VOILE : Cécile ANDRIEU : « Nous franchissons un cap en intégrant de l’analytique avancée »
À Concarneau, en Bretagne, MerConcept et SAS allient data et IA pour décrypter les performances du trimaran SVR-LAZARTIGUE et viser la victoire.
Un vent de révolution souffle sur la course au large. Dans les coursives de l’écurie MerConcept, fondée par le légendaire François Gabart, l’intuition du marin, ce sixième sens forgé par les embruns et des milliers de milles parcourus, rencontre la puissance brute de l’intelligence artificielle. L’écurie bretonne, fleuron de l’innovation maritime, a annoncé hier un partenariat stratégique avec SAS Institute, le géant mondial de la data et de l’IA. Une alliance explosive qui promet de redéfinir les règles de la performance et de propulser les géants des mers vers des vitesses jusqu’alors insoupçonnées.
L’IA au service du géant des mers
Au cœur de cette collaboration : le majestueux trimaran SVR-LAZARTIGUE. Grâce à la plateforme SAS Viya, les ingénieurs de MerConcept disposent désormais d’une arme redoutable. Fini le temps où l’analyse se limitait à une poignée de variables. Aujourd’hui, près de 80 paramètres sont passés au crible en temps réel : vitesse du bateau, force et angle du vent, gîte, réglages millimétrés des voiles, géométrie des foils… Chaque souffle d’air, chaque clapotis est capté, analysé, décortiqué pour en extraire la quintessence de la performance. Une lecture d’une finesse inouïe qui transforme des milliers de données brutes en un avantage compétitif décisif. Les premiers tests, menés depuis mi-2025, ont déjà livré des enseignements spectaculaires, révélant des secrets de performance cachés dans le comportement du bateau.
Décrypter l’ADN de la vitesse
Le véritable coup de génie de cette alliance réside dans la capacité à modéliser ce que les équipes appellent les « familles de comportements ». En utilisant des méthodes de classification avancées, l’IA regroupe des situations de navigation aux signatures similaires, peu importent l’allure ou la force du vent. Cette cartographie permet de comprendre précisément comment le trimaran réagit dans chaque configuration et d’identifier les réglages optimaux associés. Pour l’équipage, c’est une révolution : une aide à la décision fulgurante pour ajuster les voiles et les appendices, une gestion parfaite de l’assiette et des efforts. C’est la quête de l’équilibre parfait entre la performance pure, la vitesse brute, et l’efficacité énergétique pour dompter la machine.
« La voile de haut niveau s’est longtemps appuyée sur l’intuition et l’expérience. Avec SAS, nous franchissons un cap en intégrant de l’analytique avancée capable de traiter des dizaines de paramètres simultanément pour améliorer les performances et révéler des leviers jusqu’ici inaccessibles », s’enthousiasme Cécile Andrieu, Co-Directrice Générale chez MerConcept.
Un sentiment partagé par son partenaire technologique. « Ce partenariat illustre parfaitement la manière dont nos clients peuvent s’approprier rapidement SAS Viya pour répondre à des enjeux métiers très concrets. Leur capacité à créer et exploiter leurs propres analyses après seulement quelques heures de prise en main a été remarquable », ajoute Grégoire Ferreri, Directeur Général de SAS France.
Objectif Route du Rhum : la victoire en ligne de mire
Mais les équipes de MerConcept et SAS ne comptent pas s’arrêter là. Le regard est déjà tourné vers l’avenir, avec un objectif suprême en ligne de mire : la Route du Rhum. Cette course transatlantique de légende sera le juge de paix, le terrain d’expérimentation ultime pour cette technologie de pointe. Pour y parvenir, les efforts se concentrent sur quatre fronts : le développement de modèles de machine learning encore plus poussés, l’amélioration des prédictions météo pour anticiper tous les scénarios, l’optimisation des matériaux de construction et, à plus long terme, l’application de ces innovations à une mobilité maritime durable.
Car au-delà de la gloire sportive, l’ambition est de faire de la course au large un laboratoire pour le transport maritime de demain. Chaque optimisation, chaque gramme de carbone économisé en course est une promesse pour des navires plus sobres et plus respectueux de l’océan. La course à la performance est lancée, et elle a le goût enivrant du futur.
















