ATHLETISME : Le Danemark partage les ressources, pas les tracas
Plusieurs fédérations à travers l’Europe sont confrontées au dilemme commun de comment moderniser la gouvernance et construire une durabilité à long terme sans céder sous la pression administrative et la fatigue des bénévoles.
Au Danemark, la réponse est venue d’un changement fondamental de mentalité, traitant la fédération nationale non pas comme un régulateur lointain mais comme une salle de moteur partagée pour la survie populaire.
Dans l’athlétisme moderne, les clubs locaux restent la pierre angulaire de la participation et du développement des talents. Pourtant, sous la surface, de nombreuses petites organisations sont exposées à de graves risques structurels, tels que le vieillissement de bases de bénévoles, une administration fragmentée et des taux d’attrition élevés chez les jeunes athlètes.
Lorsque le PDG de Danish Athletics, Klaus Nørby Jakobsen, s’est adressé à la Conférence des PDG d’Athlétisme Européen à Bakou plus tôt cette année, son message était clair : si les petites fédérations veulent prospérer avec des ressources limitées, elles doivent abandonner l’isolement administratif, partager les charges opérationnelles et amener le sport directement là où se trouvent réellement les enfants et les jeunes leaders.
Le modèle des services partagés
Pour les clubs de taille moyenne, la pression de professionnalisme entre souvent en conflit avec la réalité financière. Réticents à risquer des budgets limités pour des salaires à temps plein, beaucoup dépendent entièrement de la bonne volonté des bénévoles. Lorsque des bénévoles clés quittent leurs fonctions, la mémoire institutionnelle se perd et l’élan s’arrête.
Pour briser ce cycle, l’athlétisme danois a lancé son modèle de services partagés (Fælleshus) sous le principe de fonctionnement :
« Partager les ressources, pas les tracas ».
Dans cette structure, la fédération nationale gère de manière centralisée les contrats de travail, la paie et la conformité administrative, tandis que plusieurs clubs voisins mettent en commun des fonds pour partager un consultant professionnel dédié au développement des clubs.
« Les clubs de milieu de gamme hésitent souvent à prendre des risques avec leur budget, alors ils optent pour le bénévolat plutôt que d’embaucher du personnel », explique Jakobsen. « Pour leur donner une incitation à se professionnaliser, nous disons : pourquoi ne pas partager les ressources, et nous, à la fédération, prendre tout le tracas et le travail administratif ? Deux ou trois clubs dans la même région unissent leurs forces et acquièrent une capacité professionnelle continue sans la charge des frais généraux ».
La même philosophie collaborative anime le Project 120, où la fédération finance des entraîneurs experts pour organiser des journées d’entraînement partagées entre clubs voisins, démantmant les rivalités traditionnelles au profit de la capacité collective.

De la maternelle à la salle de réunion
Moderniser le leadership signifie aussi s’attaquer au risque de réduction des pipelines de participation. Au Danemark, la feuille de route stratégique 2026-2029 de la fédération relève ce défi aux deux extrémités de l’échelle d’âge :
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Engagement précoce (3-6 ans) : En dépassant les limites traditionnelles des stades, le programme Journée d’athlétisme au zoo introduit aux maternelles des compétences fondamentales de mouvement – course, saut et lancer – à travers des jeux et des contes inspirés par les animaux. Cette initiative à faible barrière a déjà permis une croissance significative du nombre de membres dans la catégorie des moins de six ans.
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Autonomisation des jeunes (16-35 ans) : L’Académie du Jeune Leadership de la fédération et les conférences intersportives proposent une formation structurée en gouvernance, des réseaux entre pairs et des responsabilités authentiques de prise de décision au sein des comités et conseils d’administration des clubs.
« Quand on introduit des concepts pour les jeunes, il faut des personnages auxquels on peut s’identifier », explique Jakobsen. « Avoir un jeune leader de 18 ans qui dirige une séance donne à un enfant quelqu’un à refléter qui n’est ni parent ni responsable plus âgé. À partir de là, nous construisons l’escalier, du participant au bénévole, puis au coach, puis à l’administrateur. Si nous ne construisons pas cette voie professionnelle claire, nous perdons nos jeunes au profit d’autres entreprises sportives et commerciales ».
Un plan vivant pour Birmingham et au-delà
Cette remise générationnelle s’est reflétée en temps réel lors des Championnats d’Europe d’athlétisme de Birmingham 2026, où le Future Leaders Forum a réuni 65 administrateurs émergents issus de 44 fédérations pour présenter directement des plans concrets de projet au Conseil exécutif européen de l’athlétisme.
Pour Jakobsen, voir le développement des jeunes et la responsabilité opérationnelle converger est essentiel pour la santé future de l’athlétisme européen.
« La plus grande leçon pour toute petite fédération est de tendre la main », dit-il. « Contactez d’autres sports et des fédérations voisines, car nous faisons tous face aux mêmes obstacles en matière de gouvernance et de maintien des clubs. Plus nous partageons nos connaissances, innovons nos formats et intégrons le sport dans les écoles et les espaces publics, plus nous devenons durables ».
Gouvernance et gestion des risques en octobre
L’approche pragmatique du Danemark illustre comment le leadership moderne et la réduction des risques doivent fonctionner en pratique :
Comme des stratégies opérationnelles vivantes et quotidiennes plutôt que comme des politiques abstraites de salle de conseil.
Ce thème sera également présent lors de la Convention européenne d’athlétisme 2026 le 23 octobre, lors de l’atelier de gouvernance de haut niveau, « Préparation aux défis : intégrer le risque dans la prise de décision stratégique ». La session fournira aux dirigeants des fédérations membres des cadres pratiques pour identifier, évaluer et gérer les risques opérationnels, financiers et réputationnels dans un environnement sportif mondial de plus en plus volatile.
SOURCE : European Athletics.

















