TRAIL : Mile & Stone – Frédéric LENART : « Un révélateur de la gentrification du trail »
Présente dans plusieurs sports ces dernières années (cyclisme, surf, voile, F1…), la marque suisse Tudor a fait une arrivée remarquée dans le trail ces dernières semaines.
D’abord en annonçant un partenariat avec quatre figures de la discipline, ensuite en s’associant aux UTMB World Series. Un signe que le trail attire de plus en plus des partenaires hors de son univers ? Mile & Stone fait le point.
Frédéric Lénart ajoute quant à lui :
« Aujourd’hui, le trail running a atteint un niveau de maturité qui permet d’attirer des marques non endémiques qui ont quelque chose à raconter autour de ce sport, l’arrivée de Tudor est une première étape, il y en aura d’autres« .
Un constat partagé par Benjamin Thaller, ancien de chez Salomon et spécialiste de sport marketing :
« C’est une marque de reconnaissance, la preuve que le sport prend vraiment une autre dimension et la récompense aussi pour tous ceux qui se sont investis pour sa médiatisation, je pense notamment aux premiers qui l’ont fait, l’UTMB ».
Goulven Cornec, l’un des fondateurs de l’agence Fraich’Touch, qui passe justement beaucoup de temps à « chasser » ces sponsors non endémiques pour les athlètes qu’il représente, abonde :
« Je trouve que l’annonce de Tudor est un super signal, cela montre que le trail devient attractif. Les marques voient bien tout l’écosystème médiatique autour du sport, avec des grandes chaînes, comme France Télévisions, RMC, Canal+, qui s’y intéressent de plus en plus. Le trail, ça commence à parler aux sponsors, surtout quand les athlètes jouent le jeu de la communication et du personal branding, je pense aux Baptiste Chassagne, Théo Detienne, Mathieu Blanchard. Pour ces acteurs, c’est en train de s’ouvrir en termes de sponsoring ».
Quitte à s’associer à des partenaires, qui, à l’instar de Tudor, marque de luxe, véhiculent une image pas forcément en adéquation avec celle du trail ? « C’est une question qui a fait l’objet d’un vrai dilemme personnel lors de ma signature, reconnaît Baptiste Chassagne. J’ai toujours voulu m’impliquer dans des projets qui favorisent l’accessibilité et l’universalité du sport. Quand Tudor m’a sollicité, je me suis demandé s’il n’y avait pas un décalage entre mes convictions et l’image d’une marque de montres de luxe. J’ai résolu ce dilemme en comprenant que ce partenariat était la reconnaissance de mon travail, et surtout une opportunité d’avoir des moyens pour porter mes messages d’accessibilité encore plus haut et plus loin ». Pour Benjamin Thaller, l’arrivée de Tudor s’inscrit finalement dans une évolution constatée depuis plusieurs années :
« Ils ont forcément fait une étude intelligente, vu la démographie des pratiquants, donc leur arrivée est un révélateur de ce que l’on voit, à savoir la gentrification du trail, qui devient un sport de mâle senior CSP+ ».
SOURCE : Mile & Stone – N°79.
















