INSTITUTIONNEL : Assemblée nationale – Commission des affaires étrangères – Rapport sur la géopolitique du sport
Lors de sa réunion du 28 juin 2023, la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a autorisé la publication du rapport de la mission d’information sur la géopolitique du sport, co-rapportée par Hadrien Ghomi (RE, Seine-et-Marne) et Hubert Julien-Laferrière (Ecologiste, Rhône).
Constituée le 23 novembre 2022, la mission d’information a été créée dans le but d’établir un état des lieux des enjeux géopolitiques soulevés par le sport et de formuler des recommandations sur le positionnement de la France et sur les objectifs et moyens à assigner à notre diplomatie sportive.
Dans un contexte où le sport est identifié de façon croissante par des États dits « illibéraux » comme un outil majeur de soft power, alors même que le mouvement sportif international doit se positionner sur des sujets transversaux qu’il ne saurait ignorer – défense des droits humains, durabilité et lutte contre le changement climatique – le sport apparaît comme un véritable catalyseur des dynamiques géopolitiques mondiales. Si l’apolitisme revendiqué par le monde du sport est constamment interrogé par l’appropriation géopolitique dont le sport fait l’objet de la part d’États tels que la Russie, le Qatar, l’Arabie saoudite ou la Chine, les États occidentaux doivent, aux côtés du mouvement sportif international, relever le défi de la réaffirmation de l’universalisme du sport.
Pour la France, qui dispose d’atouts historiques en tant que nation sportive et d’une tradition d’accueil des grands évènements sportifs internationaux, le défi d’un sport power qui pourra capitaliser sur l’élan suscité par la Coupe du monde de rugby (2023) et plus encore les Jeux Olympiques et Paralympiques (2024) doit être relevé, afin d’inscrire notre pays de façon durable dans la nouvelle donne de la géopolitique du sport, près de dix ans après l’adoption de la première stratégie française de diplomatie sportive (2014).
Les rapporteurs, qui ont auditionné plus de soixante personnes et ont effectué trois déplacements, à Londres, au Sénégal et à Fontainebleau, formulent en ce sens 28 recommandations autour de quatre axes : (1) peser davantage sur la gouvernance sportive internationale, (2) consolider la place de l’international au sein des institutions publiques et du mouvement sportif français, (3) enrichir notre diplomatie sportive pour promouvoir un sport accessible, inclusif et durable, (4) affirmer notre diplomatie économique sportive en mobilisant les outils existants.

















