RALLYE : TITAN DESERT – Gabriel et Betalú s’imposent dans le désert !
La 16e édition de la Titan Desert a délaissé la montagne, théâtre des deux premières étapes, pour se lancer dans une deuxième moitié d’épreuve beaucoup plus désertique.
L’expérience de Josep Betalú, chez les hommes, et de Ramona Gabriel, chez les femmes, a pesé dans la balance pour ce premier contact avec le sable et la navigation.
Le peloton a disputé aujourd’hui la première moitié de l’étape marathon, une journée au cours de laquelle les participants doivent transporter tout ce dont ils ont besoin pour passer la nuit et repartir le lendemain. Les vélos avaient donc une tout autre allure. Attachés au guidon ou sous les selles, les sacs de couchage, de vêtements et d’hydratation étaient plus remplis que jamais. Le bivouac est lui aussi méconnaissable. Les coureurs ne disposent pas de leur habituelle tente pour trois personnes et doivent dormir tous ensemble dans un espace commun, où ni les mécaniciens ni les kinés ne peuvent pénétrer. Avec le camion Würth pour unique sauveur, il n’est pas rare de voir les participants se masser les uns les autres pour soulager leurs jambes fatiguées après les plus de 300 kilomètres avalés en trois jours.
Betalú, maître du désert
Le roi du désert a prouvé que malgré deux étapes compliquées marquées par des défaillances qui l’ont éloigné de la tête du classement général, il reste l’une des références du peloton. Il empoche son premier succès sur cette édition à l’occasion de la troisième étape.
Le groupe de 20 coureurs lancé à 30 kilomètres par heure, dont faisaient partie tous les favoris, a été surpris par Josep Betalú, qui a profité de son expérience en matière de navigation pour couper au court et reléguer ses adversaires à deux minutes dans le dernier tiers du parcours. Cet avantage lui a permis de franchir la ligne d’arrivée avec presque une minute d’avance, malgré une légère erreur qui lui a fait perdre du temps. Derrière lui, onze coureurs sont arrivés ensemble, parmi lesquels tous les autres favoris à la victoire : Konny Looser, Guillem Muñoz, Pablo Guerrero, Haimar Zubeldia, ou encore Julen Zubero.
Après deux premières journées malheureuses, Betalú était absolument ravi de sa victoire. « C’est difficile de se retrouver dans une situation pareille alors que vous avez une très bonne équipe. Comme vous avez pu le voir, nous travaillons toujours malgré le peu de perspectives qu’il nous reste au classement général. Nous entrons maintenant dans la partie la plus désertique de la Titan, celle qui me convient le plus. J’ai mis l’équipe au travail et, dans le final, j’ai pris un raccourci en profitant un peu de mon expérience. Le potentiomètre indiquait 300 watts, et je sentais que j’avais de bonnes jambes. Nous allons continuer dans ce sens, car nous ne gagnerons rien en restant dans les roues. Il faut se faire mal, rester positifs et continuer à aller de l’avant. »
Et de deux pour Ramona
La leader du classement général chez les femmes, Ramona Gabriel, a encore accentué son avantage en s’adjugeant aujourd’hui une deuxième victoire d’étape. Elle et sa dauphine, Ariadna Ródenas, ont passé la journée ensemble. Les deux coureuses sont clairement les plus en forme du peloton et ne le lâchent plus. Aujourd’hui, elles ont parcouru les 100 kilomètres en moins de quatre heures, accompagnées par Silvia Roura, troisième du classement, qui prouve que sa victoire lors des Titan Series en Arabie Saoudite n’était pas due au hasard.
« Il est vrai que je me sens très bien depuis trois jours. Je m’en suis bien sortie sur les deux premières étapes de montagne. J’avais encore de bonnes jambes aujourd’hui. L’étape est partie sur les chapeaux de roue, sur des pistes où le peloton roulait à toute allure. Cela s’est calmé par la suite, et nous sommes arrivées dans le final avec un grand groupe où se trouvaient toutes les filles. Je suis parvenue à m’imposer au sprint », a déclaré Ramona Gabriel après sa victoire.
Deuxième journée marathon
Demain, les coureurs s’attaqueront à la seconde journée de l’étape marathon, qui les emmènera de Tafraoute à l’Erg Chebbi. Au programme, 130 kilomètres et plus de 1 000 mètres de dénivelé, qui verront d’abord le peloton traverser un canyon spectaculaire avant d’atteindre une zone sableuse et des secteurs rocailleux où il sera difficile d’avancer. Le tracé aboutira à proximité du pied des dunes où le majestueux Erg Chebbi attendra le peloton.















