EQUITATION : CHIO Aix-la-Chapelle – Grand Prix Rolex d’Aix-la-Chapelle, Martin Fuchs enfin !
Martin Fuchs remporte enfin le Grand Prix Rolex d’Aix-la-Chapelle.
Les Suisses avaient faim. Privés de Coupe des Nations cette année – après avoir terminé derniers l’an passé – les deux seuls représentants helvétiques engagés cette semaine terminent tous deux sur le podium du plus beau Grand Prix du monde. L’Américaine Laura Kraut est venue se glisser entre eux à la dernière minute.
Performance remarquable des Français
Côté français, les cavaliers signent l’une de leurs meilleures performances dans le Rolex Grand Prix d’Aix depuis bien longtemps. Mention spéciale à Nina Mallevaey, qui réalise le meilleur temps du barrage, pénalisée toutefois d’une faute sur le pénultième obstacle. Pour une première participation au CHIO, finir cinquième, c’est tout simplement énorme.
Une victoire familiale
Le dernier Suisse vainqueur du Grand Prix Rolex d’Aix-la-Chapelle n’était autre que Markus Fuchs, en 2004, avec Tinka’s Boy. Vingt et un ans plus tard, son neveu Martin Fuchs prend le relais, en selle sur le hongre gris Leone Jei (Baltic VDL), âgé de douze ans. « Et l’avant-dernier à l’avoir remporté, c’était Willi Melliger en 1983 et il a été mon parrain », précise le héros du jour qui, après avoir frôlé cette victoire ici à plusieurs reprises, boucle à son tour une page d’histoire familiale, au terme d’un marathon de trente-quatre obstacles et quarante-deux efforts !
Un parcours exigeant
Le parcours n’a pas semblé insurmontable : quatorze sans-faute au premier tour, et encore onze au second : « Quatorze sans-faute, oui, c’est beaucoup, mais c’est tellement difficile pour le chef de piste, commentait Martin Fuchs. Il y avait tellement de bons chevaux au départ… En faisant la reconnaissance, on s’est dit que c’était difficile, mais pas le plus dur non plus. Oui, il y a eu beaucoup de sans-faute. Sinon, pour moi, le barrage était parfait : il offrait la possibilité de galoper franchement, et j’ai pu en profiter pour avancer et tirer parti des qualités de mon cheval ».
Nina Mallevaey, une performance remarquable
Il y avait donc foule dans ce barrage à huit obstacles, dont un double en avant-dernière position… justement celui qui coûtera la victoire à Nina. « Il ne fallait pas l’aborder trop vite, nous confiait sa coach Helena Stormanns. Ce double était d’un beige peu visible pour les chevaux. Elle aurait dû reprendre un peu avant le vertical d’entrée. Elle aurait alors perdu du temps, certes, mais elle aurait pu terminer deuxième. En tout cas, Nina est une fille formidable, une perle, avec toujours cette envie de gagner, ce que lui permettent ses bons chevaux ».
Cinquième du Rolex Grand Prix pour sa première participation, Nina mesure l’exploit : « Oui, je suis super contente. C’était déjà incroyable de boucler deux sans-faute dans les tours initiaux. Bien sûr, être le 4 points le plus rapide au barrage a un petit côté frustrant. J’aurais dû remettre une foulée avant ce double, je suis rentrée un peu à plat… Mais Dynastie a été fabuleuse. J’espère bien gagner ce Grand Prix un jour ».
Les autres Français n’ont pas démérité
Les deux autres Français n’ont pas démérité. Olivier Robert, ouvreur du barrage avec Iglesias DV, est lui aussi piégé par ce fameux double. Quant à Olivier Perreau, il voit ses chances s’envoler dès la première manche avec GL Events Dorai d’Aiguilly, fautive sur le tout dernier obstacle… Rageant, tant la fille de Kannan avait été somptueuse jusqu’alors.
Martin Fuchs, une victoire méritée
Mais, aujourd’hui, c’était l’heure de la Suisse. Martin Fuchs offre à son pays une quatrième victoire à Aix-la-Chapelle depuis 1927. Steve Guerdat avait été le premier à s’emparer de la tête avec Dynamix de Belheme en 52″59, mais Fuchs a pulvérisé ce chrono de plus de deux secondes : « Leone Jei a livré un barrage vraiment fantastique, j’ai pris beaucoup de risques. J’ai vu que ceux qui étaient passés avant moi étaient déjà très rapides, et ceux qui allaient suivre risquaient de l’être encore plus. Alors j’ai tout donné pour gagner aujourd’hui ».
Les deux Suisses ont longtemps dominé le classement jusqu’à ce que la dernière à partir, l’Américaine Laura Kraut, vienne s’intercaler en 52″41 avec Baloutinue, confirmant la grande forme du Team USA, auteur d’une semaine impressionnante à la Soers.
Martin Fuchs, déjà champion d’Europe, vice-champion du monde, ancien numéro un mondial et vainqueur de la Coupe du monde : « Aix-la-Chapelle, ça, c’est fait ! ».
Il reviendra l’an prochain avec Leone Jei (« qui se plaît sur cette piste ») dans l’espoir de transformer en or l’argent de son premier mondial (2018 avec Clooney).

















