VOILE : 10ème édition de la Transquadra – 2ème étape : Açores ou Cap Vert ?
Demain, à 16 heures (heure française), les 76 concurrents de la Transquadra Madère Martinique s’élanceront sur leur 2e étape, celle de la grande traversée… Pour nombre d’entre eux c’est une première impressionnante.
Pour tous, un défi envoutant. A 24h de ce coup d’envoi, les 130 marins ont encore un dernier détail à régler : trancher entre une route vers les Açores ou… le Cap Vert !
Des mois qu’ils y pensent et ça y est : ils y sont presque. Après quelques jours de reconnexion avec leur bateau et leurs camarades de course, plus qu’un dernier dodo et ce sera le grand saut !
Vous avez dit bizarre…
Parmi les mille et un sujets qui ont accaparé les coureurs de la Transquadra Madère Martinique lors de ces derniers préparatifs, la météo y a tenu une place non négligeable. Comme toujours me direz-vous ? … Un peu plus que d’habitude vous répondraient les quadrasailors ! « La situation est bizarre, inattendue : est-ce qu’on va suivre l’inattendu, ou est-ce que l’on va aller dans le classique ? » résume Jean Passini, skipper du JPK 1010 SNA Numerobis.
Une dépression, très sud, va générer une grosse zone sans vent située pile sur la route des Antilles. Et ce phénomène météo se comporte un peu comme un mini Pot au noir : il monte, descend, gonfle, dégonfle… jouant avec les nerfs de stratèges depuis plusieurs jours.
« Ça bouge tout le temps, ça va partir au nord, au sud, peut-être tout droit aussi… on va bien voir », annonce Olivier Guillerot co-skipper de Bruno Marteen (Shamrock V)Il faudra être radical
Ce qui semble sûr, en revanche, c’est la radicalité des options que les coureurs vont devoir prendre : ce sera très nord ou très sud et très vite après le départ de Funchal.
Sur la route des Açores, l’objectif serait d’aller chercher cette fameuse dépression et sa météo automnale. Tandis que les partisans d’un plongeon vers le Cap Vert iront à la pêche aux alizés, son soleil et ses brises portantes…
Bref, à l’instar de la première étape, le jeu s’annonce très, très, ouvert.
Cédric Pouligny, coach du groupe Team Transquadra de La Rochelle : « La situation n’est pas très habituelle même si c’est un schéma déjà vu notamment lors de la dernière Transat Jacques Vabre : une dépression, très sud, crée une rupture d’alizés. Dès lundi ou mardi, elle va se creuser et aspirer les alizés. Les grandes glissades sous spi ne sont donc pas pour tout de suite ! Les routages sont encore à affiner, mais ce qui est sûr c’est qu’il va falloir optionner car, sur la route directe, il n’y a pas de vent.
Et puis, avant cela, au moment du départ, il va falloir gérer le dévent de Madère, ce qui n’est pas anodin… »
Chacun ses quêtes
Chacun ira donc chercher ce qui correspond à ses objectifs de transat : ceux qui jouent la performance n’hésiteront pas à affronter des conditions météo compliquées voire peu confortables. Les critères de choix des marins en quête d’aventure et de plaisir alizéens seront tout autres.
Rendez-vous demain samedi, à partir de 16h, heure française, pour suivre ces prises de décision dès les premiers milles de cette 2e étape de la Transquadra Madère Martine entre Funchal et Le Marin !
Faire des choix et s’y tenir
Erwann Ludot et Brice Villon (Sun Fast 3200 Belle Etoile)
« Il va falloir choisir entre le Cap Vert et les Açores ! Je préfère ça que d’envoyer le spi 2h après le départ et de l’affaler aux Antilles. Mais j’aimerais bien aussi avoir des alizés, c’est un peu pour ça qu’on est venus !
On travaille la stratégie avec Lorient Grand Large et Christian Dumard, on regarde tous les jours, on a une réunion avec lui vendredi pour éliminer des scenarii et samedi matin pour affiner et il y a de fortes chances que nous suivions ses préconisations. »
Dominique Sarrazin et David Picamoles (Sun Fast 3200 Vega)
« Il va falloir prendre une décision et s’y tenir ! Quand on a fait un choix, on l’assume et on le respecte.
Pour résumer ce sera soit une course baston, mouillée, vent de face pour commencer, soit on se fait la course que l’on est venus chercher avec des surfs, du soleil, avec le risque de tomber dans une bulle au début mais l’espoir de dérouler ensuite sous le soleil et sous spi.
Statistiquement, beaucoup de victoires se sont jouées sur des options sud… Et puis, nous ne sommes pas méditerranéens pour rien ! »
Vainqueurs outsiders de la 1ère étape, ils abordent cette 2e étape avec parfois un peu plus de pression qu’ils ne l’auraient voulu et sous le regard désormais attentif de leurs camarades de jeu !
Arnaud Vuillemin (JPK 1010 Jubilations Corses), vainqueur en solitaire Atlantique :
« Cinq mois sans mon bateau ? Je suis complètement perdu (rires) ! Il faut se réhabituer… Ça va revenir vite ! J’essaie de ne pas trop me mettre de pression, mais, inévitablement, ça monte. Sur la première étape je m’étais dit que si je faisais une bonne place c’était bien, je ne pensais pas être premier.
