SKI : La Transju’ – Première pour Gaspard ROUSSET, doublé pour Juliette DUCORDEAU
Au terme des 50 km tracés entre Lamoura et Les Rousses et d’une matinée ensoleillée, les Français Gaspard Rousset et Juliette Ducordeau ont remporté La Transjurassienne 2026.
Derrière les champions, ils étaient 1 500 (2 500 inscrits sur l’ensemble du week-end) à profiter des sublimes décors du massif du Jura et d’une ambiance qui fait de La Transju’ la plus grande course de ski de fond en France et surtout, un rendez-vous incontournable pour tous les passionnés.
À retenir
· 2 500 coureurs inscrits aux différentes épreuves de La Transjurassienne (7 et 8 février), sur des parcours de 25 à 50 km entre Lamoura et les Rousses (classique samedi, skating dimanche)
· Grande première pour Gaspard Rousset, vainqueur d’un sprint à dix !
· Juliette Ducordeau aussi dominatrice que l’an dernier
· Un bilan positif pour l’organisation
La ligne d’arrivée, Gaspard Rousset fait retentir la clarine (petite cloche) traditionnellement remise au vainqueur. Encore et encore. Histoire de bien graver un moment unique dans une carrière. Le skieur de La Féclaz, membre du Team I3 Ski Team, succède à Victor Lovera (15ème ce dimanche sur le skiathlon des Jeux olympiques de Milan Cortina) au palmarès de La Transjurassienne, étape de la Worldloppet, circuit mondial qui regroupe toutes les plus grandes épreuves longues distances.
Rarement, une Transjurassienne aura été aussi indécise. À l’entame de la dernière ligne droite, ils étaient encore dix à pouvoir s’imposer. Mais en tête à l’amorce du dernier virage, Gaspard Rousset, 25 ans, champion du monde de relais U23 en 2023, réussissait à devancer de quelques centièmes le Haut-Savoyard Hugo Dejour et Yan Belorgey. Les trois fondeurs s’offrent leur premier podium sur La Transju’. « Je suis vraiment très heureux de gagner cette édition avec un parcours dans l’ADN de La Transju’ même si ce n’est pas le parcours originel, se réjouit le vainqueur. Il fallait rester collé au groupe dès le début. Je sais que j’ai des bonnes qualités de finisseur. Il a un peu fallu jouer des coudes pour bien se placer avant le sprint et ne pas se laisser enfermer. Et une fois que le sprint part, il ne faut plus réfléchir et tout donner. C’est de bon augure pour la suite de la saison, je vais partir à Oslo me confronter aux Norvégiens et ensuite je participerai au marathon de l’Engadin voir si j’ai un coup à jouer. Mais je vais d’abord savourer car La Transju’, c’est mythique, c’est l’histoire de notre sport. Je suis content de mettre mon nom au palmarès, surtout pour ma première participation. Pour mes parents aussi qui ont été des grands skieurs, je suis content de ramener la cloche à la maison. Un grand merci à l’organisation de La Transju’ car ça a dû être un sacré boulot de ramener la neige sur le parcours. » À souligner également la quatrième place de Gérard Agnellet, toujours classé dans le top 4 depuis 2018 (2e en 2018 et 2019, 3e en 2025, 2022, 4e en 2023). Vainqueur l’an dernier du 50 km classique, Simon Vuillet termine dixième de cette Transjurassienne 50 skating.
