BEACH VOLLEY : Arnaud GAUTHIER-RAT et Youssef KROU enflamment Roland-Garros
La phase de poules de la deuxième édition du Paris Beach Pro Tour, seul tournoi Élite 16 organisé en France, s’est achevée ce vendredi à Roland-Garros.
Dès demain, les meilleures paires mondiales masculines et féminines entameront les matches à élimination directe devant un public annoncé nombreux et à fond derrière la paire Arnaud Gauthier-Rat – Youssef Krou, seuls Tricolores rescapés de la première phase.
À retenir :
Grosse ambiance sur le court Philippe-Chatrier pour les meilleures équipes mondiales Les favoris au rendez-vous mais quelques outsiders pour troubler la hiérarchie Arnaud Gauthier-Rat et Youssef Krou qualifiés pour les huitièmes de finale Début des matches à élimination directe ce samedi
La Marseillaise qui résonne sur le central Philippe-Chatrier de Roland-Garros, chaque touche de balle ponctuée par les cris du public, un speaker capable de faire fondre la calotte polaire et d’enflammer toutes les tribunes, l’ambiance a grimpé de plusieurs crans, vendredi lors de la deuxième journée des tableaux principaux du Paris Beach Pro Tour Élite 16, le plus haut niveau de la discipline. Dans la compétition masculine, les Brésiliens Pedro Solberg/Guto (n°33), les Néerlandais Boermans/de Groot (n°50) et les Tchèques Perusic/Schweiner (n°27) ont déjoué les pronostics et créé la sensation en remportant leurs trois matches de poules et en se qualifiant directement pour les quarts de finale. Respectivement n°3 et n°9 mondiaux, les Américains Partain/Benesh et les Allemands Ehlers/Wickler devront en revanche passer par un barrage.
Youssef Krou et Arnaud Gauthier-Rat reviendront bien sur le central de Roland-Garros ce samedi. Sèchement battus jeudi lors de leur premier match, les meilleurs Français au classement mondial (n°11), sont brillamment allés chercher leur billet. D’abord opposés aux Italiens Ranghieri/Carambula (n°6), les Français ont dans un premier temps subi, concédant la première manche (17-21). Mais poussés par le public et bien davantage dans le rythme, la meilleure paire tricolore a su renverser la tendance pour remporter la deuxième manche 21-14 puis le tie-break 15-13. Un peu plus tard, la troisième défaite des Italiens, cette fois contre les surprenants Brésiliens Pedro Solberg/Guto (n°33), issus des qualifications (2 victoires) et vainqueurs de la poule avec trois succès, assurait aux Français une place au tour suivant avant même de retrouver en clôture de la journée les Néerlandais Brouwer/Meeuwsen (n°8). Face aux finalistes à de la dernière édition, les Français ont à nouveau livré un match plein malgré une défaite au tie-break (19-21 ; 22-20 ; 10-15). « C’est l’ascenseur émotionnel du beach-volley, explique Julien Lyneel. Hier, nous étions au fond du trou, complètement déprimés et désespérés de ne pas avoir réussi à nous exprimer. Aujourd’hui on a gagné le match qu’il fallait, on est qualifié et le tournoi commence vraiment. On a pris beaucoup de plaisir et c’est une grande joie d’être qualifié pour la suite. L’objectif est déjà accompli car ce résultat va compter dans le classement olympique et nous permettre de marquer de beaux points. Maintenant, il va falloir faire un gros match samedi car toutes les équipes sont fortes. » Samedi à 12h, ils seront opposés aux Allemands Ehlers/Wickler, n°9 mondiaux.
Fin de l’aventure en revanche pour Julien Lyneel et Rémi Bassereau, dominés dans un premier temps par les Autrichiens Hörl/Horst (n°19), issus des qualifications (19-21 ; 17-21), puis, dans la soirée par les Italiens Cottafava/Nicolai (n°7) (13-21 ; 18-21), troisièmes à Paris en 2022 et encore finalistes à Hambourg cet été. « On perd trois fois 2-0, on est forcément frustrés, confie Julien Lyneel. On ne veut pas se cacher derrière ça, mais c’était aussi nos trois premiers matches depuis quatre mois (blessure au dos de Lynneel). Dans ce genre de tournoi, avec ce niveau, ça se paie cash. Il y a néanmoins eu du mieux dans le jeu au fil des trois matches. Ce midi, on n’était pas si loin et ce soir, par moments, on a su répondre face une équipe très en forme actuellement. On savait que sur la route des Jeux, on allait passer par des phases comme ça. Il ne faut pas oublier que ça ne fait qu’un an et demi que l’on fait du beach (expérimentés en salle, les deux Français ont entamé le projet beach volley, en juin 2022). On a brûlé des étapes mais il reste encore beaucoup de travail pour ce challenge qui est énorme. Ces trois défaites ici ne remettent pas tout en question et le chemin est encore long avec plein de choses à montrer. » Place désormais aux Championnats du monde au Mexique, dès la semaine prochaine. « La poule sera plus abordable a priori, espère Rémi Bassereau. On aura ces trois matches en plus dans les jambes. Il faudra aussi bien gérer le voyage et l’altitude puisque les matches auront lieu à 2500 m. »
Dans le tableau féminin, si les championnes du monde et numéros 1 mondiales brésiliennes Ana Patricia/Duda, victorieuses de trois tournois Élite 16 depuis juin, ont laissé filer un set jeudi, les Américaines Nuss/Kloth (n°3) et les Brésiliennes Carol/Barbara (n°4) ont récité une partition parfaite. Côté français, Lézana Placette et Alexia Richard n’ont hélas pu franchir le premier tour. Battues en début d’après-midi par les Allemandes Ludwig/Lippmann (n°27), médaillées de bronze des derniers championnats d’Europe (18-21 ; 16-21), la marche était encore trop haute face aux Américaines Hughes/Chen (n°2), malgré une belle résistance et un beau niveau de jeu (19-21 ; 19-21). « C’est le premier match où on a vraiment pu exprimer notre jeu, à notre meilleur niveau, souligne Lézana Placette. Face aux Américaines qui font partie des favorites du tournoi, cela aurait une énorme performance de les battre mais on a montré un beau jeu, on a été soudées et le public a été incroyable. Ça clôture notre tournoi la tête haute et ce n’est que du sportif pour les championnats du monde la semaine prochaine. » « Le but est maintenant de stabiliser ce niveau de jeu, ajoute Alexia Richard. Nous n’en sommes pas loin. Ce dernier match va nous permettre de repartir de l’avant. »
Ce samedi, dès 9 heures, début de la phase à élimination directe. Les premiers de chacune des quatre poules attendront en quart de finale les vainqueurs des confrontations entre les deuxièmes et troisièmes des poules (2e contre 3 e ). La matinée sera consacrée aux quatre « huitièmes de finale », l’après-midi (à partir de 13 heures) aux quarts de finale et la soirée (à partir de 19 heures), aux demifinales.









