AUTOMOBILE : Simon CHAILLET : « La flambée des prix des carburants freine le marché de l’occasion »
La hausse des prix des carburants provoque une chute des recherches de véhicules d’occasion et réoriente la demande vers l’électrique.
Le marché français du véhicule d’occasion (VO) subit de plein fouet les conséquences de la flambée des prix à la pompe, elle-même liée au contexte géopolitique en Iran. Selon les dernières données publiées ce jour par la plateforme AutoScout24, les comportements des consommateurs ont radicalement changé en quelques semaines, témoignant d’un climat d’incertitude économique et d’un attentisme marqué. Les chiffres, comparant la période du 1er au 24 mars à celle de février, révèlent une baisse significative des intentions d’achat et une réorientation nette des recherches vers les motorisations alternatives.
Une chute brutale de la demande
Le premier indicateur de ce coup de frein est sans équivoque : le volume total de recherches de véhicules d’occasion sur le site a chuté de 18,9 % depuis le début du mois de mars. Cette baisse spectaculaire traduit une prudence généralisée des acheteurs potentiels, qui préfèrent reporter leur projet d’acquisition face à l’instabilité des coûts liés à l’usage d’une voiture. L’incertitude quant à l’évolution future des prix des carburants pèse lourdement sur la confiance des ménages et paralyse une partie du marché.
Le diesel en net recul, l’électrique tire son épingle du jeu
La crise actuelle ne fait pas que réduire le volume global des recherches ; elle redessine également les préférences en matière de motorisation. Le grand perdant de cette nouvelle donne est le diesel, dont les recherches s’effondrent de 25,9 %. Un recul massif pour une motorisation qui représentait encore 43 % des ventes de véhicules d’occasion en février. L’essence n’est pas épargnée, avec une baisse de 15,5 %, et les véhicules hybrides suivent la même tendance négative à -15,4 %.
À contre-courant, seule une catégorie progresse : les véhicules électriques. Les recherches pour ces modèles affichent une hausse de 5,7 %. Bien qu’ils ne cumulaient que 4 % des ventes de VO en février, cette croissance témoigne d’un intérêt grandissant pour une alternative perçue comme un rempart contre la volatilité des prix des carburants fossiles.
L’impact sur le prix moyen des véhicules
Cette redistribution des cartes se répercute logiquement sur le prix moyen des annonces. La tendance générale est à la baisse, mais avec des nuances importantes. Le prix des modèles diesel a légèrement reculé de 0,27 %, celui des essences de 0,61 % et celui des hybrides de 1,26 %. Une fois de plus, l’électrique se distingue en étant la seule motorisation dont le prix moyen a augmenté, avec une hausse de 0,44 %.
Cette résilience de l’électrique s’observe également sur le long terme. En comparant février 2026 à février 2025, les prix moyens étaient déjà orientés à la baisse pour toutes les motorisations : -2,42 % pour le diesel, -3,5 % pour l’essence et jusqu’à -8,72 % pour l’hybride. Sur la même période, l’électrique affichait le recul le plus faible, à -1,86 %, confirmant sa meilleure tenue sur le marché.
Analyse : un changement conjoncturel ou structurel ?
Pour Simon Chaillet, Responsable marketing d’AutoScout24 France, ces mouvements sont une réaction directe à la crise actuelle, mais il reste prudent quant à leur pérennité.
« La flambée des prix des carburants a une influence directe sur les comportements des consommateurs qui reportent leur intention d’achat et changent leurs critères de recherches. La hausse considérable du prix du diesel à la pompe freine les recherches de ce type de motorisation pourtant encore jusqu’ici plébiscitée et en grande majorité acheté sur le VO. Cette situation impacte le nombre de recherches totales de véhicules sur Autoscout24.fr (-18,9 % depuis le 1er mars) confirmant un sentiment de prudence et d’attentisme conjoncturel du consommateur. Malgré ce climat, les recherches de véhicules électriques sont en augmentation de +5,7 %. Ces derniers apparaissent comme une alternative face à la flambée des prix des carburants. Toutefois, à ce stade, ces mouvements ne peuvent être associés à un véritable basculement structurel du marché. Si la hausse des prix des carburants commence à influer sur les comportements et sur les choix des motorisations, notamment en faveur de l’électrique, le marché de l’occasion demeure globalement marqué par une inertie malgré une baisse des prix. Les prochains mois seront donc déterminants pour confirmer une éventuelle évolution durable des préférences des acheteurs », commente Simon Chaillet.
AutoScout24 (http://www.autoscout24.fr), qui se présente comme la plus grande plateforme de petites annonces automobiles en Europe et au Canada, continuera de suivre ces indicateurs pour évaluer si cette tendance conjoncturelle se transformera en une mutation profonde du marché du véhicule d’occasion en France.

