Clément Parisse malchanceux
Annoncé comme l’un des principaux favoris, Clément Parisse, membre de l’équipe de France (deux fois médaillé de bronze en relais aux Jeux olympiques en 2018 et 2022, et aux Championnats du monde en 2019 et 2021), a longtemps été dans le groupe de tête. Mais un bris de bâton a malheureusement anéanti ses espoirs de s’imposer pour sa première participation à La Transju’ (15e au final). « C’est comme ça…, regrette-t-il. Mais faire plusieurs kilomètres c’est compliqué, surtout dans la Sambine où je savais que ça allait accélérer. C’est en tout cas une belle découverte et une belle course avec du monde au bord de la piste. Ça donne envie de revenir. »
Juliette Ducordeau récidive
Dans la course féminine, Juliette Ducordeau (Team Vercors Isère) a reproduit le même scénario que l’an dernier en prenant ses distances dès les premiers kilomètres. Même scénario et même happy end avec un deuxième succès d’affilée. Et une fois encore beaucoup d’émotion sur la ligne d’arrivée. « J’étais très déçue de ne pas être sélectionnée pour les Jeux olympiques alors cette nouvelle victoire sur La Transju’ est une très belle consolation, confie-t-elle. Je me suis décidée au dernier moment pour venir et j’avais très envie de gagner. En plus il y avait mon papa à l’arrivée et je ne l’avais pas vu depuis plusieurs mois. J’ai aussi pensé à mon grand-père qui m’avait vu gagner l’an dernier mais qui est décédé depuis. Honnêtement, la course a été très dure. Cinquante kilomètres, c’était un beau défi car nous n’en faisons pas très souvent. J’ai voulu partir très vite pour suivre les garçons et au bout de 4 km, je n’en pouvais déjà plus ! Je me suis dit que ça allait être très long… J’ai tenu au mental mais à la fin j’avais l’impression de ne jamais arriver. Le parcours était vraiment top avec une neige top. La météo, les paysages magnifiques des forêts du Jura, je me suis vraiment fait plaisir. Maintenant, avec déjà les deux cloches de l’an dernier (la sienne et celle de son compagnon Victor Lovera), il va falloir faire un peu de place sur l’étagère aux trophées… D’autant plus qu’Hanna (Fine) avec qui on est en colocation a aussi gagné samedi en classique et va aussi revenir avec sa cloche. Il va nous falloir une pièce dédiée aux cloches de la Transju’. » À moins d’une minute, Camille Coupé prend une très belle deuxième place devant la Suissesse Carla Wohler, déjà vainqueur samedi sur la Classic 25.
Un peloton de passionnés
Des champions devant, et dans leur trace des amateurs venus s’offrir la plus belle des expériences en ski de fond. De toute la France mais aussi de l’étranger avec 35 nationalités représentées. Pour beaucoup, le chrono est accessoire. Prendre le temps de faire de jolies photos, de partager avec les bénévoles aux ravitaillements, de contempler, de profiter. André Midol, 72 ans, est un des six Sénateurs au départ, six passionnés à ne pas avoir manqué une seule édition de La Transjurassienne depuis sa création. « Je ne me pose pas la question de savoir si je m’inscris, confie-t-il. C’est une habitude. Je suis toujours arrivé, c’est presque une fatalité mais surtout un grand bonheur. » Jean Kuhny, 74 ans, affiche lui aussi 100% de participation. Cette année, il a dû se « contenter » du 25 km mais a pu se réjouir de courir avec son petit-fils. Pour ses 50 ans, Valérie Dubois s’est offert un joli cadeau avec le… 50 km. D’autres sont là pour des associations, comme la veille, les membres de l’association « Skier pour Elles », tout en rose, venus glisser en soutien aux femmes en soin. À chacun son histoire, mais pour tous, la même passion. Au fil des arrivées, beaucoup se sont ensuite retrouvés devant la diffusion du relais mixte des Jeux olympiques avec Quentin Fillon Maillet, parrain de La Transjurassienne 2026 au départ.
« C’est une bonne édition »
« C’est une bonne édition, estime Pierre-Albert Vandel, président de Trans’Organisation. Nous avons en plus eu la météo avec nous. Nous avons eu la possibilité de proposer un beau parcours et les coureurs sont satisfaits. Mais il ne faut pas oublier d’où l’on vient avec des conditions difficiles il y a une dizaine de jours. La réussite de cette Transjurassienne est d’abord celle de tous les professionnels de la neige qui ont travaillé depuis des jours pour offrir aux participants de bonnes conditions sur une tracé de 50 km. On peut dire qu’ils ont travaillé jours et nuits, notamment après les pluies de la semaine dernière. Sans eux, l’édition 2026 n’aurait pu avoir lieu ou aurait été réduite à sa portion congrue. Il faut aussi remercier nos 800 bénévoles et tous nos partenaires, privés et institutionnels, notamment la Région Bourgogne-Franche-Comté, et les Départements du Jura mais aussi du Doubs qui reste à nos côtés alors que nous y allons moins ces dernières années en raison des conditions d’enneigement. Mais nous résonnons à l’échelle de tout le massif que nous voulons faire rayonner. Ils ont conscience que la Transjurassienne n’est pas qu’une course mais un événement emblématique du massif avec toute une histoire. On a tous intérêt à travailler ensemble. Nous devons maintenant travailler sur plusieurs aspects. Avec 2 500 participants nous sommes en deçà de nos standards habituels autour de 4000-4500, voire certaines années 3000. C’est un challenge à relever. Nous allons aussi réfléchir pour convaincre davantage de champions étrangers de revenir comme par le passé ».


















