VOILE : À Marseille, l’association Girolata donne un nouveau souffle à l’apprentissage de la voile
L’amour de la mer, et une furieuse envie de le transmettre.
C’est le moteur de l’association Girolata, créée à Marseille en 2020. Avec l’objectif de démocratiser l’accès à la navigation, son fondateur a mis au point un certificat d’autonomie à la voile novateur en 21 jours. Une méthode unique, que l’école de voile est la seule à proposer en France. Dès le mois de septembre, elle lancera des créneaux de formation dédiés aux femmes.
Nombreux sont ceux que l’appel du large fait rêver. Mais les cursus de la Fédération française de voile prépare peu à l’autonomie. D’autant que peu de personnes ont la capacité de suivre en continu les 8 à 10 semaines à temps plein de pratique nécessaires. Avant de pouvoir larguer les amarres en toute confiance – et en toute sécurité, il faut donc habituellement des années de navigation.
Une formation unique en France pour apprendre l’autonomie à la voile
C’est ce qu’a voulu changer l’association Girolata, créée en 2020 à Marseille par Emmanuel Witvoet.
Formé à la voile en Bretagne, il est venu poser ses valises dans la cité phocéenne il y a 6 ans, avec une idée :
Proposer aux adultes un certificat d’autonomie à la voile en 21 jours en Méditerranée. Dispensée selon un rythme de navigation de 3 jours toutes les deux semaines, la formation se déroule de septembre à décembre, une période idéale pour apprendre à se familiariser avec la Grande Bleue.
Cartographie, météorologie, mouillage, manœuvres au port et à la voile… la formation de l’association Girolata propose un apprentissage en petit groupe de 4 personnes maximum, basé sur la confiance et l’autonomie. Si tout le monde n’arrive pas au niveau attendu au même rythme, l’évolution est impressionnante. D’autant qu’il n’est pas nécessaire de la commencer en ayant des connaissances, ou bien le permis bateau.
« En leur offrant la possibilité de prendre la mer en sécurité, nous proposons à nos élèves une promesse de liberté. C’est une immense satisfaction que de les voir gagner en confiance et en autonomie. Ce projet a démarré avec le souhait de rendre la mer accessible – nous parvenons à le faire, c’est pour nous une belle réussite » s’enthousiasme Emmanuel Witvoet, fondateur de l’école de voile.
Une formule qui plaît :
En 6 ans, Girolata a formé entre 70 et 75 personnes à la navigation sur un voilier habitable. Elle compte désormais 3 voiliers et 5 formateurs. La Fédération française de voile, à laquelle l’école est affiliée, a reconnu le caractère innovant et l’intérêt de cette méthode d’enseignement.

Des créneaux dédiés aux femmes pour lever les freins à la pratique
L’association propose depuis le début de l’année des demi-journées de cours 100% féminines, encadrées par une skippeuse. Dès septembre, elle ouvrira des créneaux de formation d’autonomie à la voile en mixité choisie.
« La voile reste un milieu très masculin, on compte en moyenne 40% de femmes dans les écoles. Il y a encore moins de pratiquantes dans le domaine de la voile habitable. Et plus le niveau monte, plus leur proportion baisse. Cette idée est partie du constat qu’en équipage mixte, les voileuses ont tendance à s’inhiber ou à moins se faire confiance, et ce malgré le fait que nous veillons à ce que l’expérience soit la plus équitable possible », développe-t-il.
Là encore, le succès est au rendez-vous :
La moitié des places sont déjà réservées.
La mer comme espace d’apprentissage, de confiance et de reconstruction
L’engagement de l’association Girolata ne se limite cependant pas à cette formation. Elle propose également des stages de 3 à 5 jours (toujours en petit groupe, pour progresser plus rapidement en tournant aux postes) et mène des actions sociales et solidaires, avec la mer comme vecteur de reconstruction. L’école de voile propose ainsi des sorties à des femmes victimes de violences en collaboration avec l’association Habitat Alternatif Social (HAS), ou à des mineurs qui ont gagné l’Europe en traversant la Méditerranée dans des conditions dramatiques, avec l’association ADAP13. En partenariat avec la mairie de Marseille, elle a aussi accompagné des enfants du centre social de la Belle de Mai dans Amarres, leur projet de fiction radio sur le thème du port et de la mer qui sort à la fin du mois de juin.
S’il faut s’armer un peu de patience pour prendre part au certificat d’autonomie – ces cours reprenant en septembre, des stages de 5 jours en équipage mixte sont dispensés tout l’été. Ouverts à tous dès 18 ans, ils débuteront dès le mois de juillet.
















