VOILE : Mini Transat EuroChef – Au sud, encore et toujours
Ce dimanche – jour de départ de la Transat Jacques Vabre -, la flotte de la 23e Mini Transat EuroChef s’étale sur près de 600 milles en latéral.
C’est colossal et c’est dire si les écarts sont importants entre les concurrents. Au nord, Antoine Bos (825 – Rhino) reste un fervent partisan de la route la plus courte et évolue une centaine de milles sous l’orthodromie quand, à l’extrême opposé, une grande majorité de solitaires, Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) en tête, continue d’investir dans le sud et évolue à présent à la latitude de la Guinée-Bissau. L’enjeu : gagner des pouillèmes de nœuds susceptibles de faire toute la différence.
Mais jusqu’où iront-ils ? La question est posée mais si l’on en croit les derniers routages la raison pourraient les faire descendre jusqu’au 11° Nord, un point que ne devrait plus tarder à atteindre Pierre Le Roy. Le Lillois, qui s’est installé aux commandes de la flotte hier matin aux environs de 9 heures, est clairement le concurrent qui mise le plus gros sur le sud. Son but : essayer de profiter de davantage de pression. « Avec seulement un ou deux nœuds de plus que ses adversaires plus au nord, il peut envisager de gagner entre 12 et 15 milles par 24 heures. Cela peut paraître peu, mais sur sept jours de course, cela peut finir par peser lourd dans la balance », assure Christian Dumard, le consultant météo de la course dont les fichiers confirment qu’il y a bel et bien davantage de vent plus au sud. Alors oui, le skipper de TeamWork est en train de rallonger sa route de presque 450 milles par rapport à l’orthodromie mais ce qu’il faut voir en réalité, c’est le chemin qu’il parcourt en plus par rapport à ses adversaires directs. Dans ce cas, on ne parle plus que de 30 ou 40 milles. Un écart qui peut donc être rapidement comblé, même avec un petit différentiel de vitesse si l’on prend en compte le fait qu’il reste encore 1 300 milles devant les étraves pour rallier la Guadeloupe.
Du rififi chez les leaders ?
Le calcul a, semble-t-il, été fait aussi par Fabio Muzzolini (945 – Tartine sans Beurre) et Irina Gracheva (800 – Path) qui partagent la même stratégie. Idem chez les bateaux de Série pour Basile Bourgnon (975 – Edenred), Giammarco Sardi (992 – Antistene) et tout le petit groupe emmené par Loïc Blin (871 – Technique Voile – Les Entrepreneurs du Golfe) puis composé d’Anne-Claire Le Berre (1005 – Rendez-Vous Equilibre), Giovanni Mengucci (1000 – Alpha Lyre), Pierre Blanchot (890 – Institut Bergnonié) et Romain Le Gall (987 – Les Optiministes – Tribord). Une petite bande qui est, par ailleurs, en passe de voir s’immiscer un certain Hugo Dhallenne (979 – YC Saint Lunaire), auteur d’un retour en force après un début de course en demi-teinte. S’il pointe actuellement en 25e position, le Bretillien promet d’être un rival à surveiller de près ces prochains jours. On le sait, il n’a pas froid aux yeux et est capable de tenir des cadences extrêmement élevées. Autre concurrent qu’il va convenir d’observer avec attention : Tanguy Bouroullec (979 – Tollec PM/Pogo). L’actuel leader au classement général chez les prototypes est de loin le plus mesuré de la petite bande des quatre échappés de la première étape dans son option sud. Pour l’heure, il parvient à garder des vitesses similaires mais reste à savoir si cela va durer. Son décalage de 100 milles en latéral lui sera-t-il bénéfique ou l’inverse ? Les paris sont ouverts.

















