à faire cela parce que la voiture sonne fantastique et nous avons passé toutes les exigences d’homologation haut la main » Romain Volatier, Responsable de NVH & acoustique chez Bugatti.
Le niveau de bruit maximal autorisé pour le test concerné est de 72 décibels, mais atteindre ce chiffre ne résulte pas d’une seule mesure. Le processus d’homologation combine plusieurs mesures différentes, incluant des passages à vitesse constante et accélérés, pour déterminer le résultat final.

Il est crucial que les microphones n’entendent pas seulement le moteur. Le résultat mesuré est une combinaison de sons générés par l’ensemble du véhicule, y compris les pneus, la carrosserie et les éléments aérodynamiques. L’aérodynamique active du Tourbillon rend cela particulièrement significatif, son aileron arrière générant un appui aérodynamique important tout en contribuant à la signature acoustique globale de la voiture
Même l’environnement devient une partie du test. La température et la vitesse du vent doivent rester dans des paramètres précis, tandis que les rafales de vent peuvent invalider une course autrement réussie. Cela a nécessité que les ingénieurs réalisent de nombreux tests préliminaires avant la session finale d’homologation.
Avec la réussite des essais d’homologation, la phase majeure du développement acoustique du Tourbillon était arrivée à sa fin.
« Nous travaillons encore sur de petits raffinements et de petits détails. La majeure partie du projet est terminée et nous sommes ici juste pour conclure ce chapitre. Ce fut une activité de test réussie et positive » Paolo Magrone, Pilote de développement de véhicules Bugatti.
Après trois ans de développement du Tourbillon, son caractère acoustique a atteint sa forme finale. Le résultat est un son conçu pour renforcer la connexion émotionnelle entre la machine et le pilote.
Brut mais raffiné quand on l’exige, et entièrement mécanique dans son origine, le bruit moteur du Tourbillon porte l’esprit du passé de Bugatti vers une nouvelle ère. Atteignant 9 000 tr/min, le V16 atmosphérique ajoute une dimension supplémentaire à cette connexion, créant un son indéniablement Tourbillon.
Regardez le dernier épisode, « Sound Of A New Era pt.1 », sur la chaîne YouTube officielle de Bugatti .

















