VOILE : La Solitaire du Figaro Paprec – Tom GORON : « Je n’ai rien lâché, je naviguais comme si j’étais devant, à fond »
Quand dès le départ d’une étape de la Solitaire du Figaro Paprec, ton pilote automatique a décidé de ne pas être ton allié, il faut un sacré mental pour surmonter l’épreuve !
C’est toute l’incroyable démonstration qu’a fait Tom Goron à la barre d’Xplorassur sur cette première étape entre Perros Guirec et Vigo. Parti avec l’un des costumes de favoris, le plus jeune skipper de la course a été tout de suite confronté à une difficulté technique lors du parcours côtier devant la côte de granit rose. Un pilote automatique récalcitrant l’a contraint à se mettre au mouillage pour obtenir l’aide autorisée d’un technicien. Pendant ce temps-là, les minutes ont filé et l’espoir de figurer en haut du tableau à Vigo avec elles… Même si l’intervention a été particulièrement rapide, Tom est reparti de Bretagne derrière toute la flotte. Un coup dur qu’il a accepté en se concentrant sur la possibilité de remonter les adversaires au maximum tout en gardant l’espoir d’un coup de Trafalgar météo à l’approche de l’Espagne lui permettant de gagner encore plus de terrain. « Je suis toujours resté dans l’optique de remonter coûte que coûte. Je me suis dit qu’avec un peu de chance il se passerait quelque chose à la fin qui me permettrait de revenir. Je n’ai rien lâché, je naviguais comme si j’étais devant, à fond » racontait en fin d’après-midi Tom à son arrivée à Vigo.
Finalement, il termine 15e en Espagne d’une étape remportée par un autre Tom, l’irlandais Dolan. Si c’est une très belle remontada, le skipper d’Xplorassur regarde à la loupe l’écart au leader et ne peut s’empêcher de nourrir quelques regrets.
« Il y a eu la dorsale à passer, je n’étais pas sûr de moi, j’ai préféré rester un peu plus au large. Je n’avais pas envie de m’enfermer dans la baie de la Corogne et puis au final ils sont bien passés. J’ai gardé la même distance que j’avais depuis le début et malheureusement à la fin ça a molli donc les 7-8 milles se sont transformés en 2h et demi. C’est comme ça ! » décrit-il. Même si ce n’est pas l’entrée en matière rêvée sur une Solitaire, il sait que deux autres étapes sont à venir et il espère bien renouer avec son niveau de jeu habituel. Sur cette course entre Perros Guirec et Vigo, on retiendra la vraie leçon de résilience d’un garçon de 20 ans : « Je suis content de n’avoir rien lâché, d’avoir navigué sans vouloir perdre une seconde jusqu’à la dernière minute. On s’est battu avec Tiphaine (Ragueneau, ndlr) que je bats de 3 secondes je crois. Il y a eu du match jusqu’au bout. J’ai remonté des bateaux jusqu’au dernier moment. C’était l’objectif quand je suis reparti de me dire « ne lâche rien » et peut être que ces précieuses minutes je leur dirai merci à la fin. On verra ».
Trouver du plaisir même dans la difficulté dit certainement beaucoup du marin qu’est Tom Goron. Dès dimanche, alors que le coup d’envoi sera donné pour la deuxième étape entre Vigo et Saint-Nazaire, c’est le mode attaque qu’il activera à coup sûr et cette fois, son plaisir devrait être décuplé. Le nôtre avec.


















