VOILE : Groupe APICIL – Savoir saisir sa chance
Le 29 octobre prochain, Damien Seguin – premier skipper handisport à avoir bouclé le dernier Vendée Globe (7e) – s’élancera aux côtés de Laurent Bourguès sur la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre à bord de son IMOCA Groupe APICIL désormais équipé de grands foils.
Ensemble, sur cette traversée de l’atlantique en double, ils continueront de porter haut et fort le message d’inclusion que défend le Groupe APICIL depuis de nombreuses années tout en essayant de le faire rimer avec performance.
Laurent Bourguès, retour aux sources
Après plusieurs années à pratiquer le dériveur à haut niveau à Marseille, Laurent se passionne pour la course au large et rêve de Mini Transat, de Vendée Globe ou encore de Route du Rhum. En 2003, il s’installe en Bretagne pour réparer le trimaran de Laurent Bourgnon. C’est le début d’une carrière de 20 ans dans la course au large en tant que Boat Builder, skipper puis Boat Captain et Directeur Technique. Le marin aime naviguer (deux participations à la Mini Transat, une Transat AG2R en Figaro) mais les moyens financiers manquent à l’époque pour prendre une tournure professionnelle. Il met alors la compétition de côté pendant dix ans pour se mettre au service d’autres navigateurs tels que Le Blévec, Lamotte ou plus récemment Ruyant dont il a été Boat Captain puis Directeur Technique.
En 2021, Laurent Bourgues prend la décision de revenir à la navigation à l’issue de la Transat Jacques Vabre remportée par Thomas Ruyant et Morgan Lagravière à bord de LinkedOut. Actuellement en recherche de partenaires pour monter un projet Ocean Fifty (trimaran de 50 pieds), il a navigué toute la saison dernière en Figaro avec comme point d’orgue, une participation à la Solitaire du Figaro qui s’est achevée sur une 5e place au classement Bizuth. Cette année, désormais installé à Lorient, il envisageait de repartir sur une nouvelle saison Figaro mais l’idée de participer un jour à une Transat Jacques Vabre est vite revenue à la surface.
Savoir saisir sa chance
Et si 2023 lui en donnait l’occasion ? « C’est une saison en double. Ça fait des années que je rêve de participer à une Transat Jacques Vabre mais les rôles que j’occupais au sein des équipes pour lesquelles j’ai travaillé ne me le permettaient pas. Tu ne peux pas être Boat Captain ou Directeur Technique sur des projets performants et être en même temps le co-skipper. Ça ne fonctionne pas. Du coup, j’étais un peu frustré par rapport à ça. En revanche, cette année, c’était possible. J’avais l’opportunité de postuler dans différentes classes et pour différents projets » explique Laurent. Qu’à cela ne tienne ! Et comme le dit la célèbre expression « qui ne tente rien… n’a rien » même si… les places de co-skipper sur une Jacques Vabre sont très convoitées et certains préjugés parfois tenaces : « En réalité, il y sur le marché beaucoup de skippers, de très bons skippers même avec des profils différents et une grande expérience parce qu’ils n’ont pas de projet à eux.
Donc évidemment, les places sur les bateaux performants sont chères. Outre cela, il y a également le fait que nous ayons tous une certaine tendance à mettre vite les gens dans des cases. J’ai quitté l’équipe de Thomas il y a un an et demi pour me relancer. J’ai eu des résultats en tant que skipper qui n’étaient pas trop mauvais mais je n’avais pas les moyens de faire ça de manière professionnelle voilà pourquoi je suis passé côté coulisse. Du coup, j’avais de ce fait une image plus technique que sportive dans le milieu jusqu’à présent. » confesse l’ancien Ministe. Mais en choisissant de donner une autre direction à sa carrière et en clamant haut et fort à qui veut l’entendre que désormais il souhaite naviguer et se consacrer au sport, Laurent prend conscience que petit à petit les choses changent, le regard de ses confrères évolue. Il tente alors sa chance auprès de Damien Seguin.

