Là, je me dis qu’il y a peut-être moyen de rester en tête, mais il faut rester lucide : je n’ai pas une carène aussi planante que d’autres. Ce n’est pas joué d’avance, mais on va essayer…
Le schéma météo change tous les jours… tout est ouvert : je peux faire quelque chose, je peux me planter complètement. On verra bien ! »
Jean Passini et Dominique Dubeau (JPK 1010 SNA Numerobis), vainqueurs en double Atlantique :
« On a hâte d’y aller ! Notre victoire sur la première étape nous met un peu de pression, mais, c’est notre première transat : nous l’abordons avec humilité. Il faut d’abord traverser, naviguer proprement, choisir des options correctes et puis on verra.
Les écarts au classement sont infimes de toute façon. Ça ne s’est pas joué à grand-chose sur la 1ère étape.
Notre première étape est surtout encourageante. Ça prouve qu’on est capables. Il faut maintenant que nous fassions les bons choix, mais il faut déjà que nous traversions ! Qu’on ait le sentiment de faire vraiment le mieux possible.
Les gens ne nous connaissaient pas, nous ne naviguions pas sur ce circuit-là. On les a connus à la Trinité-sur-mer, après on a gagné la 45.5… donc oui, leur regard a changé mais c’est bienveillant et sportif. »
Bruno Maerten et Olivier Guillerot (Figaro 2 Shamrock V), vainqueurs en double Méditerranée :
« Ça a été difficile de se passer de notre bateau, mais on a quand même réussi à participer à la SNIM et à naviguer sur une manche du challenge Florence Arthaud à Marseille, à chaque fois en Figaro 2 pour ne pas perdre nos repères.
Le regard des autres concurrents a clairement changé ! Quelques personnes sont venues voir le bateau…
Mais notre objectif reste inchangé : se faire plaisir et arriver de l’autre côté !
Et il va falloir bien gérer la météo : ça s’annonce compliqué. Ça évolue beaucoup… Nous nous calerons par rapport à notre propre stratégie à nous, à notre bateau.
En tous cas, on est vraiment contents d’être là ! »
Tout notre soutien à Philippe Postel
Tout notre soutien à Philippe Postel co-skipper d’Eric Soubier (A35 R Asap), victime d’une chute lors de la préparation de leur bateau, il s’est cassé le bassin. Il est pour le moment hospitalisé à Funchal.
Eric Soubier embarque Philippe Angaud (inscrit au départ de cette édition, mais finalement non partant) pour disputer malgré tout cette 2e étape.
Flotte de la 2e étape
Atlantique
22 solitaires
40 doubles
Méditerranée
14 doubles
Flotte Méditerranée – Étape 1 – Classement en temps compensé
1er Bruno Maerten/Olivier Guillerot (Figaro 2 – Shamrock V) en 9j 14h 02min
2e Jean-Christophe Petit/Grégoire Comby (Sun Fast 3200 – Gilolo) en 9j 15h 45min
3e Antoine et Julien Lacombe (JPK 10.10 – Bidibulle) en 9j 16h 05min
4e David Benoit/Guillaume Barbet (Sun Fast 3200 – Marcher sur l’eau) en 9j 17h 21min
5e Paul et Patrick Gaver (JPK 10.10 – Hathor V) en 9j 19h 46min
Flotte Atlantique – Etape 1 – Classements en temps compensés
Solitaires
1er Arnaud Vuillemin (JPK 10.10 – Jubilations Corses) 6j 12h 26min 37s
2e Alexandre Ozon (Sun Fast 3300 – Sapristi !) 6j 14h 07min 15s
3e Stéphane Bodin (JPK 10.30 – Wasabi II) 6j 14h 37min 12s
4e Pierrick Penven (Sun Fast 3200 – Zephyrin) 6j 15h 41min 33s
5e Jean-François Hamon (Sun Fast 3300 – Festa Pour Aster) 6j 16h50min 02s
Doubles
1er Jean Passini/Dominique Dubeau (JPK 10.10 – SNA Numerobis) 6j 12h 59min 51s
2e Patrick Isord/Antoine Huchet (Sun Fast 3200 – USHIP) 6j 13h 21min 57s
3e Noël Racine/Ludovic Sénéchal (JPK 10.30 – Foggy Dew) 6j 13h 34min 17s
4e David Alonso/Ramon Junemann (Sun Fast 3300 – Blue Oscar) 6j 14h51min 49s
5e Gérard Quenot/Jérôme Apolda (JPK 10.30 – Mécanique Expertises) 6j 15h17min 36s
Tous les classements
Les grandes dates de la Transquadra Madère Martinique
Étape 1
13 août : départ de Marseille (flotte méditerranéenne)
18 août : départ de Lorient (flotte atlantique)
Du 22 au 27 août : arrivées à Madère
Étape 2
29 janvier 2022 : départ de Madère (les 2 flottes)
Février 2022 : arrivées au Marin en Martinique
3 classements : flotte méditerranéenne (double) et flotte atlantique (solo, double)
+ 1 classement scratch des deux flottes (solo, double) entre Madère et le Marin
80 bateaux engagés au 10 aout 2021, dont 16 au départ de Marseille.
La Transquadra Madère Martinique
Transat dédiée uniquement aux marins amateurs de plus de 40 ans
En double ou en solitaire
Course ouverte aux bateaux de série de 8,50 m à 12 m
10e édition (course créée en 1993)
3800 milles de course
2 flottes atlantique et méditerranéenne
2 étapes – Étape 1 : Lorient ou Marseille > Madère – Étape 2 : Madère > La Martinique

















